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samedi 29 avril 2017
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AP, AFP, 9 juillet 2004

Irak : Les résistants irakiens seraient plus nombreux qu’annoncé


BAGDAD (AP) - Les effectifs de la résistance irakienne sont bien plus importants que ne le pensaient les Américains, tandis que le rôle des combattants étrangers et islamistes dans la guérilla est relativement mineur, selon des informations obtenues par l’Associated Press (AP) auprès de responsables militaires américains.


Les résistants seraient jusqu’à 20000 en incluant les combattants "à temps partiel". Les experts militaires américains divergent toutefois sur le chiffre exact.

Les estimations sur les effectifs des résistants ont eu tendance jusqu’ici à être trop basses. La semaine dernière encore, un ancien responsable de la coalition américaine affirmait que 4000 à 5000 anciens membres du parti Baas constituaient le noyau de la résistance. A quoi, selon ce responsable, il convenait d’ajouter quelques centaines de partisans de l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui et des centaines d’autres combattants étrangers. Pour Anthony Cordesman, un expert du Centre pour les études internationales et stratégiques (CSIS), le chiffre de 5000 résistants "est aujourd’hui manifestement ridicule".

Les renseignements fournis par l’armée américaine réfutent également l’idée d’une résistance entretenue par des combattants étrangers cherchant à créer un Etat islamique, une thèse qui est pourtant souvent avancée par l’administration Bush. "Nous ne sommes pas face à l’avant-garde d’une guerre de "djihadistes" en Irak", souligne un haut responsable militaire à Bagdad sous le couvert de l’anonymat.

Les résistants seraient organisés en dizaines de cellules régionales, souvent dirigées par des cheikhs tribaux et inspirés par des imams sunnites. Selon les renseignements communiqués à l’agence AP, la résistance aurait un soutien populaire suffisant parmi les Irakiens, mécontents de la présence des troupes américaines, pour leur éviter d’être vaincus militairement. Un responsable américain estime qu’une solution serait que le gouvernement irakien intègre certains membres de la résistance et fasse la paix avec les chefs de la résistance plutôt que de les combattre.

De nombreux dirigeants de la résistance seraient d’anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, qui appartenaient notamment au Bureau militaire, un organe de sécurité intérieur qui était utilisé pour éliminer des opposants.

La plupart des résistants combattent pour obtenir une plus grande influence dans un Irak laïc et non pour créer un Etat islamique sur le modèle taliban, a précisé un responsable militaire. Presque tous sont irakiens, même ceux qui commettent les attentats meurtriers souvent attribués à Al-Zarkaoui.

Le responsable interrogé par l’AP souligne que de nombreux attentats à la voiture piégée portent la "signature" de l’ancienne police secrète de Saddam Hussein et ont pour but d’intimider les nouveaux services de sécurité irakiens.

De nombreux membres des services secrets américains partagent cet avis mais se sont heurtés à l’opposition politique de l’administration Bush, affirme à Washington un responsable du département d’Etat ayant requis l’anonymat.

Les experts civils sont généralement d’accord pour estimer que les autorités américaines et irakiennes exagèrent depuis longtemps le rôle des combattants étrangers et des extrémistes musulmans dans la résistance. Ce n’est peut-être pas innocent car le fait de mettre l’accent sur le rôle supposé des "djihadistes" islamistes accrédite la thèse de l’administration Bush selon laquelle la lutte contre la résistance s’inscrit dans la guerre contre le terrorisme islamique. Un examen de la situation montre que la plupart des résistants sont des Irakiens laïcs qui veulent essentiellement chasser l’occupant américain.

Associated Press

Un enfant tué, trois personnes blessées dans le tir d’obus à Bagdad (police)

Un enfant de 6 ans a été tué et trois autres personnes blessées lors du tir de plusieurs obus de mortier, vendredi 9 juillet 2004 au soir, près d’un hôtel du centre de Bagdad, a indiqué un officier de police. "Un enfant de 6 ans, Sami Qaïs, a été tué et trois autres personnes blessées dans les explosions", a déclaré à l’AFP le lieutenant de police Ali Jabbouri sur le lieu de l’attaque près de l’hôtel Sadeer.

Cet officier a indiqué qu’une maison avait été touchée, mais un autre policier, Ali S’heib, a précisé que les trois blessés étaient des gardes privés de sécurité de l’hôtel Sadeer. Selon lui, les obus sont tombés près de l’entrée de service de l’établissement fréquenté par une clientèle essentiellement étrangère. Cet hôtel se trouve près de la place Ferdous, où se dressent les hôtels Palestine et Sheraton accueillant de nombreux journalistes et hommes d’affaires étrangers.

Agence France Presse

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