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Le Monde diplomatique, 6 mai 2012

Egypte : Les Frères musulmans pris au piège du pluralisme

par Alaa AL-DIN ARAFAT


Vue du Caire

En contradiction avec leurs engagements, les Frères musulmans vont présenter un candidat à l’élection présidentielle –une décision arrachée par cinquante-six voix contre cinquante-deux au sein de leur direction. Cela n’a fait qu’aggraver les divisions de l’organisation, victime de ses relations compliquées avec les militaires et de la concurrence des groupes salafistes.


Egypte

C’est une éclatante victoire qu’a remportée la confrérie des Frères musulmans aux élections parlementaires de 2011-2012 en Egypte. Elle a rassemblé près de 47 % des suffrages et 235 sièges sur 498, tandis que les partis salafistes enlevaient environ 28 % des voix, obtenant ainsi 123 députés. Désormais en position de force dans les instances parlementaires, les Frères musulmans doivent pourtant relever quatre défis inédits, qui menacent l’organisation : les conséquences de leur entrée dans l’arène politique, directement « aux affaires » ; les difficultés provoquées par leurs évolutions politiques et intellectuelles ; leurs contradictions internes ; et la pression du salafisme (1).

Khairat Al-Shater, le candidat des Frères musulmans pour l’élection présidentielle

Tout au long de leur histoire –l’organisation a été créée en 1928 par Hassan Al-Banna–, les Frères ont noué des alliances pragmatiques avec des forces et des pouvoirs différents. Celui du roi Farouk, monté sur le trône en 1936 ; celui des Officiers libres qui le renversent en
1952 (la confrérie se retournera à partir de 1954 contre Gamal Abdel Nasser et subira une terrible répression) ; ou celui du président Anouar El-Sadate, après 1970. Ce dernier les instrumentalisa pour lutter contre les nassériens et la gauche.

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