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samedi 24 juin 2017
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Le Monde diplomatique, 12 mai 2012

Informations internationales : L’Alliance atlantique présente sa facture à l’Europe

par Olivier ZAJEC


Un soldat américain à la recherche de talibans, en Afghanistan, le 19 février 2009

Les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) se retrouveront les 20 et 21 mai au sommet de Chicago, la ville du président Barack Obama. Aucune place n’est laissée à l’improvisation : il en va du peu de crédit restant à la « nouvelle Alliance atlantique », qui prétendait s’ériger en gendarme du monde.


Un C-17 largue du ravitaillement au-dessus d’une base américaine, à Qalanderabad, en Afghanistan, le 22 mars 2009

« Une plaque tournante d’un réseau mondial de sécurité, ayant établi des partenariats avec plus d’une trentaine de pays (1). » Par ces mots, la Maison Blanche persiste à célébrer une Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui continue imperturbablement à se penser comme une alliance non seulement militaire, mais aussi sécuritaire,
jusques et y compris dans le domaine de la gestion civile des crises, domaine d’excellence de l’Union européenne (2). Pourtant, au-delà de la sémantique ouatée des réunions transatlantiques, l’illusion grandiloquente et auto-centrée d’une « OTAN globalisée » s’est abîmée dans les montagnes afghanes. M. Barack Obama, prisonnier d’une logique stratégique bancale, n’aura fait que gérer les suites du nation-building (3) et de la guerre de contre-insurrection de l’administration Bush, au travers d’un désengagement plus ou moins bien mis en scène.

Un soldat canadien en Afghanistan

« Claim victory and run ! » (« Crier victoire et fuir ») : la manière dont certains analystes américains résument le bilan de l’opération afghane en dit long sur les résultats atteints (4). Le tout sous la houlette de deux secrétaires généraux de l’OTAN, le Britannique George Robertson et le Danois Anders Fogh Rasmussen, dont l’habileté rhétorique à justifier une nonstratégie n’a eu d’égale que l’incapacité à mettre en avant les intérêts du continent européen et le zèle à étouffer toute critique de la ligne officielle. De sorte que jamais, peut-être, depuis l’effondrement de l’URSS, l’édifice créé en 1949 n’a été aussi fragilisé.

Anders Fogh Rasmussen

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