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jeudi 25 mai 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 36

La conquête des îles Gilbert

Tarawa


Vue de Bétio

Lors de l’établissement du plan d’avance dans le Pacifique centre, l’amiral King, commandant en chef de l’US Navy, avait manifesté l’intention de commencer par une attaque sur les îles Marshall. Mais cette idée a été écartée, à cause du manque de navires et de troupes entraînées, nécessaires au succès.

Il a été décidé, à la place, de commencer par une attaque sur les îles Gilbert, car leur prise semblait devoir être moins ardue, tout en apportant une expérience dans le domaine des opérations amphibies et de l’établissement de bases aériennes, expérience qui serait utile pour la future attaque sur les îles Marshall. Les objectifs principaux devaient être les deux atolls les plus occidentaux des îles Gilbert : Makin et Tarawa.


En tant que commandant en chef de la flotte américaine du Pacifique, l’amiral Nimitz a choisi l’amiral Raymond Spruance pour commander les forces de débarquement. Les troupes terrestres -nommées 5ème corps amphibie- ont été placées sous les ordres du général Holland Smith, des US Marines, tandis que la flotte était confiée au commandement de l’amiral Richard Turner, qui avait déjà acquis une grande expérience dans les îles Salomon.

Holland Smith

L’ensemble des forces a été divisé en deux groupes. Un groupe Nord, chargé de la prise de Makin et comportant 6 navires de transport emmenant environ 7000 hommes. Et un groupe Sud, chargé de la prise de Tarawa, avec 16 navires de transport emmenant 18000 hommes.

Richard Kelley Turner

En plus des porte-avions d’escorte, la force d’invasion était protégée par l’escadre rapide de l’amiral Charles Pownall. Elle comprenait 6 porte-avions lourds, 5 porte-avions légers, 6 cuirassés et plusieurs unités plus petites. A côté des 850 appareils embarqués, il y avait également 150 bombardiers basés à terre.

Le USS santa Fe a participé à l’attaque de Tarawa

Le perfectionnement le plus important était l’emploi de la Mobile Service Force pour la maintenance de la flotte en opération. Cette force de maintenance pouvait faire face à tous les besoins, à l’exception des grosses réparations sur les plus gros cuirassés. Elle disposait de pétroliers, de navires ravitailleurs, de remorqueurs, de dragueurs de mines, de péniches, de chalands et de transports de munitions. Par la suite, on l’a complétée de navires-hôpitaux, navires-casernes, une cale-sèche, des grues flottantes, des navires hydrographiques, des navires d’assemblage de pontons et d’autres encore. Ainsi, au lieu de devoir envoyer un navire endommagé jusqu’à un lointain chantier naval, c’est le chantier naval qui accompagnait la flotte, ce qui augmentait considérablement le rayon d’action et la puissance de l’US Navy dans les opérations amphibies.

L’atoll de Makin n’avait qu’une garnison japonaise de 800 hommes. L’atoll d’Apamama, qui était un objectif secondaire, n’était défendu que par 25 Japonais.

Les défenses de Bétio

L’atoll de Tarawa avait une garnison importante, enterrée sur l’île de Bétio, qui était solidement fortifiée. Les Japonais y avaient construit un aérodrome.

Bétio mesure 3700 mètres de long pour une largeur maximum de 730 mètres. Le sol de l’île, mélange de sable et de débris de coraux, est couvert de cocotiers et s’élève tout juste à deux ou trois mètres au-dessus du niveau de l’océan. Dès septembre 1942, l’amiral japonais Saichiro s’est efforcé de transformer Bétio en forteresse hérissée de canons, allant du tube antichar de 37 mm jusqu’aux pièces de marine de 230 mm. Il a conçu lui-même les bunkers, creusés dans le corail, couverts de nombreuses épaisseurs de troncs de cocotiers, arrimés avec des crampons d’acier et dissimulés sous un matelas de sable de plusieurs mètres de haut. Des dizaines de fortins bétonnés, armés de mitrailleuses et de mortiers camouflés, complétaient la défense de Bétio, dont chaque mètre carré était battu par au moins deux armes automatiques. Ces fortins étaient reliés entre eux par un réseau de souterrains. Au large, les abords de l’île étaient interdits par des mines, des tétradères, des pieux et des barbelés piégés d’explosifs, invisibles sous l’eau.

Après avoir remplacé l’amiral Saichiro, l’amiral Shibasaki a encore renforcé le système défensif de Bétio, en construisant, près de l’aérodrome, un véritable fort, pour abriter son quartier général et ses transmissions.

Keiji Shibasaki

La garnison de Bétio était composée de 1497 soldats du 7ème Corps amphibie de Sasebo ; 1222 soldats du 3ème Corps spécial d’Occupation ; de 2217 soldats du Génie -parmi lesquels bon nombre d’auxiliaires coréens- ; et de 400 hommes de l’Armée de l’Air privés d’avions.

Des Japonais installent un canon de marine pris aux Britanniques sur l’atoll de Tarawa, avant l’attaque américaine

Des soldats japonais s’entraînent au tir sur l’atoll de Bétio, avant l’attaque américaine

Opération Galvanic

Baptisée opération Galvanic, l’attaque des îles Gilbert a débuté le 20 novembre 1943.

L’US Navy a perdu un porte-avion d’escorte. Mais, dans l’ensemble, les groupes de porte-avions ont fait la preuve qu’ils pouvaient repousser les attaques aériennes japonaises de jour comme de nuit. Les navires de surface japonais n’étaient pas de taille à affronter la puissante flotte de l’amiral Spruance.

Sur Makin, la petite garnison a résisté pendant quatre jours contre une division américaine inexpérimentée.

La conquête de Bétio

L’île de Bétio a été soumise à un intense bombardement naval -3000 tonnes d’obus en deux heures et demi- et aérien, avant le débarquement de la 2ème division de Marines. Malgré le bombardement, un tiers des 5000 hommes débarqués le premier jour ont été mis hors de combat en traversant l’espace de 500 mètres qui s’étendait entre les récifs coraliens et les plages. Mais les survivants ont, peu à peu, obligé les Japonais de se replier dans deux points fortifiés de l’intérieur. Ensuite, les dernières positions des défenseurs ont été investies. Dans la nuit du 22 novembre 1943, les derniers Japonais ont lancé une série de contre-attaques au cours desquelles ils se sont faits massacrer. Seuls 17 Japonais -tous blessés- et 129 Coréens, ont été capturés.

En quatre jours de combats, les Américains ont eu 985 tués, 2183 blessés graves et 350 aviateurs et marins, disparus ou tués. Encore s’agit-il des chiffres officiels, sans doute inférieurs à la réalité.

Après avoir approché des plages de Bétio sous un feu d’enfer, les Marines se sont trouvés face à un mur antichar en troncs de cocotiers

La plage de Bétio est jonchée de cadavres

Un lance-flamme américain

Un canon japonais détruit

Un tank Sherman détruit

Des artilleurs américains

L’assaut du bunker de commandement japonais

Un tank japonais détruit devant le bunker de commandement, à Bétio

L’occupation des autres îles Gilbert s’est faite sans difficulté.

PS : la plupart des informations relatives à Bétio, citées ci-dessus, sont dues à Jean-Michel Charlier.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source