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AFP, 31 mai 2012

Egypte : Levée de l’état d’urgence


Une étudiante passe devant des affiches électorales, au Caire, le 7 mai 2012

L’état d’urgence imposé en 1981 en Égypte a été levé, jeudi 31 mai 2012, à son expiration, a annoncé l’armée au pouvoir depuis la chute du président, Hosni Moubarak, en février 2011, en promettant de continuer à « protéger » la nation. La levée de cette loi était réclamée avec insistance par l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme, qui l’accusent de porter atteinte aux libertés.


Egypte

La loi sur l’état d’urgence permet des restrictions aux libertés publiques. Elle donne des pouvoirs élargis à la police en matière d’arrestation et de détention, et permet le renvoi devant des tribunaux d’exception. Cette loi d’exception avait été imposée après l’assassinat du président, Anouar El-Sadate, en 1981, par des islamistes. Elle avait été, depuis, reconduite sans discontinuer, pour la dernière fois en 2010 pour deux ans, jusqu’au 31 mai 2012. En 2010, le premier ministre de l’époque, Ahmed Nazif, avait assuré que le gouvernement s’engageait « à ne pas utiliser les mesures d’exception disponibles pour autre chose que la lutte contre les menaces du terrorisme et de la drogue », cherchant -en vain- à calmer les inquiétudes sur son usage à des fins politiques. La levée de cette législation, qui symbolise la répression et l’arbitraire de l’ancien régime, est l’une des principales revendications des mouvements de jeunes militants pro-démocratie qui ont lancé la révolte en 2011. Aux termes de la déclaration constitutionnelle approuvée, en mars 2011, par référendum -la Constitution ayant été suspendue après la chute de M. Moubarak-, l’armée est responsable de la protection du pays et le Parlement peut voter l’état d’urgence à la demande de l’exécutif, mais sa durée est limitée à six mois et il ne peut être ensuite renouvelé que par référendum. En janvier 2012, pour commémorer l’anniversaire du début de la « révolution », le chef du pouvoir militaire, le maréchal Hussein Tantaoui, avait annoncé une levée partielle de la loi, pour qu’elle ne soit applicable qu’aux « voyous ». La nouvelle avait été accueillie avec réserve par les ONG de défense des droits de l’homme, pour qui la décision laissait encore place aux abus.

Une fresque antimilitariste, au Caire, le 16 mai 2012

L’armée « continuera d’assumer la responsabilité nationale de protéger la sécurité de la nation et des citoyens en cette période importante de l’histoire de notre nation et ce jusqu’à la remise du pouvoir (à un président civil, NDLR) (...), compte tenu de la fin de l’état d’urgence et conformément à la déclaration constitutionnelle et à la loi », a indiqué le Conseil suprême des forces armées (CSFA) dans un communiqué publié par l’agence officielle Mena. « L’état d’urgence s’est terminé aujourd’hui », a indiqué de son côté la télévision publique. D’après Essam El-Eriane, le vice-président du Parti de la Liberté et de la Justice (Frères musulmans) qui domine le Parlement, le communiqué de l’armée signifie qu’elle ne demandera pas la prorogation de l’état d’urgence.

Agence France Presse

Hussein Tantaoui

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