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mercredi 23 août 2017
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Le Matin, 12 juillet 2004

Corruption : La caisse noire du parti socialiste suisse grossit

par Victor FINGAL et Michel JEANNERET


Une péniche sur le Rhin, à Basel

« Lorsque nous avions interdit les campagnes personnelles au sein du Parti socialiste vaudois (PSV), on nous avait traités de ringards. Aujourd’hui, nous constatons ce que ce type de campagne peut occasionner. »

Au centre des critiques de Pierre-Yves Maillard, vice-président du Parti socialiste suisse, l’affaire Anita Fetz, la conseillère aux Etats bâloise, une camarade de parti qui défraie la chronique dans les journaux alémaniques depuis une semaine.

Anita Fetz


Déjà accusée d’avoir reçu 30000 francs de Peter Ammann, un promoteur soleurois douteux, la Bâloise aurait reçu une somme encore plus rondelette, qui se compte en plusieurs dizaines de milliers de francs, de la part de Theo Meyer, président de l’Association bâloise pour encourager la construction de logements. D’après la SonntagsZeitung, Theo Meyer aurait fait ce don à titre « personnel », selon ses dires. Mais il n’a fait aucun mystère de ses intentions réelles. « Je l’ai fait en raison de mes opinions politiques. La construction d’appartements à loyers modérés doit être défendue par un lobby fort à Berne. »

Vue de Basel

De fait, Anita Fetz aurait bénéficié de quelque 250000 francs pour la campagne qui l’a menée à Berne. Une campagne qui aurait aussi été financée par Dieter Behring, un homme d’affaires proche de Peter Ammann et qui siégeait aussi dans le conseil de la fondation Pro Facile, censée venir en aide aux handicapés, et qui alimentait d’autres sociétés, comme Solothurner Hof SA, qui a versé la somme controversée à la future conseillère aux Etats.

Quant aux leçons de l’affaire Fetz, les socialistes sont bien décidés à les tirer : « Des principes de rigueur devront être adoptés lors d’une prochaine rencontre des présidents des sections cantonales du PSS », a encore ajouté Pierre-Yves Maillard. Selon le SonntagsBlick, les partis devraient s’accorder à rendre public toute donation de plus de 1000 francs.

Scène de rue à Solothurn

Pierre-Yves Maillard : « Il faut interdire les dons d’entreprise »

Pour le Vaudois Pierre-Yves Maillard, vice-président du PSS, les dons destinés aux partis doivent obéir à une réglementation stricte afin d’éviter tout dérapage : « Nous vivons dans un pays où tout est permis. Il faut interdire à un candidat de recevoir des dons d’entreprise, ainsi que des sommes trop élevées venant de particuliers. » Plus précisément, le premier responsable socialiste romand regrette qu’Anita Fetz se soit lancée dans ce type de pratique. « Il est naïf de croire que les gens donnent de l’argent de manière désintéressée. Quoi qu’il arrive, on a ensuite un fil à la patte. »

Pierre-Yves Maillard

Pour le reste, Pierre-Yves Maillard n’accepte pas que le Parti socialiste porte seul le chapeau : « La droite serait très mal à l’aise pour exploiter politiquement l’affaire. Ce qui est reproché à Mme Fetz, c’est de s’être alignée sur la pratique de bon nombre de ses élus. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils préfèrent se taire. »

Victor FINGAL et Michel JEANNERET

Le Palais fédéral, à Berne, siège du parlement et de l’exécutif de la confédération suisse

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