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samedi 25 mai 2013
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Reuters, 25 juin 2012

Tunisie : Sept ans de prison pour des caricatures de Mahomet

par Zoubeir SOUISSI, Lin NOUEIHED et Jean-Stéphane BROSSE


Des policiers surveillent la prière du vendredi, à Tunis, le 15 juin 2012

La justice tunisienne a confirmé, lundi 25 juin 2012, en appel, la condamnation à sept ans de prison d’un jeune Tunisien qui avait mis en ligne sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet.


Tunisie

Berceau du "printemps arabe", la Tunisie est aujourd’hui gouvernée par les islamistes d’Ennahda, ce qui crée des tensions avec la partie laïque de la population qui redoute de voir se réduire les libertés publiques. Le gouvernement affirme qu’il est de son devoir de défendre la décence publique, mais ses détracteurs laïques estiment qu’il utilise le système judiciaire pour sanctionner ceux qui ne suivraient pas sa ligne religieuse orthodoxe. En mai 2012, le directeur de la chaîne de télévision privée Nessma, Nabil Karoui, a écopé d’une amende pour avoir diffusé le film de la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi "Persepolis" dans lequel figure une représentation de Dieu, ce qu’interdit l’islam. Il y a deux semaines, les salafistes, défenseurs d’une ligne ultraorthodoxe, ont déclenché des émeutes pour protester contre une exposition d’art contemporaine jugée offensante pour l’islam.

Jabeur Mejri en compagnie de Ghazi Beji

Jabeur Mejri a été condamné, le 28 mars 2012, pour trouble à l’ordre public et atteinte à la morale, un jugement confirmé par la cour d’appel de Monastir. Un autre prévenu, Ghazi Beji, a été condamné par contumace. L’avocate de Jabeur Mejri a critiqué le verdict qui montre à ses yeux que la justice tunisienne reste inféodée au politique, dix-huit mois après la "révolution de jasmin" qui a provoqué la chute du président, Zine El Abdine Ben Ali, en janvier 2011. "C’est une peine très sévère qui suggère que la justice tunisienne ne s’est toujours pas débarrassée des ingérences politiques", a déclaré Bochra Belhaj Hmida à Reuters. "C’est injuste et cela anéantit la vie d’un jeune chômeur. Le juge n’a fait preuve d’aucune indulgence", a-t-elle dit.

Zoubeir SOUISSI, Lin NOUEIHED et Jean-Stéphane BROSSE

Bochra Belhaj Hmida

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