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Reuters, 10 juillet 2012

Grèce : Les migrants sont agressés en toute impunité

par Robin POMEROY et Juliette RABAT


Un immigré tend de la nourriture à un enfant, à Athènes, le 6 février 2012

Des groupes attaquent régulièrement des immigrés en Grèce en toute impunité, les autorités fermant les yeux ou dissuadant les victimes de porter plainte, dénonce l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public mardi 10 juillet 2012.


Grèce

L’immigration illégale en Grèce, l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour les sans-papiers venant d’Afrique et d’Asie, est devenue un sujet brûlant, alors que le pays traverse la pire crise économique de son histoire depuis la Seconde Guerre mondiale et traverse sa cinquième année de récession. Pour mener à bien son enquête intitulée "La haine dans les rues : la violence xénophobe en Grèce", Human Rights Watch a interviewé 59 victimes d’incidents racistes entre août 2009 et mai 2012. Parmi ces témoignages, 51 attaques sérieuses ont été recensées, dont deux contre des femmes enceintes. "Les migrants et les demandeurs d’asile ont parlé à Human Rights Watch de quartiers d’Athènes où ils ne vont plus à la nuit tombée car ils ont peur d’être attaqués par des groupes de Grecs souvent vêtus de noir et en quête de violence", écrit Human Rights Watch dans son rapport. "Alors que les touristes sont les bienvenus, les migrants et les demandeurs d’asile affrontent un environnement hostile qui les expose à la détention dans des conditions inhumaines et dégradantes, à un risque de grand dénuement et à la violence xénophobe", poursuit-elle. Selon l’ONG, il est difficile d’évaluer l’ampleur réelle de la violence xénophobe en Grèce dans la mesure où de nombreuses victimes ne témoignent pas et où les statistiques gouvernementales ne sont pas fiables. Les victimes ont signalé à de multiples reprises à Human Rights Watch que la police les avait dissuadées de porter plainte et certains ont même indiqué qu’on les avait prévenus qu’ils pourraient être placés en détention s’ils insistaient pour qu’une enquête soit ouverte. Selon l’organisation, des preuves suggèrent que les auteurs des attaques sont membres ou proches de groupes d’autodéfense et d’Aube dorée, un parti d’extrême-droite qui a fait son entrée au Parlement grec cette année. Human Rights Watch indique qu’aucune preuve ne permet d’affirmer que les attaques violentes perpétrées contre des immigrés ont été dirigées par le parti, qui refuse le qualificatif de néo-nazi, mais ajoute que des membres d’Aube dorée ont été impliqués dans des attaques spécifiques. Aube dorée, qui a fait campagne aux législatives sur la promesse de chasser de Grèce tous les immigrés, nie toute implication dans ces agressions.

Robin POMEROY et Juliette RABAT

Des immigrés participent à une manifestation antifasciste, à Athènes, le 5 juillet 2012

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