La situation en Syrie, où les combats touchent dorénavant la capitale, Damas, "devient incontrôlable", ont estimé, mercredi 18 juillet 2012, les ministres américain et britannique de la Défense, Leon Panetta et Philip Hammond, lors d’une conférence de presse au Pentagone.
Les combats se sont intensifiés, ces derniers jours, en Syrie. Mercredi 18 juillet 2012, le beau-frère du président syrien, Assef Chawkat, l’un des principaux responsables de la sécurité en Syrie, et le ministre syrien de la Défense, ont été tués dans le premier attentat ayant visé des responsables de haut niveau à Damas depuis le début de la révolte, en mars 2011. L’attentat a aussi blessé le ministre de l’Intérieur, Mohammad Ibrahim Al-Chaar, le chef de la sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, et Hassan Turkméni, adjoint au vice-président. L’attaque était dirigée contre le bâtiment ultra-protégé de la sécurité nationale, symbole de la répression, dans le quartier de Rawda, dans le centre de la capitale. À l’ONU, un vote prévu, mercredi 18 juillet 2012 après-midi, au Conseil de sécurité, sur une résolution menaçant le régime syrien de sanctions, devrait être retardé dans l’attente des résultats de contacts entre capitales.
"C’est une situation qui devient rapidement incontrôlable, et, pour cette raison, il est extrêmement important de travailler avec les autres pays qui partagent cette inquiétude, afin de mettre le plus de pression possible sur (le président syrien Bachar) Al-Assad pour qu’il quitte le pouvoir et permette une transition pacifique", a affirmé M. Panetta. "Je partage absolument le sentiment du ministre Panetta que la situation devient incontrôlable à mesure que la violence se rapproche du coeur du régime", a abondé son homologue britannique, qui s’est dit "horrifié" par les pertes civiles. Selon M. Hammond, l’opposition s’est "enhardie", elle dispose d’un accès "croissant à des armements" tandis que le régime semble commencer à se fragmenter. Plusieurs pays du Golfe sont soupçonnés de fournir des armements aux rebelles syriens, en passant notamment par la frontière turque. Face à la détérioration de la situation militaire pour le régime syrien, la mise en oeuvre du plan de l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, qui "s’applique à toutes les parties", reste déterminante, selon le ministre britannique. Pour le secrétaire américain à la Défense, "il est plus que jamais essentiel que les États-Unis et la communauté internationale continuent de travailler de concert aux Nations Unies ou par quelque autre dispositif possible pour qu’Assad quitte le pouvoir".
Agence France Presse