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AFP, 13 juillet 2004

Iran : Ottawa accuse Téhéran d’interdire ses observateurs au procès Kazemi


Vue de Teheran

Le gouvernement de Téhéran veut bloquer l’accès des observateurs canadiens au procès du meurtrier présumé de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, dont les audiences doivent reprendre samedi 17 juillet, affirme le ministre canadien des Affaires étrangères Bill Graham dans le Toronto Star de mardi 13 juillet 2004.

Iran


Les Iraniens "devaient nous répondre le week-end dernier. Ils ne l’ont pas fait. Nous supposons que leur intention est de ne pas accepter d’observateurs", à ce procès, a affirmé au quotidien le ministre, menaçant Téhéran de représailles.

Bill Graham

Un agent du service des renseignements iraniens, Mohammad Reza Aghdam Ahmadi, doit répondre d’une accusation de meurtre "quasi intentionnel" après la mort il y a un an de la journaliste, rouée de coups alors qu’elle était en détention pour avoir photographié les alentours d’une prison de Téhéran.

La prison Evin, à Teheran

Le Toronto Star indique également avoir obtenu une copie d’une lettre envoyée par M. Graham à son homologue Kamal Kharazi, dans laquelle il souligne que "les progrès dans l’affaire Kazemi ont un impact sur les relations entre nos deux pays". "Nous considérerons la manière dont se déroule le procès comme un signe de la profondeur de l’engagement du gouvernement iranien en faveur des droits de l’Homme", ajoute M. Graham dans cette lettre. "Nous estimons que cela est très important", a insisté M. Graham dans son entretien avec le journal. "C’est une question de liberté de la presse. C’est une affaire de droits de l’Homme en Iran".

Kamal Kharazi

M. Graham a refusé de dévoiler quelles mesures de rétorsion Ottawa pourrait prendre, tout en disant qu’elles pourraient être d’ordre économique et diplomatique. "Rien ne nous empêchera d’agir", a-t-il lancé au journal. Selon le ministre, "l’Iran fait le maximum d’obstruction dans cette affaire".

Zahra Kazemi

Dans sa lettre, il a ainsi jugé "nul et non avenu", le parallèle que Téhéran effectue entre le cas Kazemi et la mort d’un jeune Canadien d’origine iranienne abattu par un policier de Vancouver. En juin, la justice canadienne a classé le dossier de ce policier qui, le 14 juillet 2003, avait abattu Kevyan Tabesh, 18 ans, à Port Moody, dans la banlieue de Vancouver. La justice a conclu qu’il avait agi en état de légitime défense alors que le jeune homme le menaçait avec une machette après avoir été surpris en train de vandaliser une voiture. "Il ne peut y avoir de comparaison entre abattre un jeune homme brandissant une machette contre un représentant de la loi et le meurtre d’une femme non armée aux mains d’interrogateurs, derrière les portes closes d’une prison, après une arrestation illégale", insiste M. Graham. A la suite du classement de l’affaire de Vancouver, le ministre iranien des Affaires étrangères avait dénoncé "l’extrême opacité" de la justice canadienne.

Vue de Port Moody

Depuis la mort de la photographe montréalaise de 54 ans, les relations entre Ottawa et Téhéran se sont beaucoup dégradées. Cette affaire continue d’avoir un vaste retentissement au Canada, où le fils de la journaliste, Stephan Hachemi, mobilise régulièrement les médias, continuant d’exiger le rapatriement du corps pour qu’une autopsie indépendante puisse être pratiquée.

L’enterrement de Zahra Kazemi

Aucune confirmation des propos de M. Graham n’était disponible auprès de ses services, mardi 13 juillet 2004 au matin.

Agence France Presse

Vue d’Ottawa

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