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mercredi 22 février 2017
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Le Monde diplomatique, 4 août 2012

Histoire : Retour sur l’expérience communiste en Afghanistan

par Christian PARENTI


L’échope d’un potier, à Kaboul, le 1er août 2012

Interrogé par « Le Monde » sur le départ, prévu en 2014, des troupes occidentales d’Afghanistan, l’ambassadeur russe à Kaboul n’a pu s’empêcher d’évoquer l’expérience –et les erreurs– de l’Union soviétique dans les années 1980. Mais il y a trente ans, l’URSS s’appuyait sur un mou vement communiste autochtone. Lequel, indocile et divisé, a précipité l’engagement de Moscou dans un conflit meurtrier.


Mohammed Najibullah

Devant les maisons de thé et les étals de Kaboul, on tombe parfois sur le portrait d’un homme sévère au visage rond, arborant moustache et cheveux noirs. C’est celui de Mohammed Najibullah, dernier président communiste du pays. Membre du Parti démocratique populaire d’Afghanistan (People’s Democratic Party of Afghanistan, PDPA) depuis la fin des années 1960, il a longtemps dirigé la police secrète, avant d’être porté à la tête de l’Etat, en 1986. Après le retrait des forces soviétiques, en 1989, Najibullah s’accroche au pouvoir pendant trois ans. Il périt aux mains des talibans, en 1996.

Le cadavre de Mohammed Najibullah, exécuté par les talibans et pendu en 1996

Quand on interroge les habitants de Kaboul sur ces affiches et cartes postales
à la gloire de leur ancien dirigeant, les réponses se ressemblent. Pour certains,
« c’était un président fort, on avait une armée puissante » ; pour d’autres, « à l’époque, tout fonctionnait bien. Kaboul était propre ». Le propriétaire d’une
maison de thé explique simplement que « Najib a combattu le Pakistan ». Ainsi, on ne se souvient pas tant du « communiste » –un terme vague pour de nombreux Afghans– que du modernisateur et du patriote.

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