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lundi 27 février 2017
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AFP, Reuters, 14 juillet 2004

Irak : Les Philippines confirment le retrait de leurs troupes ; attentat à Bagdad


BAGDAD (AFP) - Un des deux otages bulgares retenus en Irak a été décapité, alors que Manille, cédant à la pression des ravisseurs d’un ressortissant philippin menaçant de l’exécuter, a entamé, mercredi 14 juillet 2004, le retrait de son contingent.


La chaîne de télévision satellitaire qatariote Al-Jazira a indiqué mardi que le groupe "Tawhid wal Jihad" (Unification et guerre sainte) du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui lui avait fait parvenir une vidéo montrant la décapitation d’un des otages bulgares et menaçant de tuer le second si l’armée américaine ne libère pas dans les 24 heures les prisonniers irakiens qu’elle détient.

Les autorités bulgares ont rapidement confirmé la mort de cet otage. "Nous avons la confirmation qu’il s’agit d’un des deux otages bulgares. Nous n’avons pas encore d’information" sur son identité, a déclaré le porte-parole du gouvernement bulgare Dimitar Tsonev. Selon plusieurs médias en Bulgarie, dont la radio nationale, l’otage bulgare assassiné serait Gueorgui Lazov, un chauffeur âgé de 30 ans. Il s’agit du troisième otage à être décapité en Irak depuis la chute de Saddam Hussein, en avril 2003. Les deux chauffeurs bulgares, Ivaïlo Kepov et Gueorgui Lazov, avaient été pris en otages, le 8 juillet 2004, par le groupe d’Abou Moussab al-Zarqaoui, l’homme le plus recherché par les Américains en Irak.

La Bulgarie a déployé en Irak un contingent de 470 hommes qui, placés sous commandement polonais, sont chargés d’assurer la sécurité de Kerbala, ville sainte chiite située au sud de Bagdad.

Par ailleurs, après des jours d’atermoiements, les Philippines ont finalement engagé, mercredi 14 juillet 2004, le retrait de leur petit contingent en Irak afin de sauver la vie de leur ressortissant pris en otage. "Le ministère des Affaires étrangères est en train de coordonner le retrait du contingent humanitaire avec le ministère de la Défense", a déclaré la secrétaire philippine aux Affaires étrangères, Delia Albert, dans un communiqué publié au palais présidentiel. "A ce jour, notre contingent a diminué de 51 à 43 hommes", a-t-elle ajouté sans donner d’autres précisions.

Cette décision représente un revirement de la politique des Philippines dont la présidente Gloria Arroyo avait fait de l’engagement en Irak un des points centraux de sa gestion. Le week-end dernier encore, elle faisait savoir qu’elle ne céderait pas aux ravisseurs d’Angelo de la Cruz, qui promettaient de l’exécuter si Manille n’avançait pas d’un mois le retrait de ses troupes, au 20 juillet au lieu du 20 août 2004. L’annonce du désengagement philippin est intervenu peu après la confirmation, par la Bulgarie, qu’un de ses deux ressortissants pris en otage avait été exécuté.

Quant à l’otage philippin, son sort restait encore incertain mercredi matin. Un responsable du gouvernement a affirmé, sous couvert de l’anonymat, n’avoir aucune nouvelle du chauffeur de poids-lourds de 46 ans après l’expiration de l’ultimatum fixé à lundi 12 juillet 2004.

Toujours sur le front des otages, les ravisseurs d’un otage égyptien ont fixé un délai de 72 heures à la société saoudienne qui l’emploie pour se retirer d’Irak, a rapporté, mardi 13 juillet 2004 au soir, la chaîne de télévision Al-Jazira. "Le groupe des ravisseurs a fixé un délai de 72 heures à la société saoudienne qui emploie Sayed Mohammad Sayed al-Gharbaoui pour se retirer d’Irak", a annoncé Al-Jazira, qui a diffusé une courte vidéo montrant l’otage égyptien appelant les autres chauffeurs à "ne plus se rendre en Irak".

Agence France Presse

Explosion dans le centre de Bagdad, au moins sept morts

BAGDAD (Reuters) - Une explosion qui pourrait avoir été provoquée par une voiture piégée a fait au moins sept morts mercredi dans le centre de Bagdad. L’explosion a eu lieu à proximité de l’entrée de la "zone verte", le complexe fortifié qui abrite les locaux de l’armée américaine, du gouvernement intérimaire irakien et de plusieurs missions diplomatiques dans le centre de Bagdad. "J’ai vu sept morts", a déclaré un soldat américain présent sur les lieux de l’explosion, précisant que le bilan pourrait s’alourdir. Les victimes seraient toutes irakiennes. Des dizaines de personnes, des journalistes et des employés irakiens notamment, attendaient de pouvoir entrer dans la zone verte quand l’explosion s’est produite. Un membre de la Garde nationale irakienne a déclaré que deux de ses collègues figuraient au nombre des victimes. Selon lui, plusieurs blessés travaillent au ministère de la Défense.

Des médecins de l’hôpital Jomal Asveyah, situé près de la zone verte, ont dit avoir reçu un homme décédé, son corps presque entièrement brûlé. Deux blessés graves ont également été admis dans cet hôpital. Plusieurs blessés étaient également soignés sur les lieux de l’explosion où des ambulances sont rapidement arrivées.

La bombe a explosé vers 09h30 locales alors que des centaines d’Irakiens travaillant pour les administrations irakiennes, américaines ou britanniques installées dans la zone verte faisaient la queue pour pouvoir entrer à l’intérieur du complexe. "Mon Dieu, mon Dieu, criait une femme, les yeux tournés vers les lieux de l’explosion, qui a détruit au moins quatre voitures et une maison à proximité. Une large colonne de fumée noire s’élevait au dessus du site. Des témoins ont déclaré que la déflagration avait eu lieu à l’endroit où des dizaines de voitures font la queue pour déposer ou prendre des gens qui se rendent ou quittent la zone verte. "Je marchais à côté des voitures (...) Je ne peux plus vous entendre, mes oreilles ne fonctionnent plus", a déclaré Ijwad Kadhim, un témoin.

Il s’agit du plus important attentat de ce type depuis le transfert de souveraineté aux autorités irakiennes le 28 juin 2004.

Edmund BLAIR

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