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mercredi 28 juin 2017
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AFP, 22 août 2012

Corruption : Un scandale menace le premier ministre indien


Des gens font voler des cerfs-volants pour fêter le jour de l’indépendance du pays, à New Delhi, le 15 août 2012

Le premier ministre indien, Manmohan Singh, est sous le feu des critiques après la révélation, vendredi 17 août 2012, d’un nouveau scandale de corruption, qui a fait perdre à l’Etat indien près de 27 milliards d’euros dans le secteur minier. L’opposition exige désormais sa démission, et a menacé, mercredi 22 août, de bloquer les travaux de la session parlementaire jusqu’à ce que le premier ministre renonce à son poste.


India

Dans un rapport dévoilé vendredi 17 août 2012, l’auditeur général aux comptes a accusé l’Etat d’avoir perdu, depuis 2004, des milliards de dollars en attribuant des gisements miniers à des groupes privés au lieu de les vendre aux enchères. Plutôt que d’en tirer le maximum de revenus, le gouvernement aurait en effet préféré soutenir le développement de l’industrie en maintenant à un bas niveau les prix du charbon, minerai qui contribue à la moitié de la production d’énergie du pays. Or le premier ministre, qui a vu son image de "Monsieur Propre" déjà écornée par plusieurs retentissants scandales de corruption au sein de son gouvernement, était ministre du charbon de 2004 à 2009. C’était donc sous son autorité qu’étaient octroyées les concessions pour les mines.

Manmohan Singh

Un ténor de l’opposition, Arun Jaitley, a annoncé, mercredi 22 août 2012, que son parti, le très conservateur Bharatiya Janata Party (BJP), ferait obstruction aux travaux parlementaires tant que le chef du gouvernement, âgé de 79 ans, ne présenterait pas sa démission. "Pour aller de l’avant, le premier ministre doit reconnaître sa culpabilité", a-t-il argumenté. En 2010, le BJP et ses alliés de l’opposition avaient déjà bloqué une session parlementaire dans son intégralité, après la révélation d’une vente frauduleuse de licences de téléphonie mobile qui avait spolié le Trésor d’une somme allant jusqu’à 39 milliards de dollars. Le scandale avait alors conduit à la démission puis à l’incarcération du ministre des télécommunications, Andimuthu Raja. La menace d’obstruction aux travaux parlementaires intervient alors que le milieu des affaires et les investisseurs attendent impatiemment l’annonce de réformes pour stimuler la croissance économique, qui connaît des ratés. Les industriels redoutent que toutes les concessions minières soient annulées, comme ce fut le cas à la suite du scandale des licences de téléphonie.

Agence France Presse

Arun Jaitley

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