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AFP, 22 août 2012

L’Afrique du Sud impose un label "fabriqué dans les Territoires palestiniens"


Une statue de Nelson Mandela à Johannesburg

L’Afrique du Sud a banni, mercredi 22 août 2012, l’étiquette "made in Israël" sur les produits venant des Territoires occupés, rompant avec une relative neutralité observée depuis 1994 dans le conflit israélo-palestinien, selon des analystes. Cette mesure, adoptée en conseil des ministres, et symbolique plus que commerciale, était en gestation depuis mai. Elle avait été qualifiée par avance de "raciste" par la diplomatie israélienne et scandalisé une partie de la communauté juive d’Afrique du Sud, ainsi que les conservateurs évangéliques.


Afrique du Sud

Le gouvernement s’appuye sur une loi de protection du consommateur de 2008, imposant "un étiquettage des biens et produits venant des Territoires occupées pour éviter que les consommateurs ne croient qu’ils viennent d’Israël". "C’est conforme à la ligne de l’Afrique du Sud qui reconnaît les frontières de 1948 délimitées par l’ONU et ne reconnaît pas les Territoires occupés au-delà de ces frontières comme faisant partie de l’Etat d’Israël", ajoute-t-il. Cette mesure "met la diplomatie sud-africaine au diapason de sa réthorique pro-palestinienne", a indiqué à l’AFP Jakkie Cilliers, le directeur de l’Institut des études de sécurité (ISS). L’Afrique du Sud n’appelle pas pour autant au boycott des produits d’Israël, pays avec lequel elle maintient de bonnes relations. La semaine dernière, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Ebrahim Ebrahim, a ouvertement envisagé de mettre le hola sur les visites officielles en Israël, estimant que celles-ci "légitimaient l’occupation de la terre palestinienne par Israël".

Ebrahim Ebrahim

"C’est un pas de plus pour se rapprocher des Palestiniens et rompre avec la neutralité des relations entretenues par l’Afrique du Sud avec Israël et la Palestine", observe le directeur de la fondation De Klerk, Dave Steward. Et un changement radical par rapport à l’apartheid qui entretenait "des coopérations inter-étatiques avec Israël dans d’assez nombreux domaines" y compris militaires. La décision vient, selon lui, de "pressions internes à l’ANC et aux syndicats" et "elle ne doit pas être sous-estimée, car l’Afrique du Sud tend à avoir plus d’influence que sa taille pourrait suggérer". "Nombre d’autres pays pourraient suivre", juge aussi M. Cilliers, selon lequel la décision montre que l’Afrique du Sud, membre du G20 et membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, "adopte une attitude plus indépendante face aux Etats-Unis". L’Afrique du Sud a rejoint, fin 2010, le bloc des Brics, autour de la Russie et de la Chine, avec le Brésil et l’Inde.

Dave Steward

L’Afrique du Sud abrite une importante communauté juive, historiquement enracinée et dont certains membres ont joué un rôle éminent contre l’apartheid. Aujourd’hui divisée sur la politique menée par Israël, elle compte 30000 à 40000 personnes, surtout au Cap et Johannesburg, depuis l’exode observé à la fin de l’apartheid.

Agence France Presse

Scène d’émeute à Gugulethu, le 10 août 2012

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