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AFP, 15 juillet 2004

La Côte d’Ivoire ne doit pas utiliser la communauté internationale pour "endosser ses échecs" (ambassadeur de France)


La Côte d’Ivoire, en crise grave depuis près de deux ans en raison d’une rébellion armée qui a coupé le pays en deux ne doit pas se servir de la communauté internationale "pour lui faire endosser ses échecs", a averti, mercredi 14 juillet 2004 au soir, l’ambassadeur de France à Abidjan, Gildas Le Lidec.


A l’occasion d’une réception pour la fête nationale française alors que la France est impliquée au premier plan dans la crise ivoirienne avec le déploiement de plus de 4000 militaires pour préserver la paix dans son ancienne colonie, M. Le Lidec a mis en garde sans ambages tous les protagonistes de la crise actuelle.

La communauté internationale "s’est portée au chevet de la Côte d’Ivoire avec des moyens colossaux et est entièrement disposée à être utilisée pour réussir, mais pas à lui faire endosser les échecs" de la classe politique ivoirienne", a-t-il affirmé. "S’il n’y a pas un minimum de confiance entre Ivoiriens, s’il n’y a pas la volonté d’instaurer un réel processus de paix par le désarmement des combattants, s’il n’y a pas parmi les responsables politiques une réelle volonté de rechercher de bonne foi l’intérêt général du peuple ivoirien, alors ni les Nations Unies, ni l’Union africaine, ni la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest), ni la France, ni les autres Etats désireux de l’aider ne pourront apporter à la Côte d’Ivoire une assistance suffisante pour qu’elle se sorte de la crise", a estimé l’ambassadeur français.

Après cette mise en garde, qui reflète visiblement une exaspération internationale manifeste face au blocage du jeu politique ivoirien, Gildas Le Lidec a répété que, pour la France, non seulement il ne peut y avoir de solution militaire à la crise, mais qu’également la légalité constitutionnelle du régime actuel ne peut être remise en cause. Pour lui, "les légitimes débats politiques doivent s’articuler auteur des échéances électorales de la fin 2005. La prochaine présidentielle est théoriquement prévue à l’automne 2005 à condition que le pays soit réunifié. Selon le diplomate, la non tenue de cette élection à la date prévue aurait des "conséquences incalculables". Se référant aux accords inter-ivoiriens de Marcoussis (janvier 2003), il a insisté sur la nécessité que l’élection présidentielle se tienne "à la date prévue par la constitution, à l’automne 2005".

En conclusion, M. Le Lidec a rappelé aux Ivoiriens, en présence du chef de la diplomatie d’Abidjan Bamba Mamadou, qu’ils avaient "une obligation impérative de répondre" à l’attente de la communauté internationale "en jouant le jeu honnêtement et correctement, sans subterfuge, sans faux-fuyant, sans détour".

Le processus de paix est totalement bloqué depuis trois mois, après la répression sanglante d’une manifestation interdite de l’opposition. Officiellement cette répression a fait 37 morts, mais selon un rapport de l’ONU accablant pour le pouvoir du président Laurent Gbagbo, au moins 120 personnes auraient été tuées.

Un sommet régional sur la Côte d’Ivoire est prévu, le 29 juillet 2004, à Accra, la capitale ghanéenne.

Agence France Presse

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