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lundi 27 février 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 43

La libération de la France (1ère partie)

De la percée d’Avranches à la libération de Paris


Un canon allemand de 88 mm

Le 31 juillet 1944, l’avant-garde américaine a rompu le front à Avranches. S’engouffrant dans la brèche, les tanks du général Patton ont rapidement envahi le terrain plat qui s’étendait au-delà. Il n’y avait alors que quelques bataillons allemands dispersés dans le couloir de 150 kilomètres de large qui séparait Avranches de la Loire. L’avant-garde américaine, commandée par le général John Wood, aurait pu continuer vers l’Est sans rencontrer d’opposition. En deux jours, cette avant-garde aurait pu atteindre Chartres. Mais le haut commandement allié a rejeté la plus belle chance d’exploiter cette occasion en s’en tenant au programme -maintenant dépassé- établi avant le débarquement, selon lequel l’étape suivante devait consister en un mouvement vers l’Ouest, pour s’emparer des ports bretons. Le général Wood a estimé qu’il s’agissait de l’une des décisions les plus colossalement stupides de toute la guerre. L’idée d’une avance blindée profonde derrière le front allemand était totalement absente de l’esprit des grands chefs alliés.


Des artilleurs américains tirent contre les positions allemandes, près de Brest, en août 1944

Le port de Brest après une attaque aérienne britannique, en août 1944

Sur ordre d’Adolf Hitler, les restes des unités de Panzer ont été réunis dans une force improvisée et lancés dans une tentative désespérée pour couper l’étranglement d’Avranches. Le 7 août 1944, les éléments de 6 divisions Panzer ont attaqué à Mortain. La bataille a duré quatre jours. Les chasseur-bombardiers alliés ont assuré un excellent support à l’infanterie et aux tanks. Le 13 août 1944, la crème des Panzer sur le front Ouest avait été anéantie. Adolf Hitler s’est persuadé que ce désastre avait été voulu par le maréchal von Kluge.

Une colonne allemande dévastée par une attaques aérienne britannique, près de Mortain, le 7 août 1944

La poche de Falaise

Après la percée d’Avranches, deux semaines se sont écoulées avant que les forces américaines atteignent Argentan et parviennent au niveau de l’aile gauche britannique, qui était toujours arrêtée juste après Caen. Il s’agissait alors, pour l’armée du général Patton, de se rabattre sur le Nord, pour fermer le piège et barrer la retraite aux Allemands. Mais le général Patton a reçu l’ordre de n’en rien faire, de crainte d’une collision avec les forces britanniques.

Une jeep et un tank Cromwell polonais près d’un canon allemand abandonné, le 8 août 1944

Un soldat allemand capturé par les Canadiens, à Caen, le 9 août 1944

Les Allemands auraient largement eu le temps de se replier sur la Seine, pour y constituer une forte ligne défensive, mais Adolf Hitler s’est entêté dans son interdiction de tout repli. Le gros des forces allemandes a été jeté dans cette poche pratiquement cernée par les armées alliées, et continuellement attaquée par leur aviation, jusqu’à ce que la défense s’effondre. Les alliés se sont enfin décidés à étrangler cette poche.

Un Königtiger hors de combat, en août 1944

Des blindés canadiens s’apprêtent à attaquer les positions allemandes en direction de Falaise, en août 1944

Un Panzer 4 détruit près de Sées, en août 1944

Des soldats canadiens à l’entrée de Falaise, le 17 août 1944

Des soldats américains près d’un Panzer hors de combat, à Chambois, le 20 août 1944

La carcasse d’un Königtiger près de Vimoutiers, le 22 août 1944

Tout ce qui restait des armées allemandes a alors essayé de s’échapper du piège dans lequel elles s’étaient enlisées à cause de l’interdiction de tout repli. Une grande partie de ces troupes a été enfermée dans la « poche de Falaise » et les rescapés ont dû abandonner la plupart de leurs armes lourdes et de leur équipement en traversant la Seine. Le maréchal von Kluge a alors été limogé. S’attendant à être arrêté par la Gestapo, il s’est suicidé en avalant une capsule de cyanure.

Des prisonniers allemands capturés par les Canadiens dans la poche de Falaise, en août 1944

Le débarquement en Provence

Selon le plan établi par les alliés pour le débarquement en Provence, les Américains, soutenus par des commandos partiellement français, devaient effectuer une opération préliminaire pour neutraliser les batteries côtières allemandes. Dès le matin, ils larguaient une division de parachutistes et débarquaient un corps d’armée renforcé de tanks français. L’armée française -transportée depuis l’Italie-, devait suivre sur les mêmes plages et s’emparer, sous couverture américaine, d’abord de Toulon, puis de Marseille, dans une bataille prolongée dont on prévoyait qu’elle durerait au moins un mois.

Le 15 août 1944, jour du débarquement allié en Provence, Adolf Hitler a ordonné le repli de ses forces dans le Sud de la France, à l’exception de Toulon et Marseille, occupées chacune par une division renforcée et des centaines de canons. La 19ème armée allemande devait retarder la poussée des alliés vers le Nord.

Un LST américain navigue vers les côtes provençales, le 15 août 1944

Service religieux à bord d’un LST américain en route pour les plages de Provence, le 15 août 1944

Débarqués le 16 août 1944, les Français ne disposaient que de leur premier échelon pour les huit ou dix premiers jours : 16000 hommes, 30 tanks et 80 canons. Avec cela, en deux jours, ils ont commencé d’investir Toulon.

Le général français de Lattre a alors décidé d’attaquer simultanément Toulon et Marseille. Onze jours après le débarquement, toute la côte était conquise, jusqu’au Rhône. Avec l’aide des Forces françaises de l’intérieur (FFI), Toulon et Marseille avaient été libérés et 2 divisions allemandes anéanties, tandis que 37000 prisonniers allemands étaient capturés.

Désormais, les Allemands étaient partout en retraite. Le plus souvent à pied. Ce qui restait de leurs forces était incapable d’opposer une résistance et a rapidement été rattrapé. Ils se retiraient précipitamment de France.

Un membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI) à Châteaudun, en août 1944

Choix stratégiques

Etant donné le rythme croissant de l’arrivée des renforts, le 1er août 1944, les forces alliées de Normandie ont été divisées en deux groupes d’armées comprenant chacun deux armées. Un groupe d’armées, composé des Britanniques et des Canadiens, était sous les ordres du maréchal Montgomery. L’autre groupe d’armées, composé d’Américains, était sous les ordres du général Bradley.

Omar Bradley

Le 17 août 1944, le maréchal Montgomery a suggéré au général Bradley qu’après la traversée de la Seine les forces alliées restent réunies, pour former une masse compacte de 40 divisions. Cette force était censée avancer vers le Nord, en direction d’Anvers et Aix-la-Chapelle. Le maréchal Montgomery ne s’était pas encore rendu compte de l’étendue de l’effondrement ennemi, ni de la difficulté d’assurer le ravitaillement d’une telle masse compacte, à moins qu’elle progresse à petite allure.

De son côté, le général Bradley avait envisagé, avec le général Patton, l’idée d’une poussée vers l’Est, pour atteindre le Rhin au Sud de Francfort en traversant la Sarre. Le général Bradley voulait faire de cette poussée l’avance principale, en utilisant les armées américaines. Cela ramenait l’avance britannique vers le Nord à un rôle secondaire. De plus, l’avance américaine ne menait pas directement sur la Ruhr.

Le 22 août 1944, le général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, en guise de compromis entre le maréchal Montgomery et le général Bradley, a décidé que les Américains avanceraient sur le flanc droit des Britanniques jusqu’à ce que ceux-ci aient pris Anvers. La plus grosse partie du ravitaillement et des moyens de transport serait consacrée à cette opération, au détriment de la 3ème armée du général Patton. Par contre, une fois Anvers libéré, on reviendrait au plan prévu avant le débarquement, en avançant vers le Rhin sur un large front, au Nord et au Sud du massif des Ardennes. Sur l’ordre du général Eisenhower, le ravitaillement de la 3ème armée a été réduit à 2000 tonnes par jour, contre 5000 tonnes pour la 1ère armée américaine du général Hodges.

La libération de Paris

Avec l’annonce de l’avance rapide des Alliés sur Paris, le 13 août 1944, le métro parisien, la gendarmerie, puis, le 15 août, la police, suivis des postiers le jour suivant, se soulèvent. Ils sont rejoints par d’autres ouvriers de la ville quand la grève générale éclate le 18 août. Des barricades sont dressées, entravant les mouvements des véhicules allemands, et des escarmouches contre les forces allemandes d’occupation commencent à devenir sérieuses les jours suivants, atteignant leur maximum le 22 août. De sérieux combats ont lieu à la préfecture de police. Le 18 août, à Paris, une grève générale éclate. Dans la soirée du 24 août, la division blindée du général Leclerc, arrivée en toute hâte du front de Normandie, fait son entrée dans la capitale et, après une journée de combats, le 25 août, elle contraint le commandant allemand de signer sa reddition.

Des résistants, à Paris, en août 1944

Des résistants à l’Hôtel-de-Ville de Paris, en août 1944

Des résistants, à Paris, le 22 août 1944

Des Parisiens tentent de s’abriter des tirs de snipers, le 26 août 1944

La 2ème division blindée française à Paris, le 26 août 1944

Suite dans La libération de la France 2ème partie)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source