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AFP, 17 juillet 2004

Etats-Unis : L’Iran épinglé pour ses liens avec Al-Qaïda par une commission d’enquête (presse)


La commission d’enquête indépendante américaine sur les attentats du 11 septembre 2001 qui rendra son rapport définitif jeudi 22 juillet, épingle l’Iran, accusé d’avoir fourni de l’aide à des terroristes d’Al-Qaïda impliqués dans les attaques contre New York et Washington, ont indiqué, samedi 17 juillet 2004, les magazines Time et Newsweek.


Ce rapport très attendu, de plus de 500 pages, qui conclut une enquête commencée en novembre 2002, affirme, selon les deux hebdomadaires américains, que l’Iran a facilité le passage vers des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan de huit à dix des terroristes impliqués dans les attaques du 11 septembre 2001 ayant fait 3000 morts aux Etats-Unis.

Au même moment à Téhéran, le ministre iranien chargé du renseignement, Ali Younessi, a affirmé que ses services avaient démantelé "toutes les branches iraniennes" d’Al-Qaïda, le réseau terroriste d’Oussama Ben Laden, selon la télévision d’Etat iranienne.

Time et Newsweek, citant des sources au Congrès, auprès de la Commission et dans l’adminsitation Bush, affirment que l’Iran a relâché son contrôle aux frontières et même fourni des passeports "propres" à des terroristes allant, via l’Iran, dans des camps d’entraînement d’Al-Qaïda entre octobre 2000 et février 2001. Selon Time, l’Iran aurait même proposé de collaborer avec Al-Qaïda pour attaquer les Etats-Unis après l’attentat contre le destroyer américain USS Cole en 2000 qui a tué 17 marins américains mais, poursuit le magazine, Oussama ben Laden aurait décliné cette offre pour ne pas s’aliéner ses soutiens en Arabie saoudite.

Time affirme aussi qu’il n’existe pas de preuves que l’Iran ait eu connaissance des attaques du 11 septembre avant leur exécution. Newsweek affirme de son côté que "les douaniers iraniens avaient reçu l’instruction de ne pas apposer de visas sur les passeports des combattants saoudiens d’Al-Qaïda qui revenaient de camps d’entraînement de Ben Laden". Les responsables iraniens, affirme Time, "avaient donné des instructions spécifiques à leurs garde-frontières pour ne pas mettre de timbres sur les passeports des membres d’Al-Qaïda, de ne pas les tracasser et de leur faciliter le passage de la frontière".

Time révèle également que certaines informations concernant l’Iran proviennent de prisonniers d’Al-Qaïda interrogés par les Etats-Unis dont Waleed Mohammad ben Attash, impliqué dans l’attaque contre l’USS Cole.

Lors d’un rapport préliminaire, publié le 16 juin, la commission d’enquête composée de dix personnalités (cinq républicains et cinq démocrates) avait, en revanche, estimé qu’il n’y a pas de "preuve crédible" d’une coopération entre Bagdad et Al-Qaïda "pour perpétrer des attentats aux Etats-Unis". Ce document avait mis à mal l’un des arguments clé avancé pour justifier le recours à la force contre l’Irak, alors que l’administration Bush était déjà en difficulté sur les armes de destruction massives soi-disant détenues par Saddam Hussein, qui restent introuvables.

La Commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 avait souligné, au contraire, que le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, était activement hostile au régime laïc de Saddam Hussein et qu’il avait soutenu un groupe islamique basé dans le Kurdistan irakien, opposé au dictateur déchu. Face aux difficultés de son argumentaire initial pour justifier la guerre, l’administration Bush a choisi ces derniers mois de mettre l’accent sur la démocratisation de l’Irak et les crimes de l’ancien régime contre sa propre population.

La commission sur les attaques du 11 septembre 2001 a commencé son travail d’enquête en novembre 2002. Ses membres ont interrogé plus de 1000 personnes dont le président George W. Bush et examiné plus de deux millions de documents.

Agence France Presse

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