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Reuters, 26 décembre 2012

Egypte : Mohamed Morsi ratifie la nouvelle Constitution

par Tamim ELYAN, Maria GOLOVNINA, Jean-Stéphane BROSSE et Henri-Pierre ANDRE


Un électeur à Fayoum

Le président égyptien, Mohamed Morsi, a ratifié, mercredi 26 décembre 2012, la nouvelle Constitution, approuvée par référendum, les 15 et 22 décembre, au terme d’une campagne qui a polarisé l’Egypte. Des élections législatives devraient suivre dans un délai de deux mois environ. Le bloc islamiste, vainqueur des trois consultations électorales depuis la chute de Hosni Moubarak, y affrontera une opposition qui a resserré les rangs derrière sa condamnation du projet constitutionnel.


Egypte

Selon les chiffres communiqués, mardi 25 décembre 2012 au soir, par la commission électorale, le projet a été approuvé par 63,8 % des électeurs. La participation a été inférieure à 33 % des inscrits (32,9 %). Le président égyptien, issu de la confrérie islamiste des Frères musulmans, espère que cette constitution contribuera à sortir le pays des troubles politiques qu’il traverse depuis la chute de Hosni Moubarak, en février 2011, et lui permettra de se concentrer sur les questions économiques. La présidence a précisé que Mohamed Morsi avait signé le décret de ratification de la Constitution dans la nuit de mardi 25 décembre à mercredi 26 décembre, après la proclamation officielle des résultats du référendum par la commission électorale. A l’annonce des résultats officiels, mardi 25 décembre au soir, un petit groupe de manifestants a incendié des pneus près de la place Tahrir, le berceau du soulèvement contre Hosni Moubarak en janvier-février 2011. Mais aucune manifestation d’importance n’a été signalée.

Mohamed Morsi

Le projet, rédigé par une Assemblée constituante dominée par les islamistes, a divisé la société égyptienne et provoqué des manifestations parfois violentes au Caire et à Alexandrie. Pour l’opposition, qui s’est constituée pour l’occasion en un Front de salut national (FSN), le texte est trop influencé par les idées islamistes et ne garantit pas suffisamment les droits des femmes et des minorités. Mohamed Morsi le voit, lui, comme une clef pour renouer avec la stabilité et affirme que la nouvelle Loi fondamentale du pays, la première depuis la chute de Hosni Moubarak, offre des protections suffisantes. Son gouvernement estime aussi que l’opposition, regroupant des formations libérales, laïques, de gauche ou liées à la communauté chrétienne copte, nuit à l’économie en alimentant les divisions politiques. "J’espère que toutes les puissances de la nation vont se mettre à présent à travailler ensemble pour construire une nouvelle Egypte", commentait, mardi 25 décembre 2012 au soir, Mourad Ali, un des cadres du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), émanation politique des Frères musulmans dont est issu Mohamed Morsi. Certains commentateurs estiment que la méthode forte employée par le chef de l’Etat pour faire passer le texte n’a fait que galvaniser ses opposants, et le prive d’un consensus national pour affronter les problèmes économiques. Ces derniers temps, alors que les négociations avec le FMI sur l’octroi d’un prêt de 3,6 milliards d’euros ne sont toujours pas bouclées, l’inquiétude des Egyptiens sur l’état de l’économie s’est traduite par d’importants retraits bancaires, qui ont conduit le gouvernement à imposer un contrôle strict. Il est désormais interdit d’entrer ou de sortir d’Egypte avec plus de 10000 dollars en espèces.

Comptage des bulletins de vote à Bani Sweif, le 22 décembre 2012

Les Etats-Unis, qui fournissent une aide militaire et civile de plusieurs milliards de dollars chaque année au Caire, ont appelé les responsables égyptiens, Mohamed Morsi au premier chef, à surmonter leurs divisions. "Le président Morsi, en sa qualité de dirigeant démocratiquement élu d’Egypte, porte une responsabilité particulière pour avancer d’une manière qui reconnaisse l’urgente nécessité de surmonter les divisions", a déclaré le porte-parole du département d’Etat dans un communiqué, mentionnant les "inquiétudes significatives" exprimées par un certain nombre d’Egyptiens. Au nom de l’Union européenne, Catherine Ashton, Haute Représentante pour la politique étrangère et de sécurité commune, a elle aussi appelé au "dialogue entre toutes les parties, afin de progresser encore vers une démocratie profonde et durable".

Tamim ELYAN, Maria GOLOVNINA, Jean-Stéphane BROSSE et Henri-Pierre ANDRE

Comptage des bulletins de vote à Bani Sweif, le 22 décembre 2012

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