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Reuters, 21 janvier 2013

Algérie : Près de 50 otages tués à Tiguentourine

Suivi d’un commentaire

par Lamine CHIKHI, Abdelaziz BOUMZAR, Laurent PRIEUR, Balazs KORANYL, Estelle SHIRBON, David ALEXANDER, Brian LOVE, Daniel FLYNN, Hélène DUVIGNEAU, Jean-Loup FIEVET et Guy KERIVEL


Le cadavre d’un otage sur le site de Tiguentourine

Les forces algériennes ont retrouvé les corps de 25 otages à l’intérieur du site gazier de Tiguentourine, ce qui alourdit à 48 le nombre d’otages tués, rapporte dimanche une source proche des services de sécurité. Le nombre total de tués, en comptant les 32 preneurs d’otages djihadistes qui sont morts lors de l’assaut de l’armée, s’élèverait donc à 80, mais le bilan peut encore s’alourdir, les forces algériennes n’ayant pas achevé d’examiner les lieux. La même source a rapporté que six ravisseurs avaient été capturés vivants par l’armée algérienne, à l’issue de la prise d’otages, qui a duré de mercredi 16 janvier à samedi 19 janvier 2013.


Algérie

Plusieurs pays ayant des ressortissants parmi les otages, notamment le Japon, se sont plaints de ne pas avoir informés par Alger des opérations menées pour reprendre le contrôle du site. Washington a confirmé la mort d’un otage américain, Frederick Buttaccio. La compagnie Statoil a dit être sans nouvelles de cinq de ses employés norvégiens. Des Japonais et des Américains sont également portés manquants. Le ministère de l’Intérieur algérien a précisé que 107 otages expatriés et 685 otages de nationalité algérienne avaient été libérés par les forces de sécurité. Alger a également assuré ne pas avoir besoin d’aide extérieure pour assurer la sécurité de ses installations énergétiques, comme le complexe de Tiguentourine qui devrait prendre ses opérations dans deux jours. Le ministre algérien de la Communication, Mohamed Saïd, a annoncé, dans la journée, que les preneurs d’otages, "originaires de pays arabes et africains et de pays non africains", étaient en tout de six nationalités différentes.

Mohamed Saïd

Un chef djihadiste algérien, Mokhtar Belmokhtar, a de son côté revendiqué, au nom du réseau Al-Qaïda, la responsabilité de la prise d’otages dans le Sahara algérien, et s’est dit prêt à négocier si la France met fin à ses raids aériens au Mali. "Nous, Al-Qaïda, annonçons cette opération bénie" de Tiguentourine, déclare-t-il dans une vidéo dont fait état dimanche le site internet d’information mauritanien Sahara Media. "Nous sommes prêts à négocier avec les Occidentaux et le gouvernement algérien, à condition qu’ils cessent de bombarder les musulmans du Mali", ajoute le chef islamiste, surnommé "Le Borgne". Dans la vidéo, il précise que l’attaque et l’occupation du site de Tiguentourine ont été menées par une quarantaine de djihadistes, "issus pour la plupart de pays musulmans et pour d’autres de pays occidentaux". La brigade Moulathamine ("Ceux qui signent avec leur sang") de Mokhtar Belmokhtar a affirmé avoir mené cette prise d’otages en représailles aux raids aériens français contre les rebelles islamistes dans le nord du Mali, a rapporté l’Agence Nouakchott d’Information (Ani), un site électronique mauritanien. Parmi les 32 djihadistes tués figure probablement le chef du commando, le Nigérien Abdoul Rahman al-Nigeri, un proche de Mokhtar Belmokhtar qui aurait été, lui, le commanditaire de l’opération.

Mokhtar Belmokhtar

Le président américain, Barack Obama, a offert, samedi 19 janvier, de fournir toute l’assistance nécessaire au gouvernement algérien, et imputé la responsabilité du dénouement sanglant de la prise d’otages aux "terroristes qui l’ont menée". Réagissant pour la première fois à l’événement, Barack Obama a ajouté qu’il resterait, dans les prochains jours, en contact étroit avec Alger, pour "mieux comprendre ce qui s’est passé, afin que nous puissions travailler ensemble pour prévenir de telles tragédies à l’avenir". En France, plusieurs membres du gouvernement ont prôné, dimanche 20 janvier 2013, une fermeté implacable face au terrorisme et justifié l’attitude d’Alger dans le dénouement sanglant de la prise d’otages. "Quand un pays se trouve agressé de cette manière, dans une opération préparée de longue date (...) qui met en jeu votre propre sécurité, l’intégrité de votre territoire, qui met en jeu vos propres ressources, nous ne sommes plus dans une gigantesque prise d’otages. C’est un acte de guerre", a dit Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est lui dit "heurté" que l’on puisse mettre en cause Alger. Le président, François Hollande, a estimé, dès samedi 19 janvier 2013, que l’Algérie avait eu "les réponses adaptées" à la situation. François Hollande a reçu à l’Elysée les familles des sept otages français encore retenus au Sahel, pour certains depuis plus de deux ans et demi. A Londres, le Premier ministre, David Cameron, a confirmé la mort de trois otages britanniques. Il a ajouté que trois autres Britanniques et un résident britannique étaient sans doute également décédés. Evoquant les interrogations sur l’attitude des autorités d’Alger, David Cameron a tenu à souligner que la responsabilité des morts de Tiguentourine "repose totalement sur les terroristes qui ont lancé cette attaque lâche et brutale" et il a remercié les autorités algériennes.

Lamine CHIKHI, Abdelaziz BOUMZAR, Laurent PRIEUR, Balazs KORANYL, Estelle SHIRBON, David ALEXANDER, Brian LOVE, Daniel FLYNN, Hélène DUVIGNEAU, Jean-Loup FIEVET et Guy KERIVEL

Des gendarmes escortent un otage norvégien libéré au poste de police d’In Amenas, le 19 janvier 2013

Commentaire

Les nationalités disparates des djihadistes démontrent que ceux-ci ne sont nullement représentatifs de la population locale. Ils n’ont rien à voir avec des résistants. Ce sont des étrangers qui veulent imposer leur dictature aux autochtones sous couvert religieux, un peu comme les juifs immigrés en Isrrël imposent leur dictature aux Palestiniens sous couvert de sionisme. Or, ce sont ces mêmes djihadistes qui sèment la terreur en Syrie et cherchent à substituer leur dictature à celle du régime de Bachar al-Assad. La prétendue "armée syrienne libre" se résume à un ramassis de terroristes étrangers, armés et financés par des services secrets étrangers, et se moquant éperdument de la population syrienne.

Frank BRUNNER

AUTEURS 

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