retour article original

samedi 10 décembre 2016
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
30 janvier 2013

Informations internationales : La logique juridique et sa perversité

par Frank BRUNNER


Il existe un abîme d’incompréhension entre les juristes et les gens « normaux ». Cet abîme d’incompréhension est dû au fait que la logique juridique n’a rien à voir avec le plus élémentaire bon sens, ni même avec la justice telle que la conçoit le sens commun. Le plus souvent, quand ils se communiquent, les juristes ne sont pas sur la même longueur d’onde que les gens normaux, ce qui peut susciter d’énormes malentendus. Ces malentendus sont d’ailleurs favorisés par le fait que les juristes ne donnent pas nécessairement aux mots la définition du dictionnaire à laquelle se réfèrent les gens normaux. Généralement, ils se réfèrent à la définition donnée par telle jurisprudence dont les gens normaux ignorent jusqu’à l’existence.


Les juristes évoluent dans un univers mental déconnecté de la réalité, caractérisé par des fictions juridiques qu’ils s’efforcent continuellement d’imposer en lieu et place de la réalité. Ainsi, par exemple, l’un des dogmes du droit veut que « nul n’est censé ignorer la loi ». Les juristes énoncent ce dogme d’un air suffisant, comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique, alors qu’en réalité il s’agit d’une absurdité. Sur l’ensemble de la planète, les parlements municipaux, régionaux et nationaux sont continuellement en train de voter, de modifier ou d’abroger des lois. Il y a tellement de lois que les juristes eux-mêmes sont contraints de se spécialiser en droit pénal, droit civil, droit commercial, droit des assurances, droit du travail, droit international, etc… En affirmant que « nul n’est censé ignorer la loi », les juristes prétendent que le commun des citoyens, qui est dépourvu de formation juridique, est censé en savoir davantage à lui tout seul que tous les juristes réunis.

Ce qu’il faut remarquer, c’est que les juristes savent bien qu’il est impossible de connaître toutes les lois, mais cela ne les empêche pas de soutenir le contraire en toute bonne conscience. La logique juridique est foncièrement ubuesque. Elle se caractérise par sa malhonnêteté intellectuelle.

Une fiction juridique veut que le client s’exprime à travers les propos ou les écrits de son avocat, même s’il n’y a rien compris. Si, dans son exposé des faits relatifs à une quelconque affaire, l’avocat commet une erreur, c’est son client qui est censé avoir menti. Si l’avocat dépose de sa propre initiative un recours à propos d’un détail de procédure et qu’il est débouté, c’est le client qui se fait facturer les frais de justice. La fiction juridique veut qu’il ait lui-même rédigé le recours.

page

AUTEURS 

  • Frank BRUNNER

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source