retour article original

jeudi 17 août 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Egypte
AFP, 4 février 2013

Egypte : La police est accusée d’avoir torturé à mort un manifestant


Un manifestant tabassé par des policiers, au Caire, le 1er février 2013

Une annonce qui suscite un nouveau tollé contre les brutalités policières dans le pays. Tombé dans le coma plusieurs jours après sa détention par la police, un activiste égyptien est mort, lundi 4 février 2013, font savoir le ministère de la Santé et son parti.


Egypte

Mohamed al-Guindi, âgé de 28 ans, avait été porté disparu, le 25 janvier 2013, alors qu’il participait à une manifestation à l’occasion du 2e anniversaire de la révolte qui a renversé le président, Hosni Moubarak, en 2011. D’après le ministère de la Santé, il a été conduit vers un hôpital du Caire par ambulance, le 28 janvier 2013, trois jours après sa disparition, alors qu’il était inconscient et souffrait d’une hémorragie interne. Selon un rapport médical préliminaire, cité par des activistes, Mohamed al-Guindi avait été battu avec des objets contondants, a eu des côtes brisées, et a subi des chocs électriques. Le militant a été emmené dans un camp de la police où il a été torturé, ont rapporté des activistes, détenus avec lui et libérés par la suite, selon le récit de sa mère, Samia, sur une chaîne satellitaire privée, Al-Nahar. "Il est mort des suites de la torture", annonce également son parti, le Courant populaire. Des photos du militant le montrant alité à l’hôpital, le visage meurtri, ont circulé sur les réseaux sociaux et des activistes l’ont présenté comme le nouveau Khaled Saïd, un Egyptien battu et tué par la police en 2010, et devenu depuis un symbole de la lutte contre les brutalités policières.

Mohamed al-Guindi

Les images d’un manifestant dénudé et battu par des policiers anti-émeutes, vendredi 1er février 2013 au soir, lors d’une manifestation contre le président islamiste, Mohamed Morsi, dans le secteur du palais présidentiel, ont également suscité l’indignation à travers l’Egypte et de vives critiques des pratiques policières. Sur la vidéo, on voit des policiers anti-émeutes battre l’homme avec des matraques, le bousculer et lui retirer ses vêtements, avant de le traîner nu sur le sol, puis de l’embarquer dans un fourgon blindé posté devant le palais. L’opposition égyptienne a d’ailleurs appelé, samedi 2 février, à la démission du ministre de l’Intérieur. En soirée, le ministre s’était dit "prêt à démissionner immédiatement si cela arrange le peuple".

Agence France Presse

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source