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mardi 28 mars 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 44

La campagne d’Italie (juin-décembre 1944)


Des soldats français défilent à Rome, début juin 1944

Pour les armées alliées d’Italie, les suites de la prise de Rome, si longtemps attendue, ont été décevantes. En partie à cause des décisions supérieures ; mais aussi en partie à cause du rétablissement et des contre-attaques des Allemands.

Le débarquement en Provence s’est traduit par le départ des 3 divisions du 6ème Corps d’armée US, puis des 4 divisions du Corps d’armée français, qui ont quitté le front d’Italie. La 5ème armée alliée se retrouvait donc réduite à 5 divisions, tandis que le Groupe d’armées perdait près de 70 % de son appui aérien.

De leur côté, le maréchal Albert Kesselring et ses hommes s’efforçaient d’empêcher les alliés d’exploiter la victoire partielle qu’ils avaient remportée avec la prise de Rome. Les pertes allemandes avaient été sérieuses : 4 divisions d’infanterie ont dû se replier pour se reconstituer et 7 autres avaient été durement amoindries. Mais 4 divisions fraîches étaient en route, de même qu’un régiment de Panzer lourds. La plupart de ces renforts étaient destinés à la 14ème armée allemande, qui protégeait les routes les plus favorables à une avance alliée.

Albert Kesselring

Le plan du maréchal Kesselring visait à ralentir, tout au long de l’été, la progression des alliés, par une série d’actions de retardement. Puis de se replier, pour l’hiver, sur la puissante Ligne Gothique.

A quelque 130 kilomètres au Nord de Rome se trouvait située une ligne naturelle de défense, à proximité de Trasimène, là où Hannibal avait organisé son guet-apens le plus réussi. Cette ligne représentait une position convenant à une première résistance, tandis que les troupes du génie allemand contribueraient, par un habile travail de démolition, à ralentir la progression des troupes alliées.


La progression des troupes alliées a débuté le 5 juin 1944, le lendemain de l’entrée des Américains dans Rome. Mais elle n’a pas été menée très activement, alors que c’était le moment où elle aurait pu être la plus dangereuse. Ensuite, les Français ont pris la tête des opérations dans le secteur de la 5ème armée américaine. Entre-temps, le 13ème Corps d’armée britannique remontait les routes No 3 et 4, s’avançant vers l’intérieur de la péninsule italienne. Mais il a rencontré une résistance de plus en plus vigoureuse et a dû s’arrêter sur la Ligne de Trasimène. Dans les autres secteurs, la progression des alliés a également été arrêtée. Ainsi, moins de quinze jours après son évacuation de Rome, le maréchal Kesselring était parvenu à stabiliser une situation qui avait été momentanément très dangereuse. De plus, il avait été prévenu que l’OKW allait lui envoyer 4 divisions supplémentaires, ainsi que des nouvelles recrues pour reconstituer ses unités les plus durement touchées.

Les deux mois consécutifs au 20 juin 1944 ont représenté, pour les armées du maréchal Alexander -commandant en chef des forces alliées en Italie-, une période de déception et de frustration. Les progressions étaient décousues et n’avaient jamais un aspect décisif. Les batailles étaient une série d’actions isolées, entre des éléments alliés et allemands. Les Allemands tenaient une position jusqu’à ce qu’ils voient que les alliés se déployaient pour lancer une attaque massive. Ils décrochaient alors, pour se replier jusqu’à la prochaine ligne d’obstacles naturels.

Harold Alexander

Un soldat américain fait sécher son linge sur une jeep, dans le secteur de Castellina, le 12 juillet 1944

Le PC de tir de l’artillerie américaine, dans le secteur de Castellina, le 12 juillet 1944

Des artilleurs américains près de Livorno, le 12 juillet 1944

Le 15 juillet 1944, les Allemands se repliaient, peu à peu, sur la ligne de l’Arno, qui quittait Pise vers l’Est et passait par Florence. Les armées alliées ont alors été contraintes à une halte prolongée, à une courte distance de la ligne Gothique. Le 18 juillet, les alliés ont pris Ancône. Le lendemain, ils prenaient Livourne, ce qui raccourcissait leurs lignes de ravitaillement.

Des soldats américains à Livorno, le 15 juillet 1944

Des soldats américains se reposent à Livorno, le 19 juillet 1944

Des soldats américains près de Livorno, le 25 juillet 1944

Un soldat américain tire sur la position présumée d’un sniper allemand, dans le secteur de Montenero, le 7 août 1944

Des soldats américains tirent au mortier contre la position présumée d’un sniper allemand, dans le secteur de Montenero, le 7 août 1944

Nouvelle offensive alliée

Le 25 août 1944, le maréchal Alexander a lancé une nouvelle offensive contre les Allemands. Le 2 septembre, les Britanniques atteignaient la Conca, dans le secteur de la côte adriatique. Une bataille a eu lieu, le 4 septembre, pour la prise de la crête de Coriano, au-delà de l’Ausa. A ce point, l’avance des Britanniques s’est effondrée.

Le maréchal Kesselring a ordonné le repli général de ses autres divisions sur la ligne Gothique, ce qui a raccourci son front et libéré quelques troupes pour le secteur adriatique. Ce repli ouvrait les traversées de l’Arno, permettant à la 5ème armée alliée de se préparer à l’attaque.

Des soldats américains en plein combat, près de Lucca, le 7 septembre 1944

Un prisonnier allemand habillé en civil est gardé par des soldats américains, à Lucca, en septembre 1944

A partir du 10 septembre 1944, le 2ème Corps US et le 13ème Corps britannique ont attaqué les positions allemandes. Elles étaient défendues par des forces peu nombreuses, mais décidées. Au bout d’une semaine, les alliés ont réussi à percer au Nord de Florence, par le col de Gioga. Le 20 septembre, les Américains attaquaient Bologne par l’Est. Néanmoins, les Allemands ont réussi à enrayer les attaques alliées.

Chargement de la mitrailleuse d’aile d’un P-51 Mustang, sur un aérodrome italien, en septembre 1944

Un pilote américain aux commandes d’un P-51 Mustang s’apprête à partir en mission, sur un aérodrome italien, en septembre 1944

Dans le secteur adriatique, la 8ème armée britannique était toujours en difficulté. Le 21 septembre 1944, les Canadiens se sont emparés de Rimini, atteignant ainsi le delta du Pô. Mais les Allemands se sont rabattus sur la ligne de défense de l’Uso -le Rubicon de l’Antiquité. Il restait encore, aux alliés, treize rivières à traverser avant d’atteindre le Pô proprement dit. Au cours des diverses tentatives pour y parvenir, près de 500 tanks ont été mis hors de combat, enlisés dans cette région plate et imbibée d’eau, ou endommagés. Un grand nombre de divisions d’infanterie ont été décimées. Cela a permis aux Allemands de déplacer une grande partie de leurs forces vers le théâtre d’opération de la 5ème armée alliée.

Le 2 octobre 1944, le général Mark Clark a déclenché sa nouvelle offensive contre Bologne, empruntant, cette fois, la route No 65. En raison de la ténacité des Allemands, au cours des trois semaines suivantes la progression des alliés n’a été que de 1,5 kilomètre par jour, en moyenne. L’attaque a dû être abandonnée.

Des troupes américaines à Massa, en 1944

Des troupes américaines à Seravezza, à l’automne 1944

A la fin octobre 1944, l’avance de la 8ème armée britannique a également été interrompue, alors que le Pô se trouvait encore à 80 kilomètres.

Un Achilles britannique traverse la Savio, le 24 octobre 1944

Dans un dernier effort pour 1944, les alliés se sont emparés de Ravenne, mais ils ont dû renoncer à prendre Bologne.

Changements dans le commandement

Au cours de cette période, le maréchal Kesselring a été remplacé par le général Vietinghoff. Chez les alliés, le général Mark Clark a remplacé le maréchal Alexander à la tête des forces d’Italie.

Heinrich von Vietinghoff

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source