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jeudi 23 mars 2017
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AFP, 20 juillet 2004

Soudan : Liens confirmés entre Khartoum et les milices Djandjawid


Le village soudanais de Bandago, après une attaque dévastatrice, le 29 avril 2004

Des responsables gouvernementaux soudanais sont directement impliqués dans le recrutement et l’armement des milices arabes Djandjawid qui sèment la terreur parmi les populations noires du Darfour, malgré les dénégations de Khartoum, a affirmé, lundi 19 juillet 2004, Human Rights Watch.

Soudan


Dans un communiqué remis à la presse à New York, l’organisation de défense des droits de l’homme, qui citait à l’appui de ses affirmations des documents officiels soudanais, a appelé "à l’adoption immédiate par l’ONU d’une résolution sanctionnant Khartoum et certains membres de son gouvernement responsables de crimes contre l’humanité". Human Rights Watch (HRW) a précisé avoir obtenu de l’administration civile du Darfour des documents confidentiels démontrant sans équivoque que de hauts dignitaires gouvernementaux soudanais sont impliqués dans une politique délibérée de soutien aux milices.

Le village soudanais de Bandago, après une attaque dévastatrice, le 29 avril 2004

Par le passé, Khartoum a nié ce type d’accusation à plusieurs reprises, y compris lors de récentes visites sur son sol du secrétaire d’Etat américain Colin Powell et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.

Kofi Annan (assis au premier plan, à gauche) en compagnie de réfigiés soudanais, le 1er juillet 2004

"Il est absurde de faire une distinction entre les forces gouvernementales soudanaises et les milices, elles ne font qu’une", a déclaré Peter Takirambudde, directeur exécutif de la division Afrique de Human Rights Watch. "Ces documents démontrent que les activités des milices n’ont pas seulement été permises, elles ont été effectivement soutenues par des responsables gouvernementaux soudanais", a-t-il ajouté.

Le village soudanais de Korma, après une attaque dévastatrice, le 29 avril 2004

Dans une série de documents officiels en arabe émanant des autorités gouvernementales du Darfour datant de février et mars 2004, des responsables appellent au recrutement et à l’aide logistique -notamment en "ravitaillement et en armes"- en faveur d’hommes connus comme chefs de milices Djandjawid, de camps et de "tribus loyalistes", selon HRW. Une directive datant de février 1004 ordonne à "toutes les unités de sécurité" dans la région de tolérer les activités du chef djandjawid Moussa Hilal dans le nord du Darfour.

Le camp d’entraînement d’une milice islamique, au Soudan

Selon HRW, les forces soudanaises et les milices sont responsables de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de "nettoyage ethnique" par des attaques aériennes et terrestres contre des civils appartenant à la même ethnie que les membres de deux groupes rebelles opérant au Darfour. Des milliers de civils ont été tués, des centaines de femmes et jeunes filles violées et plus d’un million de personnes chassées de leurs habitations au Darfour. Des milliers d’habitants du Darfour se sont réfugiés au Tchad voisin.

Dans le communiqué, HRW demande que les responsables soudanais responsables du soutien aux milices "soient ajoutés sur la liste des personnes passibles de sanctions", dans le cadre d’une résolution de l’ONU actuellement à l’étude. L’organisation demande également que le désarmement des milices, promis par Khartoum, "soit l’objet d’une supervision internationale et qu’une commission internationale soit chargée d’enquêter sur les exactions commises par toutes les parties au Darfour".

Soldats soudanais

Un projet de résolution a été déposé par les Etats-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU sur la crise du Darfour. Mais les sanctions qu’il prévoit ne visent que les Djandjawid, pas le gouvernement soudanais.

Agence France Presse

Des recrues de l’armée soudanaise

Le camp de réfugiés d’Abu Shok, au Soudan

Une réfugiée soudanaise parvenue au camp tchadien de Bahai, le 9 juillet 2004

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