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mercredi 26 avril 2017
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AFP, 20 juillet 2004

Bénin : Corruption, tortures et détentions arbitraires


Un orage au Bénin

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a dénoncé, dans un rapport parvenu, mardi 20 juillet 2004 à l’AFP, la corruption du système judiciaire au Bénin, l’usage régulier de la torture, la surpopulation carcérale et les détentions arbitraires.

Bénin


Dans ce rapport de 32 pages réalisé par deux chargés de mission de l’organisation entre le 16 et le 23 février 2004, la FIDH souligne que "la torture est fréquemment pratiquée au stade de la garde à vue. "Les cas de torture restent pour la majorité impunis", affirme la FIDH qui explique qu’un "centre de tortures tristement célèbre pendant la période révolutionnaire de 1972 à 1990", connu sous le nom de "Petit Palais", "est toujours en activité, contrairement aux affirmations formulées par le gouvernement béninois".

Scène de rue à Cotonou

"La torture est fréquemment pratiquée au Bénin au stade de la garde à vue dans le cadre d’aveux extrajudiciaires. (...) Ainsi, se justifierait l’emploi de certains procédés qualifiés de tortures : mise à l’isolement, intimidation des membres de la famille, coups et menaces d’extradition pour les étrangers", explique le rapport.

Scène de rue à Cotonou

La FIDH fait également un bilan accablant du système judiciaire béninois "entre corruption et impuissance". "La justice béninoise manque de moyens matériels et humains pour accomplir correctement sa mission. Elle est engorgée et ne peut satisfaire aux droits des victimes à un recours effectif", ajoute l’organisation. La FIDH explique que les droits de la défense sont régulièrement bafoués, et que les possibilités d’appel après un jugement sont quasiment inexistantes, ce qui pose d’autant plus problème que "la présomption d’innocence est bafouée".

Scène de marché à Cotonou

Concernant la corruption de la justice, l’organisation de défense des droits de l’Homme rappelle que "la condamnation en mai 2004 de 20 magistrats accusés de faux et usages de faux et escroqueries n’a fait que révéler au grand jour une situation que de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme, (...) dénonçaient depuis longtemps".

Scène de rue à Porto Novo

La FIDH dénonce également la cohabitation d’un système de droit coutumier où officient des "notables ou retraités sans aucune formation juridique" avec la justice de tradition française. "D’abord développés en milieu rural, ces tribunaux tendent à prendre de l’ampleur sur tout le territoire béninois. Si ces instances de médiation apportent une réponse à l’engorgement des tribunaux, elles statuent souvent en violation des droits de l’Homme", précise la FIDH.

Salon de coiffure en plein air, au Bénin

Les conditions de détention, misérables en général, sont particulièrement pénible au Bénin pour les femmes et les mineurs, qui souvent ne sont pas séparés des adultes. Beaucoup d’enfants ou de nourrissons sont emprisonnés avec leur mère, sans aucune prise en charge particulière du système pénitentiaire.

Paysage du Bénin

Enfin, le rapport fait également état de "discriminations notamment à l’égard des femmes et des enfants" et dénonce notamment le droit d’héritage des femmes, la polygamie et l’excision qui demeurent des pratiques courantes au Bénin ainsi que le trafic d’enfants. "Environ 49000 enfants béninois seraient actuellement utilisés à des tâches de travaux agricoles, domestiques, pour des coûts minimes voire inexistants", précise le rapport.

Agence France Presse

Cette jeune béninoise travaille comme domestique à Lomé, au Togo. Elle ignore son vrai nom et est appelée Colette

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