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lundi 26 juin 2017
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La bataille du golfe de Leyte


Le porte-avions USS Princeton

Après la conquête des îles Mariannes, les forces américaines de l’océan Pacifique auraient pu ignorer les Philippines, pour effectuer un bond jusqu’à Formose ou Iwo Jima et Okinawa, ainsi que l’amiral King -commandant en chef de l’US Navy- et plusieurs autres amiraux le préconisaient avec insistance.

Mais des considérations politiques, et le désir naturel du général MacArthur de faire un retour triomphal aux Philippines, l’ont emporté sur les arguments purement stratégiques.

Douglas MacArthur


Le plan américain pour la libération des Philippines.

Avant de tenter l’invasion des Philippines, la prise de quelques objectifs secondaires avait été jugée nécessaire.

Le plan original prévoyait de s’emparer de l’île de Morotai, près des Halmaheras -à l’Ouest de la Nouvelle-Guinée-, puis des îles Palau, de l’île de Yap, des îles Talaud, et enfin de Mindanao, la grande île méridionale de l’archipel des Philippines, en construisant des bases navales et aériennes avancées pour faciliter l’offensive principale sur les Philippines.

Vue de la 3ème flotte américaine

Cependant, au début du mois de septembre 1944, la 3ème flotte de l’amiral Halsey -baptisée 5ème flotte lorsqu’elle était sous le contrôle de l’amiral Spruance- s’est aperçue que les défenses des côtes philippines étaient très faibles. L’amiral Halsey a proposé d’abandonner les étapes intermédiaires. Elles ont néanmoins été conservées, car les opérations avaient presque commencé et la réalisation des étapes intermédiaires était considérée comme une assurance supplémentaire.

Amiral Halsey

Le 15 septembre 1944, un détachement des forces du général MacArthur a débarqué sur l’île de Morotai. Il a rencontré très peu d’opposition. Dès le 4 octobre, l’aviation américaine pouvait opérer à partir de la base aérienne nouvellement construite sur l’île.

Toujours le 15 septembre 1944, les forces du Pacifique Centre de l’amiral Halsey ont envahi les îles Palau, dont la plupart ont été occupées en quelques jours. Cette conquête procurait aux Américains des aérodromes avancés à 800 kilomètres de Mindanao, plus qu’à mi-chemin de Guam.

Les deux principales lignes américaines d’avance à travers l’océan Pacifique -celle du général MacArthur et celle de l’amiral Nimitz- avaient maintenant convergé et se trouvaient à distance d’appui directe réciproque, prêtes à entamer la reconquête des Philippines.

USS Maryland

Le plan japonais pour la défense des Philippines

SHO-1, le plan japonais de défense des Philippines, était double.

A terre, la défense était confiée à la 14ème armée japonaise, placée sous les ordres du général Yamashita. Il disposait de 9 divisions d’infanterie, 1 division blindée, 3 brigades blindées indépendantes et la 4ème armée aérienne. Il avait également sous ses ordres les forces navales des alentours de Manille, qui comptaient quelque 25000 hommes capables de combattre à terre.

La partie essentielle du plan SHO-1 reposait cependant sur l’action prévue en mer et le haut commandement japonais était maintenant prêt à tout miser sur cette action. Dès que le lieu des débarquements américains serait connu, les 4 porte-avions japonais -et 2 cuirassés convertis en porte-avions- de l’amiral Ozawa devaient attirer la flotte américaine vers le Nord.

Ces porte-avions ne disposaient, au total, que d’une centaine d’avions, et la plupart des pilotes japonais étaient inexpérimentés. L’amiral Toyoda estimait que les Américains se précipiteraient à la poursuite des porte-avions japonais. Ainsi, les forces de débarquement américaines seraient clouées aux plages par les troupes du général Yamashita, et prises en tenailles par deux groupes de cuirassés japonais de l’amiral Kurita, venus de la région de Bornéo.

Les cuirassés Fuso et Yamashiro

Ce plan était influencé par la faiblesse croissante des Japonais dans les airs, mais il reposait aussi sur leur foi intacte dans les cuirassés. Ils disposaient des deux cuirassés les plus puissants du monde : le Yamato et le Musashi. L’amiral Toyoda savait que le Japon risquait de perdre toute sa flotte de guerre, mais il était persuadé que c’était un risque à courir. Si les Japonais étaient vaincus aux Philippines, la route maritime liant le Japon aux Indes néerlandaise serait coupée, et avec elle l’approvisionnement en pétrole. Si la flotte japonaise, même intacte, devait regagner le Japon, elle ne pourrait pas y être ravitaillée en combustible. Si la flotte japonaise devait demeurer dans les mers du Sud, elle ne pourrait plus être ravitaillée en armes et en munitions. Il était donc vain de vouloir sauver la flotte au prix de la perte des Philippines.

Le cuirassé japonais Musashi

Le débarquement américain sur l’île de Leyte

A partir du 10 octobre 1944, l’aviation embarquée de la 3ème flotte américaine a lancé une série d’attaques aériennes contre Formose -principalement-, Luçon et Okinawa. Ces raids se sont avérés dévastateurs, malgré l’opposition de l’aviation japonaise. Les pilotes japonais surestimaient tellement leurs maigres succès que le gouvernement japonais a annoncé, à la radio, avoir coulé 11 porte-avions, 2 cuirassés et 3 croiseurs américains, alors qu’en réalité aucun navire américain n’avait été coulé.

Sur la base de ce communiqué fantaisiste, le haut commandement japonais a décidé de lancer l’opération SHO-1. Les forces navales japonaises se sont rapidement aperçues de l’absurdité du communiqué gouvernemental et ont fait demi-tour. Par contre, les plans de l’armée de terre ont subi des modifications définitives. 3 des 4 divisions japonaises stationnées dans le Sud des Philippines ont reçu l’ordre d’y demeurer, alors qu’elles étaient censées se tenir prêtes à intervenir sur Luçon.

Deux jours avant le débarquement américain dans l’île de Leyte, un message radio en clair, envoyé par l’un des chefs américains, a appris aux Japonais le lieu où le débarquement allait s’effectuer. L’amiral Kurita, qui commandait la force des cuirassés japonais, a décidé d’envoyer un détachement pénétrer dans le golfe de Leyte par le Sud-Ouest, en passant par le détroit de Surigao, tandis que lui-même, avec le gros de l’escadre, pénétrerait dans le golfe de Leyte en passant par le détroit de San Bernardino, au Nord-Ouest. Les deux escadres japonaises devaient arriver dans le golfe de Leyte le 25 octobre 1944. Comme les porte-avions américains auraient alors été attirés au Nord, les cuirassés japonais auraient le champ libre pour se livrer à un massacre des navires de transport américains et des cuirassés américains demeurés dans le golfe de Leyte.

Anticipant de deux mois sur le programme prévu, les Américains ont attaqué les Philippines en octobre 1944. La première attaque a eu lieu sur l’île de Leyte, située au centre de l’archipel philippin. Le 20 octobre au matin, la 7ème flotte de l’amiral Kinkaid -comprenant un convoi de transport de troupes et une flotte d’appui composée de vieux cuirassés et de petits porte-avions d’escorte- a commencé à débarquer les troupes du général MacArthur : 4 divisions commandées par le général Walter Krueger.

Thomas Kinkaid

Le débarquement de Leyte était protégée et appuyée par la 3ème flotte de l’amiral Halsey, disposée en trois groupes, un peu à l’Est des Philippines. Cette 3ème flotte était le principal corps de bataille de l’US Navy. Elle était composée des porte-avions les plus récents et de gros cuirassés, tous d’un type rapide.

Un convoi américain de transports de troupes en route pour le golfe de Leyte

Les soldats américains avancent sur l’île de Leyte

23 octobre 1944

Dans la nuit du 23 octobre 1944, la force cuirassée de l’amiral Kurita est tombée sur deux sous-marins américains, le Darter et le Dace, qui venaient de croiser au large de Bornéo. Les sous-marins américains ont aussitôt mis le cap au Nord, restant en avant de la flotte japonaise et naviguant à toute allure en surface, sous la protection de l’obscurité. Le 24 octobre, à l’aurore, ils sont passés en plongée périscopique, attendant l’arrivée de la flotte japonaise de cuirassés. Ils ont lancé leurs torpilles à bout portant, coulant 2 croiseurs japonais et en endommageant un troisième.

SS Dace en surface

L’amiral Kurita se trouvait à bord du croiseur de tête torpillé par les sous-marins américains. Il a été sauvé et transféré à bord du cuirassé Yamato. Désormais, il savait les Américains informés de son approche et de sa force.

Takeo Kurita

24 octobre 1944

Chargé d’attirer les porte-avions américains, l’amiral Ozawa, qui approchait des Philippines par le Nord, a envoyé plusieurs messages en clair, destinés à être interceptés par les Américains et signaler sa présence à l’amiral Halsey. Mais aucun de ces messages n’a été intercepté par les Américains. L’amiral Ozawa n’a pas non plus été repéré par les avions de reconnaissance américains, car ils avaient tous été envoyés vers l’Ouest, pour surveiller l’approche des cuirassés de l’amiral Kurita.

La flotte américaine a été attaquée par des avions japonais basés à terre et par ceux des porte-avions de l’amiral Ozawa. Cette attaque a été repoussée et les Japonais ont perdu plus de 50 % de leurs avions. Du côté américain, le porte-avion Princeton, sévèrement touché, a dû être évacué.

Le porte-avions USS Princeton en feu après une attaque aérienne japonaise, le 24 octobre 1944

Le porte-avions USS Princeton en feu après une attaque aérienne japonaise, le 24 octobre 1944

Par contre, l’offensive aérienne américaine contre les cuirassés de l’amiral Kurita a été plus meurtrière. Dans l’après-midi du 24 octobre 1944, au terme de la cinquième attaque aérienne, après avoir été touché par 19 torpilles et 17 bombes, le gigantesque cuirassé Musashi s’est retourné et a coulé. Un croiseur lourd a été trop gravement atteint pour pouvoir continuer sa route. Après le naufrage du Musashi, la flotte cuirassée japonaise a fait demi-tour et mis cap à l’Ouest.

L’escadre de l’amiral Kurita, attaquée par l’aviation américaine, s’efforce d’échapper aux torpilles et aux bombes

Le Yamato manoeuvre pour échapper à une attaque aérienne américaine, le 24 octobre 1944

Le Yamato pendant une attaque aérienne américaine, le 24 octobre 1944

Le Yamato est atteint par une bombe américaine, le 24 octobre 1944

Le cuirassé Musashi, attaqué de toutes parts par l’aviation américaine

En apprenant cette nouvelle, l’amiral Halsey a pensé que l’amiral Kurita battait définitivement en retraite. En réalité, l’amiral Kurita avait décidé de se mettre hors de portée de l’aviation américaine et d’attendre la nuit pour revenir vers le golfe de Leyte.

Ce n’est qu’à 17h00, ce 24 octobre 1944, que les avions de reconnaissance américains ont repéré les porte-avions de l’amiral Ozawa, qui faisait route au Sud, en direction des Philippines. L’amiral Halsey -réagissant tardivement comme les Japonais l’avaient prévu- a aussitôt décidé de foncer vers le Nord, afin de se trouver, au petit matin, en position pour détruire les porte-avions japonais. Aucun détachement naval n’a été laissé pour garder le détroit de San Bernardino. Il en est résulté un malentendu, car l’amiral Kinkaid, chargé de la protection des navires de transport dans le golfe de Leyte, pensait que le détroit de San Bernardino était toujours gardé.

Le USS New Jersey à la poursuite des porte-avions de l’amiral Ozawa, le 24 octobre 1944

Un quart d’heure après avoir informé l’amiral Kinkaid de son départ pour le Nord, l’amiral Halsey a reçu un rapport lui signalant que les cuirassés de l’amiral Kurita avaient fait demi-tour et fonçaient à toute vapeur en direction du détroit de San Bernardino. Mais l’amiral Halsey a choisi d’ignorer ce rapport.

A 23h00, alors que l’amiral Halsey avait progressé de 260 kilomètres vers le Nord, la flotte cuirassée de l’amiral Kurita a à nouveau été repérée par des avions de reconnaissance américains. Elle faisait toujours route vers le détroit de San Bernardino et s’en trouvait à 65 kilomètres. L’amiral Halsey ne pouvait plus ignorer cette menace, mais il en a sous-estimé la gravité. La veille, les rapports optimistes des pilotes américains avaient persuadé l’amiral Halsey que la flotte cuirassée japonaise avait été durement touchée. Il a interprété son demi-tour comme une dernière charge suicide que l’amiral Kinkaid devait pouvoir facilement repousser. Ainsi, l’amiral Halsey s’enfonçait dans le piège du plan SHO-1.

La situation de la flotte de l’amiral Kinkaid était dangereuse. Convaincu que le détroit de San Bernardino était toujours gardé, l’amiral Kinkaid avait concentré la plus grande partie de ses navires de guerre pour défendre le détroit de Surigao. Il n’a même pas pris la précaution d’envoyer des avions de reconnaissance en direction du détroit de San Bernardino.

Les 2 cuirassés japonais envoyés par le détroit de Surigao se sont avancés en file indienne, chacun s’exposant successivement au tir concentré des cuirassés et des torpilleurs américains. Tous les deux ont été coulés. Le radar américain était très supérieur à celui de la Marine japonaise. Le détachement qui escortait les cuirassés japonais a été presque entièrement détruit. Au lever du jour, il n’en restait que des épaves.

Le USS Mobile tire contre le destroyer Hatsuzuki, le 25 octobre 1944

25 octobre 1944

Le 25 octobre 1944, à peine remportée la victoire du détroit de Surigao, l’amiral Kinkaid a reçu un message signalant une flotte japonaise beaucoup plus importante -le gros des forces cuirassées de l’amiral Kurita- arrivée par le Nord-Ouest, en passant par le détroit de San Bernardino, et se trouvant maintenant au large de la côte Est de l’île de Samar. Elle attaquait le détachement de navires américains laissé là pour protéger les plages de débarquement sur l’île de Leyte. Ce détachement américain comprenait 6 porte-avions d’escorte -des navires de commerce transformés- et une poignée de destroyers. Ces navires se sont enfuis vers le Sud sous un déluge d’obus de gros calibre tirés par le Yamato et 3 autres cuirassés. Les efforts héroïques d’une poignée de destroyers américains et des quelques avions embarqués sur les porte-avions d’escorte du golfe de Leyte ont réussi à freiner la ruée vers le Sud des cuirassés de l’amiral Kurita. 1 porte-avion et 3 destroyers américains ont été coulés, mais le reste a réussi à s’esquiver.

Le cuirassé Yamato pendant la bataille de Samar

Le croiseur Chikuma, pendant la bataille de Samar

Un pilote américain abattu est secouru après la bataille de Samar

L’amiral Kinkaid a ordonné au gros de ses navires de remonter en toute hâte depuis le détroit de Surigao. A 08h30, il a envoyé, à l’amiral Halsey, le premier d’une série de messages lui demandant de faire demi-tour. L’amiral Kinkaid pensait que l’aviation des porte-avions de l’amiral Hasley pouvait tenir en respect les cuirassés japonais jusqu’à ce que ses propres navires aient eu le temps de remonter depuis le détroit de Surigao. Mais l’amiral Halsey, obsédé par sa volonté de détruire les porte-avions de l’amiral Ozawa, a poursuivi sa route vers le Nord. Il s’est contenté d’ordonner à un petit détachement de porte-avions et de croiseurs, situé dans les îles Carolines, à 650 kilomètres du golfe de Leyte, de se porter au secours de l’amiral Kinkaid.

Peu après 09h00, l’amiral Kurita a interrompu la poursuite des porte-avions d’escorte américains et a tourné sa flotte cuirassée vers le golfe de Leyte, où une masse de navires de transport et de péniches de débarquement était maintenant à portée de ses coups. Les navires japonais se trouvaient alors à moins de 50 kilomètres de l’entrée du golfe de Leyte. Mais avant d’attaquer, l’amiral Kurita a voulu marquer une pause, pour concentrer ses navires qui s’étaient dispersés en poursuivant les porte-avions d’escorte américains. Ce changement de cap a fait croire aux Américains que l’amiral Kurita se retirait à nouveau, sous la pression de leurs destroyers et de leurs attaques aériennes. Mais cette illusion s’est vite dissipée.

Les porte-avions d’escorte de l’amiral Kinkaid ont alors été soumis à la première attaque organisée de kamikazes -des pilotes suicides qui se faisaient sauter sur les navires ennemis avec un chargement de bombes. A l’occasion de cette première attaque, les kamikazes ont réussi à couler un porte-avion d’escorte et à en endommager plusieurs autres.

Afin d’éviter que ses avions soient coulés avec ses porte-avions d’escorte, l’amiral Kinkaid leur a ordonné d’aller se poser sur l’île de Leyte. Ce message a été intercepté par les Japonais. L’amiral Kurita a interprété ce message comme étant la préparation d’attaques aériennes plus intensives depuis des bases terrestres. Comme lui-même ne disposait d’aucune couverture aérienne, ce message l’a inquiété. Quelques minutes plus tard, l’amiral Kurita a reçu un rapport concernant l’interception d’un message en clair expédié, à 09h00, par l’amiral Kinkaid à l’amiral Hasley, pour lui demander de faire demi-tour. Comme l’amiral Kurita n’avait pas de contact avec l’amiral Ozawa, il ignorait à quelle distance l’amiral Halsey avait été entraîné. L’heure d’interception du message impliquait apparemment que, depuis déjà trois heures, l’amiral Halsey avait dû faire demi-tour. L’avant-garde de sa flotte devait se rapprocher dangereusement du détroit de San Bernardino, qui représentait la voie de retraite des cuirassés japonais.

Surestimant l’imminence de l’arrivée de la flotte de l’amiral Halsey, l’amiral Kurita a décidé d’abandonner son attaque contre le golfe de Leyte et de foncer vers le Nord, pour affronter l’avant-garde de l’amiral Hasley, avant que le gros de sa flotte lui ait coupé la retraite. Plusieurs attaques aériennes l’ont retardé, en obligeant ses navires à manœuvrer en lacets pour éviter les bombes et les torpilles aériennes. Vers 10h00, en atteignant le détroit de San Bernardino, l’amiral Kurita n’y a trouvé aucun navire américain. Il a alors décidé de s’esquiver, avec ses cuirassés, en direction de l’Ouest.

A 11h15, l’amiral Halsey a reçu un nouvel appel de l’amiral Kinkaid. Les avions de l’amiral Halsey venaient de toucher sévèrement l’escadre de porte-avions de l’amiral Ozawa. L’amiral Halsey a renoncé à l’achever et est revenu à toute vapeur vers le golfe de Leyte. Mais il avait été entraîné tellement au Nord qu’il ne pourrait pas atteindre le golfe de Leyte avant le lendemain matin. Quant aux porte-avions rameutés depuis les îles Carolines, il leur faudrait encore plusieurs heures avant d’être assez proches pour lancer des attaques aériennes contre les cuirassés de l’amiral Kurita.

Conclusion

Si on considère comme un tout les quatre actions distinctes, la « bataille du golfe de Leyte », ainsi qu’elle a été dénommée, était la plus grande bataille navale de tous les temps. Au total, 282 navires y ont été engagés, ainsi que des centaines d’avions. Les pertes de la Marine japonaise se sont élevées à 4 porte-avions, 3 cuirassés, 6 croiseurs lourds, 3 croiseurs légers et 8 destroyers. Les Américains ont perdu 1 porte-avion léger, 2 porte-avions d’escorte et 3 destroyers.

Le facteur le plus décisif de la bataille a été la destruction des 4 porte-avions de l’amiral Ozawa. Sans porte-avions, les 6 cuirassés japonais restant étaient désarmés face aux attaques aériennes et ils n’ont eu plus aucune influence positive sur le cours de la guerre. Désormais, la flotte japonaise était inutile.

Un Grumman F6F Hellcat

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source