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samedi 25 mars 2017
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AFP, 21 juillet 2004

Irak : Nouveaux otages


SOFIA (AFP) - La Bulgarie et la Pologne ont sèchement refusé, mercredi 21 juillet 2004, de céder à un groupe, apparemment lié à Al-Qaïda, qui a menacé le même jour d’attaquer les deux pays s’ils ne retiraient pas leurs troupes d’Irak.


Un site internet islamiste a publié un communiqué, attribué à un groupe proche du terroriste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, mais dont l’authenticité était impossible à vérifier, exigeant "pour la dernière fois" de Sofia et de Varsovie le retrait des contigents qu’ils entretiennent en Irak. "Nous vous demandons pour la dernière fois de retirer vos troupes d’Irak (...) sinon nous transformerons la Bulgarie en mare de sang", a menacé un "groupe al-Tawhid islamique" en se réclamant de l’"organisation d’Al-Qaïda en Europe". "Le gouvernement bulgare croisé, allié des Américains, (...) ne connaît que le langage du sang qui s’exprimera comme si c’était en Espagne, à Washington et New York", a poursuivi le groupe dans son communiqué.

Il a parallèlement exigé de la Pologne, et "en particulier de son Premier ministre Marek Belka", de "retirer ses troupes d’invasion ou d’en payer le prix, à l’instar de ce qui s’est passé en Espagne". "Retire tes troupes d’Irak ou bien nous te ferons écouter le son des explosions", ajoute le groupe à l’adresse de M. Belka.

Ces menaces ont été sèchement rejetées par Sofia et Varsovie, qui se refusent à tout compromis avec les groupes terroristes. A Berlin, où il était en visite officielle, le président bulgare Gueorgui Parvanov a lancé que son pays "céderait pas devant les terroristes". "Nous sommes prêts à leur résister. Céder face aux terroristes ne ferait qu’encourager de nouvelles attaques terroristes", a-t-il ajouté. "Je ne peux pas accepter (ces menaces) comme une demande parce que toute demande doit avoir un auteur concret", a ajouté à Sofia le ministre bulgare de la Défense Nikolaï Svinarov. Mais "nous prenons très au sérieux de telles menaces", a-t-il indiqué.

"Nous maintenons notre position exprimée à maintes reprises qu’il ne faut jamais entreprendre d’action sous la pression des terroristes. Il ne faut jamais leur céder", a pour sa part déclaré à Varsovie le vice-ministre de la Défense Janusz Zemke, tandis que M. Belka consultait ses services spéciaux.

"Après que les Philippines se furent couchées, il fallait s’attendre à ce que des menaces avec une demande de retrait (des troupes) soient adressées également aux autres pays" membres de la coalition en Irak, a estimé le général Ivan Tchobanov, chef des services bulgares de sécurité, dans une interview à l’agence privée bulgare Focus. "Les organisations terroristes essaient d’ébranler la coalition", a pour sa part déclaré le chef d’état-major de l’armée bulgare, le général Nikola Kolev, à la télévision nationale.

Un chauffeur de camion philippin retenu otage en Irak a été libéré mardi à Bagdad, quelques heures après que Manille eut parachevé le retrait de son contingent d’Irak, provoquant l’ire de Washington.

Un routier bulgare est toujours détenu en Irak par le groupe Tawhid wal Jihad ("Unification et guerre sainte") d’Abou Moussab al-Zarqaoui, qui avait tué la semaine dernière un autre chauffeur bulgare. Après cette exécution, Sofia avait annoncé le maintien de son contingent en Irak.

La Pologne, alliée de Washington depuis le début de la crise irakienne, administre l’une des quatre zones en Irak à la tête d’une division de quelque 6500 hommes dont 2500 soldats polonais et 470 bulgares. Le contingent bulgare est chargé d’assurer la sécurité de Kerbala, ville sainte chiite au sud de Bagdad.

Sur le terrain, au moins huit personnes sont mortes, mercredi 21 juillet 2004 après-midi, dans l’explosion de deux voitures piégées, une à Ramadi et une à Bagdad, ainsi que dans un tir sur un hôpital de la capitale irakienne.

La première explosion a tué trois personnes à 15h30 près d’un hôpital pédiatrique de Ramadi qui a connu avant et après l’attentat des accrochages entre soldats américains et rebelles armés. "Trois frères, Sattar, Moustapha et Youssef Khalil ont été tués dans l’explosion d’une voiture piégée", a déclaré le Dr Assad Alioui, de l’hôpital général de Ramadi.

Le deuxième attentat a eu lieu à Bagdad Jedida, quartier du sud-est de la ville, a annoncé à l’AFP un officier de police sur place, précisant qu’il s’agissait d’une voiture piégée. "Trois personnes ont été tuées par une voiture piégée qui a explosé il y a une demi-heure", a-t-il ajouté peu avant 18h00 (14h00 GMT).

Par ailleurs, deux personnes ont été tuées et quatre autres blessées quand un projectile a frappé le 7ème étage de l’hôpital Adnane Khairallah, dans le centre de Bagdad, selon deux médecins de l’établissement. Le Pr Mokhtar s’est indigné de l’attaque, l’une des rares contre un établissement hospitalier irakien depuis le début des violences qui ont suivi la guerre en Irak en mars 2003.

En outre, à Samarra, au moins cinq personnes sont mortes au cours d’affrontements entre rebelles et soldats américains.

A Kirkouk, un policier a été tué et quatre blessés lors d’une attaque à la roquette antichar.

A Doulouiyah, une bombe placée sur une route a explosé au passage d’un convoi américain, tuant un soldat et en blessant six.

Un groupe détient six otages en Irak (Al-Arabiya)

La télévision satellitaire arabe Al-Arabiya a diffusé, mercredi 21 juillet 2004, une vidéo d’un groupe se faisant appeler "les drapeaux noirs", affirmant avoir pris en otages trois Indiens, deux Kenyans et un Egyptien qu’il menace de tuer si leur employeur koweïtien ne se retire pas d’Irak.

"Nous annoncons avoir pris en otage deux Kenyans, trois Indiens et un Egyptien", déclare l’un des hommes armés sur cet enregistrement vidéo. Il ajoute que l’entreprise pour laquelle ils travaillent doit se retirer d’Irak et fermer ses bureaux dans ce pays, menaçant de tuer un otage toutes les 72 heures si elle ne le fait pas.La vidéo montre un otage présenté comme étant un Egyptien identifié sous le nom de Mohammed Ali Sanad qui demande à son employeur de quitter l’Irak.

Agence France Presse

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