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mounadil.wordpress.com, 18 avril 2013

Histoire : Ce que Franklin Delano Roosevelt disait sur les juifs en privé

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par Rafael MEDOFF


Vue de Hester Street, coeur du ghetto juif, à New York, en 1903

Ses sentiments personnels à l’égard des juifs pourraient expliquer en partie la réaction circonspecte des Etats Unis face à l’holocauste. En mai 1943, le président Franklin Delano Roosevelt a rencontré le premier ministre britannique, Winston Churchill, à la Maison Blanche. C’était dix-sept mois après Pearl Harbour et un peu plus d’un an avant le Jour-J. Les deux leaders alliés ont évalué l’effort de guerre en cours et échangé des idées sur leurs plans pour l’après-guerre. A un moment de la discussion, Franklin Delano Roosevelt avait présenté ce qu’il appelait « la meilleure manière de régler la question juive ».


Franklin Delano Roosevelt

Le vice président, Henry Wallace, qui avait consigné la conversation dans son journal, observe que Franklin Delano Roosevelt avait évoqué sur un ton approbateur un plan (recommandé par Isaiah Bowman, géographe et président de l’université John Hopkins) consistant à éparpiller les juifs dans le monde entier ». L’entré du journal ajoute : « Le président disait avoir essayé [ce plan] dans le Comté de Meriwether en Géorgie [où Franklin Delano Roosevelt résidait dans les années 1920] et à Hyde Park sur la base de l’adjonction de cinq familles juives dans chaque endroit. Il soutenait que la population locale ne ferait pas d’objection s’il n’y en avait pas plus que ça ». Ce passage sur la « meilleure manière » selon Franklin Delano Roosevelt est condescendante et déplaisante et, si elle était venue de quelqu’un d’autre, aurait sans doute été considérée comme antisémite. Mais plus encore, le soutien de Franklin Delano Roosevelt à l’idée « d’éparpiller les juifs » est peut-être la clef qui permet de comprendre quelque chose qui a été au centre d’une controverse pendant des décennies : la réaction circonspecte du gouvernement américain à l’holocauste.

Voila le paradoxe. Le système d’immigration des Etats Unis avait sévèrement limité le nombre de juifs allemands pendant les années du nazisme à environ 26000 par an –mais même ce quota n’a étét atteint qu’à hauteur de 25 % pendant la plus grande partie de l’époque hitlérienne, parce que l’administration Roosevelt avait ajouté de nombreux critères supplémentaires exigés de candidats à l’immigration. Par exemple, à partir de 1941, le simple fait d’avoir laissé un proche parent en Europe pouvait être suffisant pour disqualifier un candidat à l’immigration –à partir de l’idée absurde que les nazis pourraient menacer le parent resté en arrière et par ce biais forcer l’immigrant à espionner pour Hitler. Pourquoi le gouvernement des Etats Unis s’employait-il activement à décourager et à disqualifier les juifs candidats à l’immigration aux Etats Unis ? Pourquoi le président n’avait-il pas instruit directement son Département d’Etat (qui administrait le système d’immigration) de remplir les quotas pour l’Allemagne et les pays occupés par les puissances de l’Axe jusqu’à la limite légale ? A elle seule, cette disposition aurait sauvé 190000 vies. Elle n’aurait pas nécessité d’affronter le Congrès ou des forces hostiles à l’immigration ; elle n’aurait entraîné qu’un risque politique minime pour le président.

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