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AFP, 18 avril 2013

Corruption : Karim Wade en prison avec sept complices

par Malick ROKHY


Vue de Dakar

Karim Wade, inculpé, mercredi 17 avril 2013, "d’enrichissement illicite" pendant le règne de son père, Abdoulaye Wade, président du Sénégal de 2000 à 2012, a passé sa première nuit en prison où il pourrait rester plusieurs mois, une "décision "politique", selon ses partisans qui entendent se mobiliser.


Sénégal

Karim Wade avait été mis en demeure, le 15 mars 2013, après une audition par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), de justifier dans un délai d’un mois ses avoirs qui proviendraient de sociétés dont l’ancien ministre serait le "propriétaire" ainsi que de "voitures", de "propriétés immobilières" et de comptes bancaires. Le procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, Alioune Ndao, a indiqué avoir ordonné son arrestation et sa garde à vue, n’ayant pas été "convaincu de la pertinence" de ses réponses sur l’origine de son patrimoine. Son adjoint avait ajouté que l’enquête avait permis de mettre à jour une "véritable ingénierie financière frauduleuse" mise en place par Karim Wade, interdit depuis novembre 2012 de sortie du territoire sénégalais avec six autres anciens dignitaires. Il est aussi visé par une enquête en France à la suite d’une plainte de l’Etat du Sénégal pour recel de détournement de fonds publics, recel d’abus de biens sociaux et corruption.

Karim Wade

Surnommé "ministre du ciel et de la terre", le fils de l’ex-président Wade, qui voyait en lui son successeur naturel en dépit de son impopularité, avait été interpellé, lundi 15 avril 2013, à Dakar, par les gendarmes, et placé en garde à vue. Karim Wade, 44 ans, a rejoint peu avant minuit, mercredi 17 avril, la prison de Rebeuss, dans le centre de Dakar, en bordure de mer, sous une forte escorte de policiers et de gendarmes, selon des témoins. L’ancien "super ministre" venait d’être inculpé "d’enrichissement illicite" par un juge de la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, une juridiction spéciale. Quelques heures auparavant, ses avocats avaient remis au parquet de la Cour de répression de l’enrichissement illicite des justificatifs d’un patrimoine évalué par cette cour à plus d’un milliard d’euros. Sept personnes ont été inculpées de "complicité d’enrichissement illicite" et également "placées sous mandat de dépôt", selon une source au ministère de la Justice. Il s’agit de Ibrahim Aboukhalil Bourgi dit Bibo, homme d’affaires sénégalais d’origine libanaise, de Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba, deux responsables de la société aéroportuaire d’assistance au sol, Aviation handling service (AHS Sénégal), du journaliste Omar Diallo dit Cheikh Diallo, ancien conseiller en communication de Karim Wade et responsable d’un quotidien privé local, et d’un ancien responsable d’Aéroports du Sénégal (ADS), Mbaye Ndiaye. Deux autres personnes, Alioune Samba Diassé et Alioune Konaré, figurent également parmi les "complices" de M. Wade selon la même source. La loi sénégalaise sur l’enrichissement illicite, stipule que la Commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite "procède à l’instruction du dossier, qui ne peut excéder six mois". En théorie, Karim Wade peut rester incarcéré tout au long de l’instruction. A l’issue de celle-ci, la Commission rend un arrêt de non-lieu ou de renvoi devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite, cour spéciale créée en 1981 par l’ancien président Abdou Diouf (1980-2000), restée en sommeil pendant plusieurs années et réactivée par Macky Sall qui a succédé en mars 2012 à Abdoulaye, resté au pouvoir douze ans.

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