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jeudi 17 août 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 47

La libération des Philippines (1ère partie)


Un F4U Corsair

La décision des Japonais de se battre pour l’île de Leyte, et d’en faire le cœur de leur défense des Philippines, a été prise trop tard pour permettre aux renforts de Luçon -près de 3 divisions- d’arriver sur l’île avant que les Américains aient pu élargir leur tête de pont.

Le débarquement américain sur l’île de Leyte


Attaquant d’abord à partir des plages de débarquement, les Américains se sont emparés des aérodromes voisins de Dulag et Tacloban, sur la côte Est de l’île de Leyte. Puis les Américains se sont étendus sur leurs deux ailes, atteignant, le 2 novembre 1944, la baie de Carigara, sur la côte Nord, et Abuyog, à mi-chemin sur la côte Est. Ces avances ont permis aux Américains de s’emparer de cinq aérodromes japonais et ont semé la confusion au sein de la seule division japonaise alors dans l’île. De plus, ces avances ont jeté par terre le plan du général Suzuki -commandant de la 35ème armée japonaise-, qui était de concentrer ses divisions de renfort dans la plaine de Carigara.

Des soldats américains contemplent le cadavre d’un sniper japonais

Le général Krueger -commandant des troupes américaines débarquées à Leyte- avait désormais l’intention d’exécuter un double mouvement de contournement des deux extrémités de l’épine dorsale montagneuse de Leyte, afin de s’emparer de la principale base japonaise, située à Ormoc, sur la côte Ouest. Avant de lancer ce mouvement concentrique, le général Krueger a voulu attendre la remise en état des aérodromes occupés, pour que l’aviation puisse appuyer sa manœuvre. Mais les réparations ont été retardées par des pluies torrentielles.

Le 9 novembre 1944, 2 divisions de renfort japonaises ont débarqué à Ormoc. D’autres renforts ont suivi et, malgré les lourdes pertes infligées à leurs navires de transport et d’escorte, début décembre, les Japonais avaient réussi à porter leurs effectifs dans l’île de Leyte de 15000 à 60000 hommes. Mais, à cette date, les effectifs du général Krueger avaient été portés à plus de 180000 hommes.

Un navire de transport japonais est bombardé par l’aviation américaine

Le 25 novembre 1944, depuis le cuirassé USS New Jersey, on observe un kamikaze qui s’abat sur le porte-avion USS Intrepid

Route de montagne

Convoi de ravitaillement

Le 7 décembre 1944, pour hâter la progression de ses forces, le général Krueger a débarqué l’une de ses divisions fraîches sur la côte Ouest, juste au Sud d’Ormoc, multipliant ainsi par deux la tâche des défenseurs japonais.

Le destroyer USS Ward, atteint par un kamikaze, le 7 décembre 1944

Des soldats américains sur l’île de Leyte

Le 10 décembre, les Américains occupaient Ormoc sans rencontrer beaucoup d’opposition.

A partir de ce moment-là, les Japonais, affamés, se sont rapidement effondrés. A Noël 1944, toute résistance avait cessé sur l’île de Leyte. Le général Yamashita, commandant des troupes japonaises aux Philippines, a ainsi été amené à reprendre son plan original, qui prévoyait de concentrer l’effort définitif dans l’île de Luçon, mais il se retrouvait dans des circonstances bien plus mauvaises et avec des forces bien plus réduites.

Tomoyuki Yamashita

Au cours de ces trois semaines cruciales, 3 groupes de porte-avions rapides de la 3ème flotte américaine, commandée par l’amiral Halsey, sont restés à proximité immédiate des Philippines, pour fournir un appui permanent aux troupes du général MacArthur -commandant des forces alliées dans la zone du Sud-Ouest Pacifique. Les navires de la 3ème flotte ont subi des attaques de kamikazes de plus en plus nombreuses. Ces attaques de kamikazes ont provoqué des dommages considérables. Au cours de la dernière semaine de novembre 1944, 2 porte-avions ont dû être retirés pour subir des réparations importantes.

Un kamikaze s’écrase sur le porte-avions USS Essex, le 25 novembre 1944

La conquête de l’île de Mindoro

En préliminaire à l’invasion de son objectif principal -l’île de Luçon-, le général MacArthur -commandant des forces alliée dans la zone du Sud-Ouest Pacifique- a décidé de s’emparer de l’île de Mindoro, située dans une zone intermédiaire, afin d’y établir des aérodromes à partir desquels ses avions de la 5ème US Air Force pourraient protéger l’approche de Luçon.

Des porte-avions américains soutenant l’attaque contre l’île de Mindoro

C’était là une opération risquée, puisque l’île de Mindoro se trouvait à près de 500 kilomètres du golfe de Leyte, alors qu’elle était beaucoup plus proche des aérodromes japonais de Luçon, en particulier de ceux qui étaient groupés autour de Manille. Mais la garnison de Mindoro ne comptait qu’une centaine d’hommes et les 4 aérodromes abandonnés par les Japonais ont été occupés quelques heures après le débarquement, le 15 décembre 1944. Avant la fin du mois, ces aérodromes avaient été remis en service et les avions américains ont pu s’y poser.

Durant toutes ces opérations, les porte-avions de la 3ème flotte de l’amiral Halsey ont bombardé les aérodromes japonais de Luçon et y ont maintenu en permanence une « ombrelle » de chasseurs, afin d’empêcher les bombardiers japonais de décoller pour attaquer les Américains dans le secteur de Mindoro.

Le LST-738, atteint par un kamikaze, au large de l’île de Mindoro, le 15 décembre 1944

Suite dans La libération des Philippines (2ème partie)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source