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jeudi 23 février 2017
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AFP, AP, 23 juillet 2004

Irak : Le Kenya optimiste à propos des otages


Un véhicule irakien percute un char américain : neuf Irakiens tués. Le chef chiite radical Moqtada Sadr prononce un sermon, critique pour Iyad Allaoui. Le Kenya "très optimiste" sur la libération des otages. Un général irakien à la retraite abattu par des hommes armés à Mossoul.


Neuf Irakiens ont été tués et dix autres blessés lorsque le véhicule dans lequel ils se trouvaient, jeudi 22 juillet 2004 au soir, au nord de Bagdad, a percuté un char américain, a annoncé vendredi un porte-parole de l’armée américaine à l’AFP.

Le porte-parole a précisé que le véhicule transportait au moins 19 personnes et que l’accident s’était produit vers 22h00 (18h00 GMT) au nord de Taji, à 27 km au nord de la capitale irakienne. "C’est tout ce que nous savons pour l’instant et une enquête a été ouverte concernant cet incident", a-t-il précisé.

Le chef chiite radical Moqtada Al-Sadr prononce un sermon, critique pour Iyad Allaoui

Le chef chiite radical Moqtada Al-Sadr a prononcé un sermon à la mosquée de Koufa, vendredi 23 juillet 2004, son premier depuis deux mois, et a critiqué le Premier ministre Iyad Allaoui. "Allaoui, je te le demande, quel droit as-tu de donner l’ordre de réouvrir le journal Hawza, si ce n’est pas toi qui l’a fermé en premier lieu ?", a déclaré le chef chiite à ses fidèles. "Qu’il aille au diable, et que l’occupant aille au diable", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre du gouvernement intérimaire Iyad Allaoui a ordonné, dimanche 18 juillet, la levée de l’interdiction qui frappait l’hebdomadaire Al-Hawza Al-Natiqa de Moqtada Al-Sadr, une interdiction qui avait été imposée par l’ancien administrateur américain Paul Bremer à la fin mars 2004, pour incitation à la violence.

Le Kenya "très optimiste" sur la libération des otages

Le Kenya est "très optimiste" concernant la libération de sept chauffeurs routiers étrangers -trois Kényans, trois Indiens et un Egyptien- pris en otages, mercredi 21 juillet, en Irak, par un groupe islamiste qui menace de les exécuter, a indiqué, vendredi 23 juillet 2004, le porte-parole du gouvernement. "Nous sommes très optimistes sur la libération des otages", a déclaré par téléphone le porte-parole Alfred Mutua.

Le groupe, nommé "Drapeaux noirs", menace d’en exécuter un tous les trois jours si la société koweïtienne qui les emploie ne se retire pas d’Irak. "Le propriétaire de la société nous a indiqué qu’il était disposé à remplir les exigences des ravisseurs", a ajouté le porte-parole. Jeudi, le gouvernement kényan avait appelé tous ses ressortissants à quitter immédiatement l’Irak.

Dans le même temps, l’organisation représentant les musulmans au Kenya a appelé, vendredi 23 juillet 2004, à la libération de tous les otages. "Nous appelons les ravisseurs à libérer ces hommes immédiatement car ils sont innocents", a indiqué à l’AFP le président du Conseil suprême des musulmans kényans (Supkem, Supreme Council of Kenyan Muslims) le professeur Abdelghafur Busaidy. Les otages "ne comprennent même pas la guerre en Irak, il ne sont pas partie prenante (dans le conflit). Ils sont seulement allés là-bas pour gagner leur vie", a-t-il ajouté.

Environ un tiers des 30 millions d’habitants du Kenya sont musulmans, tout comme les trois otages kényans. "Travailler en Irak ou au Koweit pendant cette période de l’année, c’est l’enfer car la température est très élevée", a-t-il rappelé, soulignant "qu’ils avaient besoin de gagner de l’argent et nourrir leurs familles".

Il a par ailleurs exhorté la société koweïtienne qui emploie les chauffeurs de camion enlevés, la Kuwait and Gulf Link Transport Company, à satisfaire les demandes des ravisseurs, c’est-à-dire à se retirer d’Irak et à ne plus envoyer des non-Irakiens pour y travailler.

Dans leur édition de vendredi 23 juillet 2004, les quatre principaux quotidiens du Kenya ont lancé un appel pour la libération des trois chauffeurs, insistant sur le fait que leur pays ne fait pas partie de la coalition militaire en Irak. A la une des journaux, les photos des trois chauffeurs sont publiées, avec quelquefois celles de leurs femmes, soulignant la vive émotion que cette prise d’otages a suscitée dans l’ancienne colonie britannique, pays le plus riche et le plus stable d’Afrique de l’est.

"Le Kenya n’a pas de soldats ou de sociétés faisant des affaires là-bas pour le compte des Etats-Unis ou d’un autre pays impliqué militairement dans la seconde guerre du Golfe", écrit l’East African Standard (indépendant) dans un éditorial intitulé : "Epargnez les Kényans, nous ne sommes pas en guerre". "Les Kényans travaillant en Irak sont des gens audacieux qui ont vu qu’il y avait une opportunité et l’ont saisie et qui ne font pas partie d’opérations militaires", poursuit le journal.

Le Kenya Times (opposition) a lui aussi appelé à la libération des otages. Mais si "on doit combattre le terrorisme dans le monde, les exigences des terroristes ne doivent pas être honorées car cela les renforcerait", avertit le journal. Le quotidien souligne que lors des prises d’otages, "l’opinion publique a tendance à mettre la pression sur le gouvernement" des pays concernés.

Le journal The People (indépendant) se demande pour sa part pourquoi "le Kenya se trouve toujours mêlé" aux grandes crises internationales, que cela soit la lutte contre le terrorisme ou la guerre en Irak, alors que Nairobi était contre une opération militaire en Irak sans le feu vert préalable de l’ONU.

Agence France Presse

Un général irakien à la retraite abattu par des hommes armés à Mossoul

MOSSOUL, Irak (AP) - Un général irakien à la retraite qui avait travaillé pour l’Autorité provisoire de la coalition a été tué par des hommes armés, vendredi 23 juillet 2004, alors qu’il se rendait à la mosquée dans un quartier sud de Mossoul, dans le nord de l’Irak, selon le capitaine Ahmed Subhi de la police de la ville. Un voisin qui se trouvait avec lui a également été tué.

Le général Salim Majid Blesh, 58 ans, était un ancien haut commandant de l’armée irakienne qui avait été en charge du bureau pour l’emploi installé à Mossoul par la coalition qui recrutait des Irakiens pour des travaux de reconstruction notamment. L’autre victime a été identifiée comme Sami Nouri, 68 ans, l’un de ses voisins.

Associated Press

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