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dimanche 26 mars 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 54

La contre-attaque allemande vers Budapest


Un bombardier américain A-20C Havoc en service dans l’armée de l’air soviétique

Joseph Staline avait informé ses alliés occidentaux qu’il lancerait une nouvelle offensive, à partir de la Vistule, vers la mi-janvier 1945, pour coïncider avec leur attaque prévue sur le Rhin -et maintenant retardée à cause de la contre-offensive allemande dans les Ardennes.

A l’Ouest, les milieux autorisés ne fondaient pas de grandes espérances sur l’offensive soviétique. Certaines réserves des Soviétiques, au sujet des conditions météorologiques hivernales, l’absence persistante de renseignements appropriés sur les forces soviétiques, et le long temps d’arrêt observé depuis l’arrivée de l’Armée Rouge sur la Vistule, à la fin de juillet 1944, avaient contribué à faire renaître une tendance à sous-estimer les possibilités des Soviétiques.

Des mécaniciens britanniques préparent des Spitfires destinés à l’armée de l’air soviétique


Côté allemand, avant la fin de décembre 1944, des rapports inquiétants sont parvenus au général Guderian -qui venait d’être nommé chef d’état-major de l’armée. Le général Gehlen -chef de la section des services de Renseignements de l’armée chargée des « armées étrangères de l’Est », déclarait que 225 divisions d’infanterie et 22 corps d’armée blindés soviétiques avaient été identifiés sur le front entre la mer Baltique et les Carpates, rassemblés et prêts à attaquer. En tant que théoricien de la guerre mécanisée, le général Guderian avait compris que la défense rigide était inutile, et que la seule chance de contrer une percée résidait dans une contre-attaque des réserves blindées allemandes.

Reinhard Gehlen

Mais lorsque le général Guderian a communiqué ces renseignements sur les préparatifs massifs des Soviétiques, Adolf Hitler a refusé de le croire. Il préférait se fier aux rapports d’Heinrich Himmler et des services de Renseignements SS. Adolf Hitler a rejeté l’idée d’arrêter la contre-offensive des Ardennes et de transférer des troupes sur le front oriental. Selon lui, il était d’une importance capitale de garder, sur le front Ouest, une initiative qu’il avait « maintenant reprise ». En même temps, Adolf Hitler a refusé d’autoriser le général Guderian d’évacuer par bateau le groupe d’armées désormais isolé dans les Etats baltes, mais susceptible de renforcer les portes de l’Allemagne.

Heinz Guderian

Pour couronner le tout, en rentrant à son QG, le général Guderian s’est aperçu qu’en son absence Adolf Hitler avait ordonné à 2 divisions de Panzer stationnées en Pologne de se rendre en Hongrie, pour tenter de dégager Budapest encerclée par les Soviétiques. Cette décision ne laissait au général Guderian que 12 divisions de réserve mobile pour appuyer les 50 faibles divisions d’infanterie étirées sur un front principal de plus de 1100 kilomètres de long.

Un Tiger

Un Panther

Un SU-85 soviétique capturé par les Allemands

Un Jagdpanther

Des soldats allemands déplacent un canon de 88 mm

Un Marder 2

Un Nashorn

Jagdpanzer 38(t) en Hongrie au cours de l’été 1944

Un SdKfz. 251 en Hongrie au cours de l’été 1944

Un soldat allemand armé d’un Panzerfaust

La contre-attaque allemande vers Budapest

Les doutes entretenus par les Occidentaux, quant aux capacités offensives des Soviétiques, ont été renforcés par la nouvelle de la contre-offensive allemande en direction de Budapest assiégée. Les chances attribuées à cette offensive ont été multipliées par le choc que les alliés occidentaux venaient de subir dans les Ardennes. Pendant plusieurs jours, l’attaque allemande en direction de Budapest a fait des progrès inquiétants. Partie de Komorn, une soixantaine de kilomètres à l’Ouest de la capitale hongroise, elle a franchi plus de la moitié de la distance qui la séparait de la garnison encerclée. Mais, ensuite, face à une opposition grandissante, la persistance de l’attaque a fait tourner l’offensive au coûteux désastre.

Des Messerschmitt 110 au-dessus de Budapest, en Hongrie

Les conséquences indirectes de l’échec des Allemands à Budapest ont été encore plus graves. La capacité de résistance de la garnison allemande de Budapest avait encouragé la tendance caractéristique d’Adolf Hitler d’interdire tout repli au moment favorable. Après l’encerclement de ses forces à Budapest, son inquiétude face à la perspective de subir un nouveau Stalingrad lui avait inspiré une nouvelle décision, qui a été la source de plus graves ennuis. En effet, lorsque les 2 divisions de Panzer stationnées en Pologne -en prévision de l’offensive soviétique- ont été enlevées, pour tenter de dégager Budapest, Adolf Hitler a refusé tout repli compensatoire de la ligne de la Vistule avant le déclenchement de l’attaque soviétique. Sa ligne de défense affaiblie a été contrainte de subir tout le choc de l’attaque, au lieu de l’amortir par un repli en temps utile. Une fois de plus, les avantages psychologiques de la politique de résistance rigide « à tout prix » ont été largement contrebalancés par ses inconvénients stratégiques, qui ont entraîné une faillite totale.

Les cadavres des patients et des médecins d’un hôpital juif à Budapest

Préparatifs soviétiques

Le haut commandement soviétique était maintenant bien préparé à exploiter les faiblesses fondamentales de la situation allemande. Se rendant parfaitement compte de l’importance décisive d’un élan soutenu et du handicap que représentaient des communications trop étirées, il a retardé son attaque jusqu’à ce que les voies ferrées qui couraient derrière le nouveau front aient été réparées et converties à l’écartement large des chemins de fer soviétiques. D’abondantes quantités de ravitaillement ont été accumulées dans les stations de dépôt.

Le premier objectif des Soviétiques était la conquête de la Haute-Silésie, la seule zone industrielle allemande encore intacte et à l’abri des bombardements alliés. Atteindre cet objectif nécessitait une avance de 160 kilomètres à partir de la tête de pont de Baranov, sur la Vistule, en Pologne méridionale. Mais Joseph Staline et son chef d’état-major, le maréchal Vasilevsky, avaient des ambitions plus vastes. Ils avaient les yeux fixés sur l’Oder et, au-delà de ce fleuve, sur Berlin, à près de 500 kilomètres de la ligne du front dans le secteur de Varsovie.

Aleksander Mikhaylovich Vasilevsky

En étendant l’ampleur de leur offensive, les Soviétiques allaient profiter de l’immense espace de manœuvre. Cette amélioration de leur capacité de manœuvre était plus importante que la supériorité numérique des Soviétiques, à près de 5 contre 1. L’arrivée d’un flot croissant de camions américains avait permis aux Soviétiques de motoriser une plus grande partie de leurs brigades d’infanterie et de multiplier ainsi, grâce à l’augmentation de leur propre production de tanks, le nombre de corps d’armée blindés et mobiles destinés à exploiter une percée. En même temps, le nombre croissant de tanks Staline augmentait leur force de frappe. Ces tanks étaient dotés d’un canon de 122 mm, alors que le Tiger allemand avait un canon de 88 mm. Les tanks Staline avaient également un blindage plus épais que les Tiger -mais moins épais que les Königtiger.

Un tank soviétique Joseph Staline JS-2

Un canon automoteur soviétique JSU-152

Un canon automoteur soviétique JSU-122

Un T-34-85

Avant le commencement de la nouvelle campagne, les « fronts » soviétiques ont été réorganisés et les trois plus grands généraux soviétiques ont été placés à la tête des principales avances. Le maréchal Koniev commandait le 1er front d’Ukraine, en Pologne méridionale. Le maréchal Joukov a été mis à la tête du 1er front de Biélorussie. Le maréchal Rokossovsky commandait le 2ème front de Biélorussie, sur la Narev, au Nord de Varsovie.

Konstantin Konstantinovich Rokossovsky

Suite dans La ruée soviétique de la Vistule à l’Oder (janvier-février 1945)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source