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AFP, 27 juillet 2004

Soudan : "Triple urgence" au Darfour, selon le ministre français des Affaires étrangères


Une réfugiée soudanaise et son enfant à l’hôpital d’El-Fasher, le 24 juin 2004

DAKAR (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a estimé lundi à Dakar qu’il y avait une "triple urgence" humanitaire, de sécurité et politique au Darfour (Soudan), au début d’un voyage marathon de trois jours en Afrique.

Soudan


M. Barnier, qui venait de s’entretenir avec le président sénégalais Abdoulaye Wade, a déclaré que la France était "très motivée par cette triple urgence : ce sont d’abord les hommes, les femmes et les enfants qu’il faut sauver. Il y a ensuite l’urgence de la sécurité. Nous souhaitons continuer à soutenir les efforts de l’Union africaine (UA)", a-t-il dit. "Il y a ensuite l’urgence politique. Il faut faire en sorte que toutes les parties reviennent à la table de négociation", a-t-il ajouté.

Michel Barnier à Dakar, le 26 juillet 2004

Michel Barnier a quitté Paris, lundi 26 juillet 2004, pour Dakar, première étape d’une tournée africaine qui le mènera au Darfour (Soudan), au Tchad et en Afrique du Sud.

Des rebelles soudanais dans la région frontalière du Tchad

La principale étape de ce voyage marathon de trois jours sera El Facher, au Darfour, où il arrivera mardi 27 juillet 2004, et qui est le théâtre d’une crise humanitaire et politique majeure. Il visitera le camp de réfugiés d’Abou Shouk au moment où la communauté internationale se mobilise pour prévenir une catastrophe humanitaire dans cette région où s’affrontent depuis début 2003 des milices arabes, soutenues par le gouvernement soudanais, et des mouvements rebelles.

Le camp de réfugiés d’Abu Shok, au Soudan, le 25 juin 2004

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont appelé, lundi 26 juillet 2004, à Bruxelles, l’ONU à menacer le Soudan de sanctions si Khartoum ne remplit pas rapidement ses obligations pour désarmer les milices accusées de perpétrer des exactions au Darfour.

"Il n’y a aucune indication que le gouvernement du Soudan ait pris des mesures concrètes et vérifiables pour désarmer et neutraliser les milices armées, y compris les djandjawids", ont affirmé les chefs de la diplomatie des 25 dans des conclusions adoptées à l’issue de leur réunion, lundi 26 juillet 2004. "Malgré les déclarations contraires du gouvernement du Soudan, il continue d’y avoir des informations faisant état de violations massives des droits de l’homme par les milices armées (...) y compris le viol systématique des femmes", ont-ils ajouté, en se disant "extrêmement préoccupés" par la situation sur le terrain.

Bombardement du village de Tine par l’aviation soudanaise, le 26 janvier 2004

Les ministres ont ainsi appelé "le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter une résolution sur d’autres mesures à prendre, y compris l’imposition de sanctions, si le gouvernement du Soudan ne respecte pas immédiatement ses obligations et engagements". "Ils (les autorités du Soudan) savent que des sanctions sont imminentes s’ils ne respectent pas leurs obligations", a averti de son côté le chef de la diplomatie néerlandaise Bernard Bot, dont le pays préside l’Union européenne, lors d’une conférence de presse.

Bombardement du village de Tine par l’aviation soudanaise, le 26 janvier 2004

Il a dans le même temps indiqué avoir reçu des assurances du ministre soudanais des Affaires étrangères, Mustafa Osman Ismaïl, lors d’une rencontre samedi à Bruxelles, selon lesquelles Khartoum s’efforce de mettre en oeuvre un accord conclu début juillet avec l’ONU. Khartoum s’est engagé, le 3 juillet 2004, à "entamer immédiatement le désarmement des "djandjawids" et autres groupes armés hors-la-loi" au Darfour, au terme d’une visite effectuée par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

Des soldats de l’armée soudanaise

La situation humanitaire au Darfour "ne s’améliore pas" malgré un meilleur accès dans la région, a estimé, lundi 26 juillet 2004, l’organisation non-gouvernementale Médecins sans frontières (MSF). "Les conditions de vie terribles de la population ne s’améliorent pas (...). Malgré un meilleur accès à la région, et le nombre croissant d’agences et de travailleurs humanitaires sur place, les besoins urgents ne sont pas satisfaits", affirme MSF dans un communiqué reçu à Nairobi.

Agence France Presse

Des réfugiés soudanais au camp tchadien de Guereda, le 23 juin 2004

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