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lundi 24 avril 2017
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L’arnaque du G8

par Frank BRUNNER


Sous prétexte d’accueillir les manifestants prévus à l’occasion du G8 réuni à Evian, les partis « de gauche » et les Verts genevois ont réclamé un crédit de 500000.- CHF, qu’ils se sont fait voter par leurs représentants au Grand Conseil -le parlement cantonal. Il ne fait aucun doute qu’une grande partie de cet argent est destinée à aboutir dans la poche des élus et de leurs petits copains. L’accueil des manifestants apparaît comme un alibi de circonstance.


Cette subvention est attribuée au [Forum social lémanique, une organisation bidon dont le comité est complètement noyauté par des membres du parti genevois d’extrême gauche Solidarités. Quelques représentants d’autres groupuscules et du parti socialiste genevois tiennent lieu d’alibi pluraliste.

On se demande ce qui pourrait justifier la dépense d’une telle somme, puisqu’en la réclamant on prévoyait de loger les manifestants non pas à l’hôtel, mais sous tente, avec des trous dans le sol en guise de toilettes...

On comprend d’autant moins la nécessité d’un budget de 500000.- CHF destiné au "village alternatif" quand on apprend que la ville de Genève a promis de garantir, gratuitement, l’acheminement de l’électricité, de l’eau potable, et l’évacuation des eaux usées. C’est également la ville de Genève qui fournit gratuitement des tentes et un terrain pour camper. De plus, des places ont été prévues dans des abris antiatomiques.

Du bon usage de 500000 francs suisses

Enfin, on remarquera qu’avant de dépenser 500000.- CHF pour accueillir des manifestants durant une semaine, on pourrait s’occuper des miséreux qui vivent à Genève. Mais allez donc demander 500000.- FS pour les distribuer aux miséreux : on vous traitera aussitôt de démagogue, de populiste. Et les politiciens « de gauche » seront les premiers à le faire. Les pauvres, ils n’en ont rien à cirer.

L’humanisme, ça rapporte !

Rappelons qu’à l’occasion de la Marche européenne contre le chômage, des politiciens « de gauche » genevois s’étaient fait voter, par leurs petits copains du conseil municipal, une subvention de 30000.- CHF, sous prétexte de financer l’accueil des chômeurs français à Genève. En réalité, l’essentiel de cet argent avait été détourné à coups de fausses factures et de factures gonflées. Bien que ces abus de confiance aient alors été dénoncés au moyen d’une plainte pénale, les ripoux n’ont jamais été inquiétés, bénéficiant de la complicité de l’ensemble du milieu politique et de la magistrature genevoise. Comme d’habitude.

Les exploits d’une ex-députée genevoise

Vers la même époque, l’ex-députée du parti Solidarités Magdalena Filipowski, alors conseillère municipale de la ville de Genève, avait organisé une combine pour se sucrer sous couvert d’un échange de jeunes entre la Pologne et la Suisse. Sur le papier, cela paraissait très bien. On commençait par Genève accueillant un car de Polonais, avec réception officielle et petits fours, puis logement à la Cité universitaire et repas gratuits durant la durée du séjour. Magdalena Filipowski avait obtenu une subvention et s’est efforcée d’en détourner le maximum dans sa poche, puisque tel était le but véritable de toute l’opération. Ainsi, alors que l’essentiel de la correspondance liée à l’organisation du voyage avait été rédigée par un bénévole, Magdalena Filipowski a facturé, à la ville de Genève, des milliers de francs suisses de « frais de secrétariat ». Comme il n’y a pas de petits bénéfices, à l’issue de la réception officielle, Magdalena Filipowski n’a pas hésité à emporter le reste des petits fours, car cela lui évitait la dépense du repas suivant...

Dans la magouille liée à la Marche européenne contre le chômage, cette même Magdalena Filipowski avait fait facturer, à la ville de Genève, 1500.- CHF censés financer un prétendu « atelier d’écriture », lequel se composait d’une rame de papier et d’une poignée de stylos. C’est-à-dire que « l’atelier d’écriture » -qui n’a d’ailleurs jamais eu d’activité concrète- a été facturé plus de cent fois son coût réel... L’argent était destinée à une copine. Bien entendu, l’ex-députée Magdalena Filipowski n’a pas été inquiétée.

Arnaque programmée

Il y a tout lieu de croire que le pactole de 500000.- CHF soi-disant destiné à l’accueil des manifestants du G8 sera « ventilé » de la même manière par nos margoulins locaux. Et on peut déjà parier que les factures présentées pour justifier les dépenses ne seront pas sérieusement vérifiées. Comme d’habitude.

Il faut mentionner que le service de l’Etat de Genève théoriquement censé contrôler les associations subventionnées se compose d’une directrice et de deux adjoints. En raison de ce manque d’effectifs et de la quantité de subventions distribuées aux petiots copains, une association ne risque pas d’être contrôlée plus d’une fois tous les quatre ans. Encore ce contrôle est-il très superficiel, car nul n’enquête pour s’assurer que les factures présentées ne sont pas des faux.

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Les associations

En Suisse, pour constituer valablement une association, il suffit de trois personnes. Aucune démarche officielle n’est nécessaire. L’association doit être organisée conformément aux articles 61 et suivants du Code civil suisse.

Les syndicats et les partis politiques sont des associations au sens juridique. Certaines associations s’intitulent Mouvement pour ceci ou contre cela, ou Comité pour ceci ou contre cela, mais ce sont toujours des associations au sens des articles 61 et suivants.

Nos escrocs politiques opèrent volontiers sous le couvert d’associations, car les statuts prévoient que les membres de l’association ne sont pas personnellement responsables des dettes éventuelles. Les membres du comité -l’organe exécutif de l’association- ont une responsabilité pénale à propos de la gestion mais, dans la pratique, ils peuvent se permettre n’importe quoi puisque la magistrature est complice... De plus, les décisions du comité sont censées être prises collectivement, ce qui permet aux margoulins de se cacher derrière « le collectif », c’est-à-dire le groupe. Le groupe procure une sorte d’anonymat. C’est le groupe qui a décidé ceci ou cela ; ce n’est pas moi !

Manipulations

Le comité de l’association se composant, le plus souvent, d’une poignée de personnes, il suffit que deux ou trois margoulins se mettent d’accord dans les coulisses pour s’assurer d’une majorité automatique et manipuler les autres à leur guise, tout en leur faisant endosser la responsabilité de leurs malversations.

La plupart des associations « politiques » sont créées dans un but purement opportuniste, afin de tirer profit d’une quelconque « cause » à la mode : qu’il s’agisse de la guerre, du G8, du chômage ou des crottes de chien. Dans le comité de ces associations, on retrouve toujours les mêmes politicards, sous trente-six casquettes différentes. Ce sont eux qui manipulent la combine en fonction de leurs intérêts.

Des opportunistes

Le plus souvent, « l’activité » de ces associations se réduit à des séances de blabla et à la diffusion occasionnelle d’un tract ou d’un communiqué de presse. On n’y fait absolument rien de concret. Chacun affecte d’être gravement préoccupé, voire passionné par « la cause » du jour. Il suffit pourtant que « la cause » cesse de faire la première page des journaux pour que l’association tombe en complète léthargie. Subitement, nos opportunistes se déclarent gravement préoccupé par une nouvelle cause et constituent aussitôt une nouvelle association bidon.

Ainsi, par exemple, sous prétexte de la guerre en Irak, une association de politicards suisses s’est aussitôt constituée sous le nom de Comité contre la guerre (CCG). Ses membres -des agitateurs professionnels et des apparatchiks syndicaux- nous ont bassiné avec leurs habituels trémolos et gesticulations. Ces gens se fichent éperdument des guerres en cours ici et là. Seules sont dénoncées les guerres dans lesquelles les Etats-Unis sont impliqués. Il y a toujours deux poids et deux mesures. Dès l’instant où il est confronté aux Etats-Unis, le dictateur le plus sanguinaire fait figure de « martyr du droit international »...

En réalité, il s’agissait simplement d’utiliser la guerre d’Irak pour faire de l’antiaméricanisme et manipuler l’opinion publique dans un but électoraliste. Bien que tordu, le message est simple : être contre la guerre, c’est être contre les Etats-Unis ; être contre les Etats-Unis, c’est être contre le capital ; être contre le capital, c’est voter « à gauche ». Autrement dit, si vous êtes contre la guerre, n’oubliez pas de voter pour moi et pour mes petits copains...

Frank BRUNNER

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