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Le Monde, 21 décembre 2013

Informations internationales : La surveillance tous azimuts de la NSA


Vue des installations de la NSA à Bluffdale, aux Etats-Unis

Entreprises privées, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales, hommes politiques de premier plan : voilà des cibles de surveillance qu’il va être difficile de justifier comme relevant du contre-terrorisme pour l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) et son allié britannique, le GCHQ.


Le siège du GCHQ, à Cheltenham, en Grande-Bretagne

Une nouvelle série de révélations s’appuyant sur des documents de l’ancien consultant du renseignement Edward Snowden, publiée conjointement par le Guardian, le New York Times et Der Spiegel, fait l’inventaire d’un millier de personnes et organisations ciblés par les deux agences, dans une soixantaine de pays. SMS, e-mails et appels téléphoniques auraient été interceptés dans le cadre de cette opération de grande ampleur. Les trois journaux ont fait la synthèse de dizaines de documents internes de la NSA et du GCHQ, écrits entre 2008 et 2011. Ils mentionnent notamment comme cibles le pétrolier Total et Thales, groupe français d’électronique spécialisé dans la défense et l’aérospatial dont l’Etat est actionnaire. Le New York Times mentionne également « un ambassadeur français », sans plus de précisions. Plus étonnant : le GCHQ a surveillé l’ONG française Médecins du monde, spécialisée dans l’aide humanitaire aux populations vulnérables. Une révélation qui a « choqué et surpris » Leigh Daynes, le directeur exécutif de la branche britannique de l’ONG : « Il n’y a absolument aucune raison pour que nos opérations soient secrètement surveillées », s’est-il indigné.

Leigh Daynes

Sollicitées par le New York Times, le Guardian et Der Spiegel, les deux agences anglo-saxonnes ont juré qu’elles ne procédaient à aucun espionnage industriel au profit de leurs entreprises. Comment expliquer alors qu’elles aient surveillé les communications de Joaquin Almunia, le commissaire européen à la concurrence ? Notamment chargé de contrôler les fusions et situations monopolistiques sur le marché européen, l’Espagnol menait alors un bras de fer avec plusieurs géants américains, comme Google ou Microsoft. Il s’est déclaré « très contrarié » d’avoir été la cible des attentions de la NSA et du GCHQ. Le Guardian rappelle que « contrairement à la NSA, le GCHQ a le droit de procéder à de l’espionnage économique, mais seulement s’il est lié à des questions de sécurité nationale ».

Joaquin Almunia

On savait déjà que la NSA partageait une bonne partie de ses informations avec Israël. On ignorait en revanche que l’agence américaine avait ciblé, avec son alliée britannique, les plus hauts responsables de l’Etat juif. Les documents d’Edward Snowden datant de 2009 montrent qu’elles ont surveillé Ehoud Olmert et Ehoud Barak, respectivement premier ministre et ministre de la Défense à l’époque. Les Anglo-Saxons ont également visé deux ambassades israéliennes, ainsi que l’institut de physique de l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialisée dans la recherche sur l’atome.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source