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jeudi 30 mars 2017
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AFP, 28 juillet 2004

Irak : Au moins 68 morts dans un attentat à Baaqouba


BAAQOUBA (AFP) - Au moins 68 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans un attentat suicide, mercredi 28 juillet 2004 au matin, à Baaqouba, le plus sanglant depuis le transfert du pouvoir, il y a juste un mois, au gouvernement irakien d’Iyad Allaoui par la coalition menée par les Etats-Unis.


"Un kamikaze a fait exploser une voiture pleine d’explosifs devant une file d’attente de jeunes gens devant un poste de police et il y a 30 morts et 40 blessés", a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur. "De plus, 21 passagers d’un bus qui passait à ce moment-là ont été tués", a ajouté Sabah Kadhem, précisant qu’il s’agit d’un bilan provisoire, notamment en ce qui concerne le nombre de blessés.

Un précédent bilan de l’hôpital de la ville, à 60 km au nord de Bagdad, faisait état de 45 morts et 70 blessés. Le nombre de victimes n’avait cessé de monter depuis le début de la matinée.

Un correspondant de l’AFP a vu au moins une dizaine de corps entassés devant la morgue de l’hôpital, trop petite pour contenir les nombreux tués. "L’explosion a été provoquée par une voiture piégée et il y a beaucoup de tués et de blessés", a déclaré le général Walid Khaled Abdel Salam, chef de la police de la province de Diyala, dont Baaqouba est le chef-lieu. "Il y avait un kamikaze à bord de la voiture", a-t-il ajouté.

"L’explosion s’est produite peu après 09h30", a indiqué pour sa part Mohammed Jassem, un officier de police présent sur les lieux. "Au moment de l’explosion, plusieurs jeunes étaient rassemblés devant le poste pour rejoindre les forces de police et un bus était en train de passer devant, ce qui explique le nombre élevé des victimes", a-t-il ajouté.

Le correspondant de l’AFP a vu, en arrivant sur les lieux peu après la puissante déflagration, au moins 30 corps calcinés. Des policiers hébétés se frappaient la tête et les gens couraient dans tous les sens. Des carcasses de voitures mêlées à des briques de murs effondrés jonchaient le sol.

Selon un officier de police, quelque 600 personnes étaient rassemblées devant le poste qui servait de centre de recrutement au moment de l’attaque. "Nous avons tenté de les contenir mais ils refusaient d’obéir et c’est à ce moment là que l’explosion a eu lieu", a-t-il raconté. "J’ai vu une voiture dépasser vivement un bus avant de percuter la file d’attente et d’exploser", a indiqué pour sa part Riad Abdel Latif, un policier.

Des policiers, nerveux, ont tiré en l’air pour disperser les curieux et des habitants à la recherche de leurs proches qui voulaient s’approcher des lieux. "Des rencontres avec les candidats étaient prévues aujourd’hui et j’ai demandé à beaucoup de jeunes d’entrer dans le bâtiment mais beaucoup n’ont pas pris en compte ce conseil et sont restés dehors", a indiqué un autre officier de police, le capitaine Nouri Jawad. "C’est ce qui explique le nombre important de victimes", a-t-il ajouté.

Les premières ambulances qui sont arrivées sur les lieux ont commencé à transporter les blessés en laissant dans un premier temps de côté des corps déchiquetés par l’explosion.

Baaqouba et sa région, habitées par des sunnites et des chiites, connaissent de fréquentes attaques contre les forces de l’ordre, dont certaines ont été revendiquées par le groupe d’Abou Moussab al-Zarqaoui, le Jordanien présumé lié à Al-Qaïda, considéré par l’armée américaine comme le principal instigateur des violences en Irak.

Dans la foulée à Bagdad, deux personnes, dont un enfant de 13 ans, ont été tuées et sept autres blessées par l’explosion d’un projectile tiré, mercredi 28 juillet 2004, contre un quartier résidentiel du centre de la capitale irakienne, selon deux hôpitaux de la capitale. "Un enfant de 13 ans a été tué dans le tir qui a touché des maisons du quartier Rahmaniya, trois enfants ont été blessés, ainsi que trois hommes et une femme", a indiqué un responsable du service des urgences de l’hôpital Karama. A l’hôpital Al-Karkh proche, un médecin, Zouhaïr Jawad, a indiqué pour sa part que le corps d’un homme avait été transporté dans son établissement. Le quartier Rahmaniya est situé près de la rue Haïfa, lieu de récents affrontements entre hommes armés et forces de l’ordre irakiennes.

Un soldat américain a été tué et trois autres ont été blessés par l’explosion d’une bombe artisanale au passage de leur véhicule près de Balad Rouz, au nord de Bagdad, a annoncé, mercredi 28 juillet, l’armée américaine. L’attaque s’est produite, mardi 27 juillet 2004, à 20h15 (16h15 GMT), alors que la patrouille se trouvait dans les environs de la ville, a précisé l’armée dans un communiqué. Les soldats attaqués font partie de la 1ère division d’infanterie, installée à Tikrit, le fief du président irakien déchu Saddam Hussein.

Ce décès porte à plus de 670 le nombre de soldats américains tués en opération en Irak depuis le début de l’invasion du pays le 20 mars 2003, selon un calcul à partir de chiffres du Pentagone.

Ces nouvelles attaques interviennent un mois jour pour jour après le transfert du pouvoir au gouvernement irakien, dont le Premier ministre Iyad Allaoui a fait de la sécurité sa priorité.

Mardi 27 juillet 2004, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell avait appelé à Budapest les alliés des Etats-Unis en Irak à tenir bon, malgré la poursuite des violences et des prises d’otages qui menacent la cohésion de la coalition internationale rassemblée par Washington. Au moins 13 personnes ont été prises en otages en une semaine en Irak. "C’est le moment pour nous d’être déterminés, pas de flageoler et de dire "Bon sang, c’est trop dur, laissons ces gens tout seuls et les tyrans revenir", a déclaré le chef de la diplomatie américaine à la télévision hongroise, au début d’une tournée en Europe et au Proche-Orient, au cours de laquelle il doit rencontrer jeudi M. Allaoui en Arabie saoudite.

A Bagdad, le président intérimaire Ghazi Al-Yaouar a lui aussi lancé, mardi 27 juillet 2004, un message de fermeté, assurant que les autorités irakiennes ne cèderaient pas aux preneurs d’otages.

Le ministère des Affaires étrangères égyptien a démenti, mardi 27 juillet, avoir payé une rançon pour la libération d’un diplomate égyptien enlevé pendant trois jours à Bagdad et libéré lundi 26 juillet 2004.

Le sort d’autres otages reste inconnu, dont celui de deux chauffeurs jordaniens enlevés lundi 26 juillet et travaillant pour la compagnie Daoud and Partners, qui fournit des produits alimentaires à l’armée américaine. La compagnie jordanienne a annoncé, mardi 27 juillet 2004, qu’elle cessait ses activités en Irak afin d’obtenir la libération des otages et d’assurer la sécurité de ses employés.

Par ailleurs, cinq membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués et 48 autres blessés dans des affrontements avec des résistants armés, mercredi 28 juillet 2004 au matin, dans la localité de Soueira, au sud de Bagdad, a annoncé l’hôpital de Kout, à 150 km au sud-est de la capitale. "Nous avons reçu les corps de cinq membres des forces de sécurité et 48 blessés", a indiqué le docteur Kader Fadel, chef du service des urgences de l’hôpital. Pour sa part, un lieutenant de la Garde nationale irakienne, Ali Hussein, a indiqué que les affrontements avaient eu lieu à la suite d’une information sur la présence d’un homme armé à Soueira. "Nous avons envoyé des forces et il y a eu un affrontement", a-t-il dit.

Sur le plan politique, les nouvelles autorités irakiennes tiennent à organiser dès cette semaine une Conférence nationale chargée de désigner un conseil consultatif et de contrôle, même si un expert de l’ONU a estimé, mardi 27 juillet 2004, préférable de reporter ces assises pour mieux assurer leur succès.

Le processus de sélection du millier de participants s’est accéléré à travers le pays. Mais des contestations montent au sujet du mode de sélection, et le courant du chef radical Moqtada Al-Sadr, qui s’affirme l’un des principaux représentants de la communauté chiite majoritaire, veut boycotter l’initiative. Mardi 27 juillet, le principal organisateur de la conférence, Fouad Maassoum, a confirmé que ces assises allaient s’ouvrir, samedi 31 juillet 2004, et a assuré que Moqtada Al-Sadr serait le bienvenu s’il décide d’y prendre part.

Enfin, trois soldats albanais et un américain ont été blessés dans l’explosion d’une mine à Mossoul, dans le nord de l’Irak, a annoncé, mardi 27 juillet 2004 au soir, le ministère de la Défense albanais.

Agence France Presse

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