retour article original

jeudi 27 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 28 juillet 2004

Soudan : L’Union africaine dénonce pour la première fois des atrocités sur des civils au Darfour


Distribution de nourriture au camp de réfugiés de Kasab, au Darfour, en juillet 2004

NAIROBI (AFP) - L’Union africaine (UA) a dénoncé, mercredi 28 juillet, des exactions particulièrement atroces commises par des miliciens sur des civils, qui ont été, pour certains, enchaînés avant d’"être brûlés vifs", en juillet 2004, au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile.

Soudan


C’est la première fois que l’Union africaine rapporte officiellement des violations du cessez-le-feu conclu, le 8 avril 2004, entre le gouvernement soudanais et les rébellions qui opèrent dans la région. Les parties en conflit s’accusent de leur côté régulièrement et mutuellement de ne pas respecter cet accord.

Bombardement du village de Tine par l’aviation soudanaise, le 26 janvier 2004

Parallèlement, mercredi 28 juillet 2004, l’organisation panafricaine a annoncé qu’elle étudiait la "possibilité" de transformer en force de maintien de la paix sa force de protection, chargée essentiellement d’assurer la sécurité des observateurs déployés au Darfour pour veiller au respect du cessez-le-feu.

Bombardement du village de Tine par l’aviation soudanaise, le 26 janvier 2004

Ces observateurs, placés sous l’autorité de l’Union africaine, ont constaté que le village de Suleia avait été attaqué le 3 juillet 2004 "par des miliciens présumés membres des djandjawids", des milices soutenues par le gouvernement de Khartoum, selon un document officiel de l’Union africaine. "Les assaillants ont pillé le marché (de Suleia) et ont tué des civils, dans certains cas en les enchaînant et en les brûlants vifs", ajoute l’Union africaine.

Depuis des mois, des organisations non-gouvernementales dénoncent les atrocités commises au Darfour sur les civils. La situation dans cette région grande comme la France a été qualifiée, le 22 juillet 2004, de "génocide" par le Congrès américain. Le Darfour est en proie, selon l’ONU, à la pire crise humanitaire en cours dans le monde. Ce conflit, qui oppose, depuis février 2003, des milices pro-gouvernementales à deux rébellions qui dénoncent la "marginalisation" du Darfour, a fait entre 30000 et 50000 morts selon l’ONU et quelque 1,2 million de déplacés et réfugiés.

Le siège du Congrès des Etats-Unis, à Washington DC

L’Union africaine précise que dans le cas de Suleia le gouvernement de Khartoum avait accusé les rebelles d’avoir attaqué cette localité, mais qu’après enquête, il s’est avéré que ce raid avait été perpétré par des miliciens. Au total, l’organisation panafricaine dit avoir été saisie "jusqu’à présent" de "six cas de violations de cessez-le-feu, dont trois ont fait l’objet d’enquête".

Des rebelles soudanais dans la région frontalière du Tchad

En plus du cas de Suleia, les observateurs de l’Union africaine ont ainsi découvert que "la totalité du village de Ehda avait été brûlé et déserté" lors d’un raid rapporté le 5 juillet 2004. Il s’agissait, selon l’Union africaine, d’une "attaque injustifiée et non provoquée visant la population civile et menée par des djandjawids", mais l’Union africaine "n’a pas pu établir de preuves que les forces soudanaises avaient combattu avec les djandjawids".

Des soldats de l’armée soudanaise

Dans le troisième cas, "les deux parties" en conflit ont "été coupables de violer l’accord de cessez-le-feu", mais l’Union africaine ne fait pas mention de victimes.

Le village soudanais de Bandago, dévasté par une bande armée, le 29 avril 2004

A la date du 27 juillet, "96 observateurs militaires" travaillaient au Darfour, selon l’Union africaine. Leur déploiement a commencé début juin 2004 mais s’est fait très progressivement.

Le village soudanais de Korma, dévasté par une bande armée, le 29 avril 2004

Par ailleurs, l’Union africaine réfléchit à l’éventualité de transformer sa force de protection -qui n’est cependant toujours pas déployée- en force de maintien de la paix, selon un communiqué de l’Union africaine reçu mercredi 28 juillet 2004. Cette force aurait notamment pour mission "le désarmement et la neutralisation des milices", ainsi que "la protection de la population civile". Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, l’un des principaux organes de l’organisation, a demandé au président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, de lui "présenter un plan" en ce sens.

Alpha Oumar Konaré

L’envoi de la force de protection, qui comptera quelque 300 hommes, a été décidé début juillet 2004. Ses premiers éléments doivent arriver prochainement au Darfour. Mercredi 28 juillet 2004, l’Union africaine était en consultations sur le sujet avec le Nigeria et le Rwanda, les deux pays qui vont contribuer à la force de protection.

Agence France Presse

Manifestation contre une intervention étrangère au Darfour, à Khartoum, le 28 juillet 2004

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source