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dimanche 23 juillet 2017
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french.ruvr.ru, 7 février 2014

Corruption : L’impuissance de l’Union européenne


Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles, en Belgique

La corruption en Europe a pris une envergure exceptionnelle et coûte à l’Union européenne 120 milliards d’euros chaque année, selon le rapport sur la corruption élaboré par la Commission européenne portant sur tous les membres de l’Union européenne. Le rapport fait état de la situation dans tous les pays du Vieux Continent et des résultats des sondages d’opinion. Plus de la moitié des Européens estiment que durant les trois dernières années, le niveau de corruption a brusquement augmenté.


En présentant le rapport, Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, a annoncé que la corruption sévissait dans les 28 pays de l’Union européenne sans exception. Selon les sondages, cette dernière année, un Européen sur douze a été témoin d’une affaire de corruption. 76 % des personnes interrogées estiment que la corruption est désormais partie intégrante de leurs économies nationales. La corruption règne particulièrement dans le sud de l’Europe, dans les pays qui souffrent de la crise, tels que l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Ainsi, 99 % des Grecs et 97 % des Italiens sont d’avis qu’il est impossible d’obtenir ce que l’on désire sans recourir à la corruption. Par contre, dans les pays de l’Europe du Nord, il est plus difficile de « s’arranger » en versant un pot-de-vin. Selon Cecilia Malmström, c’est le secteur des marchés publics qui est le plus touché par la corruption. « Chaque année, un cinquième du PIB de l’Union européenne est dépensé aux achats de biens et de services. C’est une composante importante de notre économie. Et il s’est avéré que plus d’un quart de l’argent des contrats publics se retrouve dans les poches des fonctionnaires », explique-t-elle. La Commission européenne elle-même souvent accusée de schémas de corruption et surtout de lobbying en faveur des intérêts de telle ou de telle autre activité commerciale. Officiellement, le lobbying n’est pas interdit et n’est pas poursuivi par la loi, car, théoriquement, ce genre d’actions doivent se limiter à des convictions et des arguments. Mais en pratique, elles aboutissent souvent, moyennant une substantielle gratification, au vote de nouvelles lois en faveur des corporations. D’ailleurs, ce genre de travail législatif frôle l’absurde. Par exemple, la Commission européenne avait imposé des restrictions sur la forme et la courbure des concombres. Si le concombre ne respectait pas la norme, il devait subir une transformation. Cette loi absurde a été soutenue par des commerces qui ont estimé qu’une boîte pourrait contenir plus de concombres droits, ce qui limiterait les frais de transport. Plus tard, la loi sur les concombres qui causait des préjudices énormes aux fermiers a été finalement abolie. En cinq ans, la Commission européenne a annulé près de six mille lois. Et celles qui ont servi les intérêts de la corruption et ont été le résultat d’un lobbying sont innombrables.

Cecilia Malmström

Vladimir Belov, expert en études régionales, pense que ces résultats n’ont rien d’étonnant. « Rappelons-nous le 19e siècle et Karl Marx qui disait qu’il n’y pas un seul crime que le capital ne commettrait pour en tirer un certain bénéfice. C’est pour cette raison qu’il existe principalement deux types de corruption : celle des fonctionnaires publics et celle des sociétés avec lesquelles vous aimeriez conclure un marché. Ce rapport est remarquable sous tous les aspects. Mais le principal, c’est que l’Union européenne est prête à lutter contre ce fléau. Il s’agit, en effet, d’une structure supranationale qui essaye de synchroniser la lutte contre la corruption dans tous ses pays. D’autant plus qu’elle possède un marché commun de biens et de services et des commandes publiques », explique Vladimir Belov. Il souligne que la corruption prospère dans pratiquement tous les principaux secteurs de l’économie. « Les marchés publics comprennent tous les projets d’infrastructure. Surtout ceux liés aux constructions routières et aux communications. Si l’on prend le secteur de l’économie, la corruption touche aussi le bâtiment. Il s’agit des secteurs qui sont traditionnellement touchés par la corruption », dit-il.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source