retour article original

jeudi 17 août 2017
Vous êtes ici Accueil Histoire L’insurrection de la Martinique en 1870
Le Moniteur, 4 octobre 1870

Histoire : Troubles de la Martinique


Paysage de la Martinique

Aujourd’hui que le calme est entièrement revenu dans les localités où viennent de s’accomplir les déplorables événements qui ont si vivement préoccupé la population ces jours derniers, il importe que l’opinion publique soit exactement renseignée, tant sur les attentats qui ont été commis que sur les mesures énergiques prises par l’autorité supérieure dans ces moments difficiles, et qui ont heureusement amené le prompt rétablissement de l’ordre et de la sécurité.


Le sud de la Martinique

Nous allons d’abord faire connaître l’ensemble des dispositions militaires qui ont été adoptées par le chef de la colonie. Le gouverneur ayant des inquiétudes sur l’état des esprits dans le sud de l’île, avait, dès le 19 septembre [1870], donné l’ordre de tenir l’aviso Le Magicien sous vapeur, et deux détachements étaient consignés pour aller tenir garnison au Marin et à la Trinité, les deux seules casernes qui existent dans l’île. Aussitôt que le paquebot français apporta la confirmation de la proclamation de la République, ces deux détachements partaient pour leur destination. Ainsi qu’on le verra tout à l’heure, le détachement du Marin fut de suite, dès son arrivée, engagé contre les bandes armées dans la commune de la Rivière Pilote.

Les lueurs sinistres de l’incendie, qui s’apercevaient de Fort de France dans toute la direction du sud dès le 22, firent prendre au gouverneur les dispositions militaires suivantes :

M. Mourat, commandant du Magicien, chef de l’état de siège de la Rivière Pilote, eut l’ordre de se rendre de suite dans cette commune, de débarquer tous ses marins et de marcher rapidement contre les incendiaires ; il devait combiner ses mouvements avec ceux du commandant du détachement d’infanterie de la commune du Marin, et il était nommé commandant supérieur de toutes les communes du sud, avec la mission de rétablir et de maintenir l’ordre dans les communes mises en état de siège. L’effectif de son équipage était à cet effet augmenté de matelots de la station. Les enseignes de vaisseau Ferré et Boudonnelle étaient dirigés, avec deux détachements de matelots du Talisman, l’un sur la commune du Lamentin, l’autre sur la commune de la Rivière Salée ; le capitaine Delpoux, avec une forte section d’infanterie, recevait l’ordre d’occuper de suite le point stratégique du Saint Esprit et de combiner ses mouvements avec ceux du lieutenant Bourdonnelle, à l’effet non seulement de barrer le passage aux insurgés, mais encore de les refouler dans le sud et de les cerner avec les troupes qui y opéraient. Enfin, le lieutenant Gimel occupait le Gros Morne.

Telles sont les dispositions militaires qui ont été prises dès le début par le gouverneur ; voici maintenant les instructions donnés aux raves volontaires de Fort de France et de Saint Pierre.

Le détachement formé par M. de Maynard et commandé par M. la Rougery fut dirigé sur la Rivière Salée d’où il se porta rapidement sur le Satin Esprit, qui était fortement menacé par les insurgés. La compagnie de M. Dupré agit dans la Rivière Salée et les volontaires à pied de Fort de France commandés par M. Dublancq Laborde, furent dirigés sur le François, afin de garder la partie orientale de l’île, dégarnie de forces jusqu’à la Trinité. Les volontaires à cheval, commandant Lionel Roy, reçurent l’ordre de couvrir la route du Lamentin au Robert, mais s’inspirant des circonstances, ils se rabattirent sur le Saint Esprit ; les volontaires à pied de Satin Pierre, commandant de Catalogne, furent dirigés sur le Saint Esprit, et une dernière et nombreuse compagnie de cette ville, capitaine M. De Thoré, fut envoyée au Gros Morne ; elle devait combiner son action avec celle du détachement de la Trinité, de manière que si les insurgés parvenaient à passer à travers la première ligne, établie de la Rivière Salée au Saint Esprit et au François, ils trouveraient cette seconde ligne pour les refouler et les empêcher de pénétrer dans le nord. Plus tard, le gouverneur invita un détachement à se rendre du Gros Morne au Saint Esprit, pour prendre part aux opérations du sud.

page

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source