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dimanche 23 avril 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 59

L’effondrement de l’Allemagne


La dernière apparition publique d’Adolf Hitler, à Berlin, en Allemagne, le 20 avril 1945

A la veille de la traversée du Rhin, Adolf Hitler a ordonné de « conduire la bataille sans se soucier de la population allemande ». Ses commissaires régionaux ont reçu l’ordre de détruire « toutes les installations industrielles, toutes les centrales électriques, usines de distribution d’eau et usines à gaz », ainsi que « tous les magasins d’alimentation et de vêtements », afin de créer « un désert » sur le chemin des alliés. Albert Speer, le ministre de la Production de guerre, a aussitôt protesté contre cet ordre. Adolf Hitler lui a répondu : « Si la guerre est perdue, la nation allemande périra également. Il est donc inutile de tenir compte des besoins de la population pour survivre ». Cette totale absence de sentiment a ébranlé la loyauté d’Albert Speer. Derrière le dos d’Adolf Hitler, il a contacté les chefs de l’armée et de l’industrie et les a persuadé de ne pas obéir au décret d’Adolf Hitler.

Albert Speer


Les forces du maréchal Montgomery traversent le Rhin

L’attaque du maréchal Montgomery a été déclenchée dans la nuit du 23 mars 1945, après un formidable bombardement exécuté par 3000 canons et des vagues successives de bombardiers. Les premiers éléments d’infanterie, appuyés par des tanks flottants, ont franchi le fleuve et établi des têtes de pont sur la rive orientale sans rencontrer de forte résistance.

Au lever du jour, le 24 mars 1945, 2 divisions aéroportées ont été larguées en avant de ces têtes de pont, pour dégager la route, tandis que des ponts étaient rapidement construits pour laisser passer les divisions, les tanks et les véhicules de renfort.

Un camion britannique achève de franchir le Rhin, près de Feldwick, en Allemagne, le 24 mars 1945

Des soldats britanniques traversent le Rhin à Wesel, en Allemagne, le 24 mars 1945

Des soldats britanniques près de Wesel, en Allemagne, le 24 mars 1945

Un Achilles britannique qui vient de traverser le Rhin, en Allemagne, le 26 mars 1945

On mesure le peu d’opposition rencontrée si on considère que la 9ème armée US, qui fournissait la moitié de l’infanterie d’assaut, a eu moins de 40 tués. Les pertes britanniques ont également été très légères. La résistance allemande ne s’est acharnée que sur un seul point, dans le village de Rees, situé sur le Rhin, où un bataillon de parachutistes a résisté pendant trois jours.

Un pont américain à travers le Rhin, en Allemagne, le 23 mars 1945

Des soldats allemands capturés par les alliés, en Allemagne, le 25 mars 1945

Des soldats allemands, l’un blessé et l’autre mort, en Allemagne, fin mars 1945

Le 28 mars 1945, la tête de pont avait été agrandie sur une profondeur de plus de 30 kilomètres et un front de 50 kilomètres. Mais le maréchal Montgomery, toujours inquiet de la capacité de résistance de l’armée allemande, n’a ordonné une avance générale vers l’Est qu’après avoir rassemblé 20 divisions et 1500 tanks dans sa tête de pont.

Des soldats américains à Mannheim, en Allemagne, le 29 mars 1945

Un soldat américain à Cologne, en Allemagne, le 4 avril 1945

Un déporté entouré de cadavres au camp de concentration de Mittelbau-Dora, en Allemagne, le 11 avril 1945

Des cadavres de déportés au camp de concentration de Mittelbau-Dora, en Allemagne, le 11 avril 1945

En présence de généraux américains, des déportés font une démonstration des méthodes de torture qui étaient utilisées contre eux, au camp de concentration d’Ohrdruf, en Allemagne, le 12 avril 1945

Des cadavres de déportés sur une remorque, au camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, le 14 avril 1945

Des déportés dans un baraquement du camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, le 16 avril 1945

Des déportés massacrés dans une grange, à Gardelegen, en Allemagne, le 16 avril 1945

Un déporté brûlé vif dans une grange, à Gardelegen, en Allemagne, le 16 avril 1945

Des troupes américaines à Wernberg, en Allemagne, le 22 avril 1945

Des soldats américains exécutent des SS au camp de concentration de Dachau, en Allemagne, le 29 avril 1945

Les cadavres de SS exécutés par des soldats américains, au camp de concentration de Dachau, en Allemagne, le 29 avril 1945

L’offensive des Français

Après avoir convaincu le général Eisenhower de modifier ses plans en leur attribuant un rôle moins passif, les Français ont franchi le Rhin de vive force. Sur les 90 soldats du génie qui manoeuvraient les bateaux d’assaut du 101ème régiment, il y a eu 54 tués ou blessés. Les Allemands se battaient désespérément. Néanmoins, ils ont été refoulés, puis encerclés à Stuttgart et dans la Forêt Noire. Ensuite, les Français ont foncé jusqu’au Tyrol, où ils sont arrivés avant les Américains.

Les troupes anglo-américaines s’enfoncent au coeur de l’Allemagne

Une fois la progression des armées anglo-américaines déclenchée, l’obstacle le plus sérieux est provenu des monceaux de ruines créés par les bombardements de l’aviation alliée, qui avait bloqué les routes de l’avance d’une manière plus efficace que l’ennemi n’aurait pu le faire. En effet, le désir dominant des Allemands, tant civils que militaires, était désormais de voir les armées anglo-américaines progresser vers l’Est aussi rapidement que possible pour atteindre Berlin et occuper le maximum de territoire avant que les Soviétiques aient franchi la ligne de l’Oder. Très peu d’entre eux étaient disposés à obéir aux ordres d’autodestruction d’Adolf Hitler pour retarder l’avance alliée.

Le 11 avril 1945, les armées alliées atteignaient l’Elbe, à 100 kilomètres de Berlin.

Les ultimes illusions d’Adolf Hitler

Au fur et à mesure que la fin approchait, les illusions d’Adolf Hitler continuaient de grandir. Pratiquement jusqu’à la dernière heure, il a compté sur une sorte de miracle pour sauver la situation. Le 12 avril 1945, quand Adolf Hitler a appris la mort du président Franklin Roosevelt, il s’est imaginé que cela briserait l’alliance entre les Anglo-Américains et les Soviétiques.

Le cortège funèbre de Franklin Delano Roosevelt, à Washington, aux Etats-Unis

Désintégration du front de l’Est

Au début du mois de mars 1945, le maréchal Joukov avait agrandi sa tête de pont sur l’Oder, mais il n’était pas parvenu à percer. Les Soviétiques continuaient d’avancer aux extrémités du front de l’Est. A la mi-avril, ils sont entrés à Vienne.

Des soldats soviétiques à Danzig, en Allemagne, fin mars 1945

Des soldats soviétiques à Königsberg, en Allemagne, en avril 1945

Des prisonniers allemands traversent un pont, à Königsberg, en Allemagne, en avril 1945

Vue aérienne du complexe de Bergkristall, au camp de concentration de Mauthausen-Gusen, en Autriche, le 14 avril 1945

Des déportés du camp de concentration de Mauthausen, en Autriche, attendent de subir une désinfection

Des prisonniers de guerre soviétiques au camp de concentration de Mauthausen, en Autriche

La libération du camp de concentration de Mauthausen-Gusen, en Autriche, le 6 mai 1945

La bataille de Berlin

Le 16 avril, le maréchal Joukov a repris l’offensive, en coopération avec le maréchal Koniev qui a forcé un passage sur la Neisse. Cette fois, les troupes Soviétiques ont fait irruption de leurs têtes de pont et, moins d’une semaine plus tard, elles entraient dans la banlieue de Berlin, où Adolf Hitler avait décidé de rester pour la bataille finale. Des SS fanatiques pendaient aux réverbères de la ville quiconque refusait de combattre les Soviétiques ou était soupçonné de vouloir déserter. Même des enfants étaient pendus. Les Allemands ont opposé une résistance désespérée, rue par rue. Cette résistance n’a cessé qu’avec la guerre elle-même.

Les Soviétiques tirent des roquettes contre les positions allemandes, à Berlin, en Allemagne, en avril 1945

Des soldats soviétiques à Berlin, en Allemagne, en avril 1945

Le 25 avril 1945, Berlin était complètement isolée par l’encerclement des armées des maréchaux Joukov et Koniev. Le 27 avril, les forces du maréchal Koniev ont fait leur jonction avec les Américains sur l’Elbe.

Le 30 avril 1945, Adolf Hitler s’est suicidé dans les ruines de la chancellerie, à Berlin, alors que les Soviétiques étaient tout proches.

Des membres des Jeunesses hitlériennes capturés à Berlin, en Allemagne, en 1945

Des prisonniers allemands capturés à Berlin, en 1945

Le drapeau soviétique sur le Reichstag, à Berlin, en Allemagne, le 2 mai 1945

Capitulations successives

Le 2 mai 1945, les combats ont cessé sur le front italien. Le 4 mai, une capitulation a été signée au QG du maréchal Montgomery, par les représentants des forces allemandes de l’Europe du Nord-Ouest. Le 7 mai, un nouveau document de capitulation, concernant toutes les forces allemandes, a été signé au QG du général Eisenhower, à Reims. Cette cérémonie a eu lieu en présence de représentants soviétiques, américains, britanniques et français.

Signature de la capitulation allemande, à Reims, en France, le 7 mai 1945

L’état d’esprit des généraux allemands

Un grand nombre de généraux allemands avaient perdu tout espoir de vaincre après le débarquement allié en Normandie, l’été 1944. Presque tous avaient perdu tout espoir et toute volonté de vaincre en février 1945, après l’échec de la contre-offensive des Ardennes et la ruée soviétique en Allemagne orientale.

Ils ont continué le combat surtout par crainte. La crainte d’être pendus sur ordre d’Adolf Hitler et la crainte du châtiment que promettaient les alliés.

Au cours des mois suivants, la guerre n’a été prolongée que par la détermination d’Adolf Hitler. Elle aurait pu être terminée plus rapidement si les alliés occidentaux avaient été moins inflexibles dans leur exigence d’une « capitulation sans condition ». L’adoption d’une attitude moins rigide, et la concession d’assurances raisonnables au sujet du traitement réservé aux Allemands auraient sans aucun doute entraîné un tel flot de capitulations ordonnées par les plus grands chefs militaires que le front se serait rapidement effondré, entraînant avec lui le régime nazi, et que Adolf Hitler aurait perdu toute possibilité de s’entêter dans la lutte.

Signature de la capitulation allemande, à Berlin, en Allemagne, le 8 mai 1945

PS : les informations relatives à l’armée française sont dues au général Beaufre.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source