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vendredi 24 mars 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 61

L’offensive aérienne stratégique contre le Japon


Un B-29

L’offensive aérienne contre le Japon n’est devenue véritablement efficace que lorsqu’elle a pu être lancée des îles Mariannes, qui avaient été conquises -essentiellement dans ce but- pendant l’été 1944.

Le principal instrument de cette offensive a été la Superfortress Boeing B-29, le plus grand bombardier de la seconde guerre mondiale. Le B-29 pouvait emporter jusqu’à 7700 kilos de bombes, voler à près de 560 km/h et atteindre une altitude de plus de 10000 mètres. Il avait un rayon d’action de plus de 6400 kilomètres et était bien protégé par son blindage, comme par les treize mitrailleuses dont il était équipé.

Le cockpit d’un B-29


A la mi-juin 1944, les aciéries de Yawata, sur l’île de Kyoushou, ont été bombardées par une cinquantaine de B-29 basés en Chine ou en Inde, mais cette attaque -comme les suivantes-, n’a pas causé de grands dommages. Au cours de la seconde moitié de 1944, seulement 800 tonnes de bombes ont été larguées sur le Japon, par cette route aérienne. Les B-29 du 20ème Bomber Command accaparaient une telle proportion du ravitaillement aérien arrivant en Chine qu’étant donnée la médiocrité des résultats ils ont été retirés début 1945.

A la fin du mois d’octobre 1944, le premier aérodrome des îles Mariannes, à Saipan, a reçu le premier wing -112 appareils- du 21ème Bomber Command.

Des B-29 sur une base de l’île de Saipan, dans l’archipel des Mariannes, en 1945

Le 24 novembre 1944, 111 B-29 se sont envolés de là pour aller bombarder une usine aéronautique de Tokyo. Cette attaque a inauguré la nouvelle offensive. Moins de 25 % des bombes ont atteint leur cible, mais seulement 2 appareils ont été abattus, malgré les 125 chasseurs japonais envoyés à leur rencontre.

Des B-29 survolent le Fujiyama, au Japon, en 1945

Au cours des trois mois suivants, les B-29 ont poursuivi leur bombardement diurne de précision, inspiré de l’expérience européenne, mais les effets ont été décevants. Les Japonais se sont mis à disperser leurs usines.

Vue de Tokyo, au Japon, après un bombardement américain, le 27 janvier 1945

En mars 1945, aux îles Mariannes, le nombre de B-29 avait triplé. Le général Curtis LeMay, qui avait pris le commandement du secteur, a décidé d’affecter désormais les B-29 au bombardement de zone nocturne à basse altitude. Il s’agissait d’exploiter les faiblesses japonaises en matière de défense nocturne, de permettre d’emporter un plus grand nombre de bombes -l’air étant d’autant mieux porteur que l’altitude est plus basse-, de reposer un peu les moteurs et d’atteindre une meilleure efficacité en touchant les nombreux petits objectifs industriels.

Un B-29 qui a effectué un atterrissage d’urgence sur un aérodrome de l’île d’Iwo Jima, au Japon, le 4 mars 1945

Le général LeMay a également décidé que, désormais, les B-29 emporteraient des bombes incendiaires à la place de leurs bombes explosives. Chaque B-29 pouvait emporter 40 grappes de 38 bombes incendiaires chacune, qui pouvaient brûler une superficie d’environ six hectares et demi. Les résultats de cette modification ont été horriblement efficaces.

Curtis LeMay

Le 9 mars 1945, 279 B-29 emportant chacun entre 6 et 8 tonnes de bombes incendiaires, ont dévasté Tokyo. La ville a été incendiée sur plus de 40 km2, soit le quart de sa superficie, et plus de 267000 édifices ont été détruits. Environ 185000 Japonais sont morts. Les Américains ont perdu 14 avions.

Vue de Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 9 mars 1945

Vue de Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 9 mars 1945

Les cadavres de civils carbonisés, à Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 9 mars 1945

Des policiers identifient une victime, à Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 9 mars 1945

Une mère et son enfant carbonisés, à Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 9 mars 1945

Au cours des neuf jours suivants, les villes d’Osaka, Kobé et Nagoya ont été dévastées de la même façon.

Vue d’Osaka, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Kobe, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Le 19 mars 1945, les attaques aériennes ont cessé, les Américains étant tombés à court de bombes incendiaires. Ils en avaient largué près de 10000 tonnes en dix jours.

Des bombardiers TBM Avenger du porte-avions USS Makin Island survolent l’île d’Ie Shima, au Japon, le 16 avril 1945

Vue de Tokyo, au Japon, après le bombardement américain du 26 mai 1945

Mais la dévastation a bientôt repris. En juillet 1945, le tonnage de bombes largué a été trois fois supérieur à celui du mois de mars. De plus, des milliers de mines ont été larguées, dans le but de bloquer le trafic côtier japonais. Des bâtiments de commerce japonais représentant plus de 1250000 tonnes ont coulé et la circulation maritime a été pratiquement arrêtée. Dans les airs, l’opposition japonaise était devenue négligeable.

Des TBM Avengers et des SB2C Helldivers bombardent Hakodate, au Japon, en juillet 1945

Vue d’Aomori, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Hachioji, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Hachioji, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Hamamatsu, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Kagoshima, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Kurume, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Maebashi, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Mizushima, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Sendai, au Japon, après un bombardement américain, en 1945

Vue de Toyama, au Japon, pendant un bombardement américain, le 1er août 1945

A la suite du raid sur Tokyo, le moral de la population japonaise a fortement baissé. Cet effet s’est accentué lorsque le général LeMay a commencé de lâcher des tracts annonçant les prochains objectifs. Plus de 8,5 millions de personnes se sont enfuies à la campagne, faisant fléchir la production à un moment où l’économie de guerre japonaise était au bout de son rouleau.

La production des raffineries de pétrole avait baissé de 83 %. Dans l’aéronautique, la production des moteurs avait baissé de 75 % et celle des cellules d’avions de 60 %. Dans le domaine de l’équipement électronique, la baisse était de 70 %. Plus de 600 usines de guerre avaient été détruites ou gravement endommagées par les bombardements.

Mais, au-delà de toutes ces fonctions, la campagne de bombardement avait montré à la population japonaise que les forces impériales n’étaient plus en mesure de la protéger et que la capitulation, même inconditionnelle, était devenue inévitable.

L’usage des bombes atomiques, au mois d’août 1945, n’a fait que confirmer un fait que la plus grande partie du peuple japonais, à l’exception des fanatiques militaires, avait déjà compris.

Des B-29 sur une base aérienne de l’île de Tinian, dans l’archipel des Mariannes, en 1945

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source