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jeudi 17 août 2017
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AP, 31 juillet 2004

Crimes de guerre américains : Deux des quatre français rapatriés de Guantanamo déclarent avoir subi des violences, selon leurs avocats


PARIS (AP) - Deux des quatre Français rapatriés de Guantanamo ont affirmé avoir été menacés avec des chiens sur la base américaine à Cuba, ont évoqué des mauvais traitements et décrit des scènes de nudité de détenus, ont rapporté, samedi 31 juillet 2004, leurs avocats à l’Associated Press.


« Ils ont fait état de détenus du Moyen-Orient qui refusaient de collaborer ou de répondre aux questions qui ont été contraints de visionner des films pornos, d’être entendus par des femmes à demi dévêtues », a indiqué à l’AP Me William Bourdon, l’un des avocats de Nizar Sassi et Mourad Benchellali.

Les deux Français ont été mis en examen, samedi 31 juillet 2004, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

D’après Me Bourdon, « ils ont fait état d’un système fondé sur une logique de chantage récompensé en terme de soins médicaux ou de conditions de détention pour ceux qui collaborent ». Les deux hommes ont assuré à leurs avocats que de nombreux détenus connaissaient de graves problèmes psychologiques. Ces deux Français ont également fait état de violences physiques de la part des gardiens qui rentraient dans leurs cellules, et d’insultes notamment au sujet de leur mère, a précisé Me Jacques Debray, leur autre avocat.

Avant d’être transférés à Guantanamo, Nizar Sassi et Mourad Benchellali ont été détenus pendant trois semaines dans la prison de Kandahar (Afghanistan), où ils affirment également avoir subi des « violences physiques importantes et graves » après leur arrestation fin décembre 2001, selon Me Debray.

A Guantanamo, poursuivent les avocats, des médicaments ont été administrés à leurs clients, « de force », a précisé Me Debray. Ces produits provoquaient chez certains des somnolences et pour d’autres, comme effets secondaires, des éruptions cutanées.

« Le premier mot anglais que j’ai appris c’est "don’t move" (ne bougez pas) », a affirmé Nizar Sassi à son avocat, avant de lui préciser quee les gardiens hurlaient sur les détenus lorsque ceux-ci devaient se mettre en rang. « Nous sommes dans une logique de torture psychologique et de mauvais traitements. C’est inadmissible », a dénoncé Me Bourdon.

Trois autres Français sont encore détenus dans cette prison où les Etats-Unis retiennent 590 hommes d’une quarantaine de nationalités soupçonnés d’être liés au réseau terroriste Al-Qaïda ou à l’ancien régime des talibans.

Associated Press

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