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AFP, 27 avril 2014

Afrique du Sud : Frederik de Klerk dénonce la discrimination raciale de l’ANC

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Distribution de nourriture à des squatters blancs, à Krugersdorp, le 12 mars 2010

Frederik de Klerk, le dernier président blanc d’Afrique du Sud, s’est dit très fier d’avoir permis, il y a 20 ans, l’avènement d’une démocratie multiraciale, mais fustige l’ANC au pouvoir, lui reprochant une discrimination raciale « de plus en plus agressive ».


Afrique du Sud

Les élections du 27 avril 1994, les premières jamais ouvertes aux Noirs, « sont le moment dont nous sommes le plus fiers, en tant que Sud-Africains », a déclaré le dernier président du régime d’apartheid, qui partagea le prix Nobel de la paix avec Nelson Mandela pour avoir négocié la transition démocratique. « Nous avons étonné le monde entier en réussissant à surmonter des siècles d’amertume, de conflits, de répression et de division », a-t-il noté dans un message à l’occasion du 20e anniversaire de la démocratie. M. de Klerk a relevé que l’économie sud-africaine avait progressé de façon spectaculaire depuis 20 ans, que la pauvreté avait été réduite et qu’« une classe moyenne noire vigoureuse et sûre d’elle-même » avait émergé. Mais l’homme qui avait fait sortir de prison Nelson Mandela a aussi vivement attaqué l’ANC, au pouvoir sans discontinuer depuis 1994. Pour l’ancien chef de l’État, souvent critiqué pour sa défense de la minorité blanche, l’ANC mène « une politique de plus en plus agressive de discrimination raciale ». La loi qui favorise la promotion des Sud-Africains noirs dans l’économie, sur le marché du travail et au capital des entreprises, dit-il, « conduit à une situation où l’avenir de nos citoyens est de plus en plus déterminé par la couleur de leur peau, et non plus par leurs capacités ». Vingt ans après la chute de l’apartheid, l’essentiel de l’économie nationale est cependant encore entre les mains de dirigeants et de propriétaires blancs.

Neslson Mandela en compagnie de Frederik de Klerk

Par ailleurs, M. de Klerk dénonce des institutions publiques « réquisitionnées pour promouvoir des intérêts politiques partisans ». « Des gens sont nommés à des postes clés, non en raison de leurs qualifications, de leur expérience et de leur impartialité, comme le veut la Constitution, mais en raison de leurs accointances politiques (...) Et ceci est allé de pair avec une corruption rampante grandissante, jusqu’au plus haut niveau de l’État », a-t-il dénoncé, dans une allusion évidente au scandale de la rénovation de la résidence privée du président Jacob Zuma. À quelques jours des élections législatives du 7 mai 2014, l’opposition et une partie de la presse font en effet leurs choux gras d’un récent rapport de la médiatrice de la République, qui a attesté que l’État avait dépensé l’équivalent d’environ 23 millions de dollars pour rénover la propriété du président, sous couvert de travaux de sécurité.

Agence France Presse

Jacob Zuma

Commentaire

Si l’essentiel de l’économie sud-africaine est entre les mains de dirigeants ou de propriétaires blancs, il s’agit essentiellement de multinationales comme les compagnies minières. Ces compagnie corrompent des politiciens noirs en leur offrant des sinécures grassement payées, en échange de quoi elles peuvent exploiter à outrance les ouvriers noirs. Quand ceux-ci se mettent en grève, le ministre de l’Intérieur s’empresse d’envoyer la police leur tirer dessus à balles réelles. Parallèlement, grâce à leurs marionnettes politiques, ces compagnies s’arrangent pour ne payer que des impôts relativement dérisoires.

Par contre, dans leur grande majorité, les Blancs -comme la plupart des Noirs- sont quasiment clochardisés, relégués dans des bidonvilles, subissant le chômage, etc... Les critiques de Frederik de Klerk sont donc parfaitement fondées.

Frank BRUNNER

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source