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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 2 août 2004

Soudan : La résolution de l’ONU, une "déclaration de guerre" selon l’armée


N’DJAMENA (AFP) - L’armée soudanaise considère la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Darfour comme une "déclaration de guerre", a déclaré son porte-parole, cité lundi 2 août 2004 par le quotidien officiel Al-Anbaa.


"La résolution du Conseil de sécurité de l’Onu sur la question du Darfour est une déclaration de guerre contre le Soudan et son peuple", a déclaré le général Mohamed Béchir Souleimane.

Les soldats français chargés de sécuriser la frontière entre le Tchad et le Soudan dans le cadre de l’opération "humanitaire" d’aide aux populations du Darfour étaient, dimanche 1er août, à pied d’oeuvre à Abéché. "Les troupes sont déjà sur place à Abeché", à environ 700 kilomètres à l’est de la capitale N’Djamena, a indiqué, dimanche 1er août 2004, l’ambassadeur de France au Tchad, Jean-Pierre Berçot. Ces quelques 200 hommes issus des forces françaises prépositionnées au Tchad "vont circuler tout le long de la frontière en accord avec l’armée nationale tchadienne", a précisé M. Berçot. "Leur mission consiste à sécuriser la frontière et les abords des camps de réfugiés installés tout le long de la frontière", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement soudanais a fait savoir, dimanche, qu’il n’est pas opposé à cette présence de soldats français à ses frontières avec le Tchad tant que ce déploiement se déroule en coordination avec le gouvernement tchadien, a déclaré, dimanche 1er août 2004, le ministre des Affaires étrangères soudanais, Moustafa Osmane Ismaïl. "Nous ne voyons aucun mal à la présence de troupes françaises à la frontière soudano-tchadienne pour accomplir une tâche humanitaire tant que cette action est menée en coordination avec le gouvernement tchadien", a déclaré M. Ismaïl aux journalistes.

Les conditions d’engagement des troupes françaises en cas d’incursion sur le territoire tchadien des milices djandjawids, qui combattent au Darfour aux côtés de l’armée soudanaise, n’ont pas été officiellement précisées. "La capacité de réaction de nos forces fera l’objet d’un accord avec nos partenaires tchadiens", s’était borné à indiquer, samedi 31 juillet 2004, Jean-Pierre Berçot. "Par notre présence sur le terrain, nous voulons prouver que nous serons présents pour attester des incursions des djandjawids aux yeux du monde", avait ajouté le diplomate français.

Par ailleurs, le pont aérien ouvert, samedi, par l’armée française, pour ravitailler en matériel les camps de réfugiés ouverts par le Programme alimentaire mondial (Pam) et le haut-commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations Unies se poursuit, a également indiqué M. Berçot. Deux rotations d’avions de transport militaires français ont eu lieu, samedi 31 juillet 2004, entre N’Djaména et Abéché, a-t-il précisé. "Les hélicoptères français stationnés à Abéché ont commencé à transporter les matériels en direction de Iriba et Goz Beïda, deux localités tchadiennes situées non loin de la frontière", a ajouté Jean-Pierre Berçot.

Mobilisées, vendredi 31 juillet 2004, sur ordre du président Jacques Chirac, les éléments français du Tchad (EFT) ont engagé cette opération "humanitaire" pour venir en aide aux 180000 réfugiés du Darfour installés dans l’est tchadien pour fuir les combats qui opposent deux mouvements de rébellion aux troupes de Khartoum et aux milices arabes pro-gouvernementales djandjawids.

Vendredi 31 juillet 2004, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution mettant en demeure le Soudan d’en finir dans les 30 jours avec les atrocités commises par les milices. Après l’avoir rejetée, le gouvernement soudanais a finalement annoncé samedi qu’il se conformerait à ctte résolution, mais à contrecoeur. "Bien que nous n’aimions pas la résolution, nous sommes déjà engagés à l’application de ses mesures sur la base de l’accord qui avait été conclu avec le secrétaire général (de l’ONU) Kofi Annan", a déclaré le ministre adjoint pour les Affaires étrangères, Naguib Al-Kheir Abdel Wahab.

M. Abdel Wahab faisait référence à un accord intervenu, entre les autorités de Khartoum et les Nations Unies, le 3 juillet 2004, à l’occasion de la visite au Soudan de M. Annan. Cet accord stipulait que le gouvernement soudanais s’engageait à éliminer tous les obstacles bureaucratiques entravant l’acheminement de l’aide humanitaire aux déplacés et à assurer la sécurité de la population civile dans cette région. Le Soudan avait également promis que les autorités soudanaises arrêteraient et jugeraient les personnes impliquées dans des massacres.

Le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, est arrivé, dimanche 1er août 2004, à Khartoum, pour un entretien sur la crise du Darfour avec son homologue soudanais Omar al-Béchir.

Agence France Presse

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