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dimanche 26 février 2017
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AFP, 2 août 2004

Irak : Les troupes d’occupation attaquent la maison de Moqtada Al-Sadr, avec la complicité du gouvernement potiche


Les forces américaines encerclent la maison de Moqtada Al-Sadr. Large condamnation des attentats antichrétiens. Un otage turc assassiné. Le Pakistan refuse d’envoyer des troupes d’occupation en Irak.


Les forces américaines ont encerclé, lundi 2 août 2004 au soir, la maison de Moqtada Al-Sadr, et des accrochages les opposaient aux résistants fidèles au chef radical chiite dans la ville sainte de Najaf, a constaté le correspondant de l’AFP.

Des véhicules blindés américains, appuyés par des forces de sécurité irakiennes, ont bouclé le quartier al-Zahra, où se trouve la maison de Moqtada Al-Sadr, dans l’est de la ville. De la fumée était visible alors que résonnait le bruit d’armes automatiques, de mortiers et de roquettes antichar (RPG).

Un otage turc assassiné

Pour la première fois, un Turc enlevé en Irak par un groupe armé a été exécuté par ses ravisseurs, a annoncé, lundi 2 août 2004, à l’AFP, un employé de l’ambassade de Turquie à Bagdad.

Une vidéo diffusée sur la chaîne d’information turque NTV montre Murat Yuce, âgé d’une vingtaine d’années, qui se présente en turc, indiquant qu’il est originaire de Corum (nord), devant trois hommes armés et encagoulés avant d’être exécuté, selon la chaîne, de trois balles dans la tête.

Deux chauffeurs de camion turcs sont également détenus en otages en Irak par un groupe armé qui menace de les exécuter si leur employeur ne se retire pas d’Irak. Un autre est porté disparu, sa famille ayant annoncé, dimanche 1er août 2004, avoir perdu le contact avec lui il y a un mois.

En conséquence, l’Association des transporteurs internationaux (UND), qui représente la plupart des entreprises turques spécialisées dans les transports routiers internationaux, a annoncé, lundi 2 août 2004, l’interruption immédiate de ses livraisons routières en Irak vers les unités militaires américaines.

Toujours sur le front des otages, le flou demeurait au sujet des sept chauffeurs -trois Indiens, trois Kényans et un Egyptien- enlevés en Irak le 21 juillet 2004, après que différentes sources eurent fourni des informations contradictoires sur leur sort.

En revanche, un otage somalien va être libéré par ses ravisseurs, a affirmé la chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar.

Au total, une vingtaine d’étrangers ont été enlevés ou sont portés disparus en Irak.

Lundi 2 août 2004, au cours d’une conférence de presse, un porte-parole du Comité des oulémas musulmans (sunnites) irakiens a lancé un appel à la résistance pour la libération de tous les otages.

Large condamnation des attentats antichrétiens

Par ailleurs, plusieurs autorités religieuses ont condamné les attentats antichrétiens qui ont fait au moins dix morts et 50 blessés, dimanche 1er août 2004, à Bagdad et Mossoul, et prôné l’union entre les différentes communautés. "Nous devons collaborer, chrétiens et musulmans, pour le bien de l’Irak car nous sommes une seule famille", a ainsi déclaré Mgr Emmanuel Delly, le patriarche chaldéen, la principale communauté chrétienne d’Irak. La figure emblématique des chiites irakiens, le grand ayatollah Ali Sistani, a renchéri en appelant à "travailler tous ensemble, le gouvernement et le peuple, afin de mettre un terme aux attaques contre les Irakiens".

Le chef radical chiite Moqtada Al-Sadr a, lui aussi, par l’intermédiaire d’un porte-parole, condamné ces attentats, "qui ne visent qu’à créer des dissensions au sein du peuple irakien uni". De son côté, le comité des oulémas sunnites irakiens a accusé "des parties étrangères" d’être à l’origine de ces attentats "qui visent à diviser le peuple irakien et veulent que le chaos perdure dans l’intérêt des occupants" de l’Irak.

A l’étranger, le pape Jean Paul 2 a écrit et signé de sa main -ce qui est assez rare- un message à Mgr Delly, dans lequel il demande "à tous les croyants en un seul Dieu clément et miséricordieux" de s’unir "pour déplorer toute forme de violence". La France a également condamné "avec la plus grande fermeté" ces attaques, tandis que le président arménien Robert Kotcharian s’est dit "profondément préoccupé" par ces attentats, dont un a visé une église arménienne.

Les Frères musulmans d’Egypte ont estimé que ces attentats "ne visaient en fait qu’à déformer l’image de la résistance" irakienne, selon le guide suprême de la confrérie Mohammed Mehdi Akef, qui a mis en cause les services secrets israéliens. Même discours au Liban, où le ministre des Affaires étrangères Jean Obeid, a estimé que ces attentats "servaient en premier lieu le plan visant à mettre les civilisations, les cultures et les religions face à face, un plan qui n’est pas étranger à l’objectif essentiel d’Israël".

Le Pakistan refuse d’envoyer des troupes d’occupation en Irak

Entre temps, les violences ont continué sur le terrain. Un membre de la garde nationale irakienne (auxiliaire de l’armée) a été tué et trois blessés, lundi 2 août 2004 au matin, dans une embuscade au sud de Bagdad, a annoncé un responsable de cette organisation.

Le Pakistan a annoncé, lundi 2 août 2004, qu’il n’enverrait pas de troupes en Irak. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Masood Khan, a indiqué que l’ONU avait sondé le Pakistan au sujet de l’envoi de militaires pour assurer la sécurité des missions de l’ONU en Irak dans l’éventualité de leur réouverture. Mais "nous n’enverrons pas de troupes dans les circonstances actuelles" compte tenu de la situation "volatile et instable" qui règne en Irak, a-t-il déclaré.

Agence France Presse

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