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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 3 août 2004

Soudan : Khartoum serait prêt à partager les richesses avec les rebelles du Darfour


KHARTOUM (AFP) - Le gouvernement soudanais est prêt à un partage des richesses et du pouvoir avec les rebelles du Darfour, a affirmé, mardi 3 août 2004, le ministre de l’Information soudanais Al-Zahawi Ibrahim Malek, dans un entretien avec l’AFP.


"Nous sommes prêts à un partage du pouvoir et des richesses au Darfour, nous sommes prêts à un vrai fédéralisme", a affirmé le ministre. "Nous sommes prêts à réaliser un accord, comme nous l’avons fait en résolvant le conflit dans le sud du Soudan", a ajouté M. Malek en référence aux pourparlers de paix en cours destinés à mettre fin à 21 ans de guerre civile entre le sud et le nord du pays.

M. Malek, qui était ministre des Mines dans un précédent gouvernement, a confirmé que des sociétés étrangères avaient détecté du pétrole au Darfour, ainsi que du cuivre et de l’uranimum. Le Soudan, qui produit actuellement 300000 barils par jour de pétrole, veut porter sa production à un million en 2006.

Le gouvernement soudanais est "prêt à reprendre les négociations avec les rebelles n’importe quand et n’importe où en Afrique", après l’interruption de la dernière série de discussions à Addis Abeba, a-t-il affirmé. "Qu’ils viennent à la table des négociations", a insisté M. Malek en estimant que "les Nations Unies et l’Union africaine doivent les y contraindre".

La rébellion au Darfour est menée principalement par le Mouvement de libération du Soudan (MLS) et le Mouvement de la justice et de l’égalité (MJE), qui réclament notamment un développement économique de la région qu’ils estiment "marginalisée" et une meilleure distribution des ressources.

Partiellement désertique, la région du Darfour (environ 500000 km2) couvre trois Etats du Soudan : le Darfour Ouest, Nord et Sud. Elle est constituée de hauts plateaux aux sommets volcaniques qui culminent au Jebel Marra (3071 m). Elle était depuis de nombreuses années le théâtre d’affrontements tribaux entre nomades et agriculteurs et de raids de bandes armées, avant que la situation ne dégénère pour devenir la "pire" crise humanitaire du monde, selon l’ONU.

Depuis le début des hostilités en février 2003, les affrontements ont fait entre 30000 et 50000 morts. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers au Darfour, dont 200000 ont fui au Tchad voisin.

Concernant le désarmement des milices djandjawids (pro-gouvernementales), M. Malek a affirmé qu’il sera "réalisé simultanément avec le regroupement des rebelles dans des camps placés sous la surveillance d’une force africaine, selon l’accord conclu avec (le secrétaire général de l’ONU Kofi) Annan". "Dès que cette opération simultanée commencera, nous prendrons contact avec les tribus pour les désarmer", a ajouté le ministre. "Nous pourrons leur racheter les armes qu’ils ont achetées pour se défendre", a proposé M. Malek, en affirmant que le gouvernement sera "d’une extrême sévérité avec tous ceux qui refuseront de rendre leurs armes". Il a également proposé que les pays donateurs de la communauté internationale mettent à la disposition de Khartoum "une aide financière pour le rachat de ces armes et une aide matérielle et technique pour assurer le désarmement".

Les Nations Unies ont voté, fin juillet 2004, une résolution exigeant du Soudan de désarmer les djandjawids et d’assurer la sécurité des camps de déplacés et demandé à M. Annan l’établissement d’un rapport dans un délai de trente jours sur la situation au Darfour.

Selon M. Malek, le "rapatriement volontaire" des déplacés a commencé. "Deux camps de 27000 et de 32000 personnes, respectivement près de Nyala et de Geneina, sont déjà vides, et d’autres camps sont vides à 60 %", a-t-il précisé.

Agence France Presse

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