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dimanche 23 avril 2017
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BD : La création des aventures de Buck Danny (7ème partie)

par Jean-Michel CHARLIER


SOS soucoupes volantes. Le scénario de cet épisode et du suivant fut directement inspiré à Jean-Michel Charlier par une double série d’événements qui défrayaient l’actualité d’alors.

Dans les années 1950 à 1960, le phénomène de l’apparition de « soucoupes volantes » commença à être signalé un peu partout dans le monde. Il s’intensifia au point qu’il ne se passa bientôt plus de semaine sans que l’une ou l’autre nouvelle histoire d’OVNI anime la presse.


Le début de SOS soucoupes volantes

C’est aussi l’époque où toutes les forces aériennes des grandes puissances poussèrent les constructeurs aéronautiques à mettre au point des avions capables de décoller et d’atterrir verticalement. La vulnérabilité des aérodromes et des grands porte-avions s’était avérée dès le milieu de la Seconde Guerre mondiale. Et la possibilité de faire décoller et atterrir des intercepteurs dans un mouchoir de poche ou du pont de navires tout à fait ordinaires apparaissait comme la solution idéale qui devait, d’une part, donner à ces appareils une flexibilité d’emploi et une effiacité opérationnelle inégalée, et, d’autre part, les mettre à l’abri d’une destruction massive puisqu’on pouvait les disséminer et les abriter à peu près n’importe où.

Le Bell VTOL X-22

Les Américains étudièrent différents prototypes, dont le Bell VTOL. On appelait en effet cette technique « Vertical take-off and landing » (décollage et atterrissage vertical). Cet appareil américain à aile annulaire est la vedette [de SOS Soucoupes volantes et Un prototype a disparu]. Les Français firent une expérience semblable avec le fameux Mirage V « Balzac » et il est probable que les Soviétiques testèrent en grand secret leurs propres prototypes. Toutes ces tentatives se soldèrent par des échecs aussi retentissants que coûteux en vies humaines. Ainsi le Mirage V fut abandonné après avoir tué trois pilotes d’essai.

Le Mirage III V

Le problème capital de tous ces avions était le passage du vol vertical au vol horizontal et vice versa. Divers systèmes furent expérimentés. Avec si peu de succès que la formule fut partout abandonnée.

Sauf en Grande-Bretagne.

Le Hawker Siddeley Harrier

Non sans mal, les Anglais réussirent à mettre au point un prototype de VTOL parfaitement fiable : le fameux « Harrier ». Opérationnel depuis de longues années et construit en série, ce chasseur équipe encore aujourd’hui plusieurs escadrilles de la RAF et a été commandé en grande quantité comme avion d’appui tactique embarqué pour le corps des « Marines » des Etats-Unis. De nombreux « Sea-Harirer » opèrent sur les porte-avions légers chargés de soutenir les débarquements des « Marines ». Récemment encore, ces appareils ont fait merveille aux Malouines. Ils étaient les seuls chasseurs que la Royal Navy, dépourvue de porte-avions depuis des années, pouvait espérer mettre en l’air si loin faute de toute base fixe ou flottante utilisable par des intercepteurs classiques.

Un prototype a disparu

C’est sur des îlots désertiques du Pacifique ou de l’océan Indien que Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon ont situé dans cet épisode, et dans d’autres, les différents repaires de l’ennemie irréductible de Buck Danny : Lady X.

Invraisemblable ? Pas le moins du monde ! Dans ce domaine également, la réalité dépasse la fiction. Il existe sur tous les océans du globe des milliers de « cailloux » inhabités, dont beaucoup de taille respectable, et que ne visite jamais personne, même pas les pêcheurs. Bien mieux : beaucoup de ces îlots sont très approximativement situés sur les cartes marines. Parfois même avec des erreurs de position considérables.

Ce n’est guère étonnant si l’on tient compte de leur nombre. Les Bahamas, par exemple, s’étalent sur mille kilomètres et comptent 700 îles et plus de 2000 îlots dont beaucoup appartiennent en toute propriété à des particuliers fortunés. A lui seul, l’archipel des Philippines est composé de plus de 7000 îles ! Quant à l’Indonésie, elle étire une nébuleuse de 13667 îles dont 6000 seulement sont habitées…

Une scène d’Un prototype a disparu

La découverte de beaucoup de terres aujourd’hui recensées date seulement du premier tiers de notre siècle. Et, selon les spécialistes de la Marine, il n’est pas douteux qu’il existe dans le Pacifique et l’océan Indien, ainsi que dans l’Antarctique, bon nombre d’îlots encore à découvrir et dont nul ne soupçonne l’existence. Simplement parce que ces terres se trouvent complètement à l’écart des routes maritimes, aériennes, même très peu fréquentées. Elles se situent très loin de tout lieu habité et en dehors des positions de notre terre survolées et surveillées par les satellites.

C’est si vrai que, récemment, lorsque les tensions politiques et militaires ont soudain fait de l’océan Indien un enjeu stratégique de premier plan et à haut risque où Soviétiques et Américains se disputaient âprement les bases aéronavales, la Marine nationale française, qui entretient là-bas une force importante, a entamé la prospection et le recensement systématique des moindres cailloux connus et inconnus où l’on pouvait établir des pistes d’atterrissage.

Ainsi, un peu partout dans le monde, abondent d’innombrables et sûrs repaires qu’aujourd’hui encore mafiosi, contrebandiers, pirates ou rançonneurs de « boat people » utilisent couramment.

Jean-Michel CHARLIER

Une scène d’Un prototype a disparu

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  • Jean-Michel CHARLIER

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source