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jeudi 23 mars 2017
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BD : La création des aventures de Buck Danny (9ème partie)

par Jean-Michel CHARLIER


Prototype F-13. A la fin des années 1950, l’éventail des sources d’inspiration où puisait Jean-Michel Charlier s’élargit brusquement et va lui permettre de développer de nouveaux thèmes dans la saga déjà longue des « aventures de Buck Danny ».


Le début de Prototype F-13

Depuis longtemps, au travers de l’antenne qu’elle possédait alors à Paris, l’Armée de l’Air américaine s’intéressait au succès croissant des trois pilotes créés par Victor Hubinon et lui. En mars 1960, elle invite les deux auteurs à faire le tour des bases aériennes les plus prestigieuses de l’Air Force et de la Navy aux Etats-Unis. Plus casanier, Hubinon décline l’offre. Jean-Michel Charlier part seul et, sur sa lancée, effectuera ensuite son premier tour du monde, par Tahiti, les Fidji, la Nouvelle-Calédonie, l’Australie, l’Indonésie, l’Indochine et l’Iran.

Aux Etats-Unis, en compagnie de Jacques Gambu, rédacteur en chef d’Aviation Magazine, et de Géarad Juin, un médecin spécialiste de la médecine aéronautique et spatiale, il visite notamment la base aérienne de Langley, l’immense complexe aéronaval de Newport News, le centre de lancement de fusées de Cap Canaveral qui, bientôt, deviendra Cap Kennedy, les fantastiques installations de Brooks AFB, près de San Antonio au Texas, où la NASA teste pilotes et matériels grâce auxquels elle entend bien rattraper puis dépasser, dans la course à l’espace et à la Lune, les Soviétiques qui viennent de mettre en orbite le premier « Spoutnik », bientôt suivi par Gagarine.

Une scène de Prototype F-13

C’est une vraie incursion en pleine science-fiction ! A Brooks, Jean-Michel Charlier rencontre John Glenn qui sera, quelques mois plus tard, le premier astronaute américain et qui s’entraîne, bardé d’électrodes, à marcher quarante kilomètres par jour sur un minuscule tapis roulant incliné à 30 degrés. Il y découvre également le premier équipage spatial : trois hommes qui émergent d’un caisson étanche comportant 3 m2 logeables, où ils viennent de vivre vingt jours, sans sortir, sans la moindre distraction, se nourrissant d’aliments en pastilles et buvant leur sueur et leur urine régénérées en eau potable. Il y verra des radioélectriciens fabriquer des émetteurs de la taille d’une molaire et se fixant sur la mâchoire, capables de retransmettre automatiquement durant un mois sur la distance Terre-Lune une série de paramètres médicaux. Il y voit aussi des chambres d’insonorisation recréant le terrible silence de l’espace et où un chien meurt d’épouvante en une demi-heure. Plus loin, voici une énorme machine qui, par transmutation atomique, fabrique de l’eau avec des pierres. Bref, mille choses plus effarantes les unes que les autres !

John Glenn

De cette extraordinaire tournée sur les grandes bases d’essai des Etats-Unis naîtra une série d’albums consacrés à la vie dangereuse des pilotes américains de prototypes expérimentaux…

Escadrille ZZ

Le type d’avion qui a inspiré le prototype de l’appareil qu’expérimentent Buck Danny et ses équipiers à Patuxent River est le « Vigilante », un chasseur embarqué qui devait équiper les porte-avions de l’US Navy peu de temps après la visite de Jean-Michel Charlier aux bases américaines. Il l’y avait vu voler.

Le début d’Escadrille ZZ

Mais la plupart des détails relatifs aux vols d’essai eux-mêmes et à l’entraînement de leurs pilotes furent révélés lors d’un séjour à Edwards AFB, dans le désert de Mojave, la base d’essai la plus importante et la plus fermée des Etats-Unis. On n’y pénètre que nanti d’autorisations spéciales, délivrées au compte-goutte. C’est là qu’aujourd’hui encore sont testés les prototypes militaires américains les plus secrets et qu’atterrissent régulièrement les navettes spatiales au retour de leurs missions.

X-15

La chance favorisa le scénariste de Buck Danny et ses deux compagnons. Non seulement ils furent les premiers journalistes non américains admis à voir voler le fameux X-15, mais ce jour-là le pilote de l’avion-fusée se nommait Neil Armstrong. C’est lui qui, quelques années plus tard, allait être le premier homme à marcher sur la Lune ! Charlier put longuement l’interroger après un atterrissage dramatique, frisant la catastrophe. Il rencontra un autre pilote de X-15, White, qui, avec deux équipiers, devait périr carbonisé dans une capsule spatiale « Apollo » lors d’un entraînement au sol.

Cette visite à Edwards AFB fut le moment capital de la tournée des bases américaines effectuée par Charlier. Le North-American X-15 était un appareil destiné à étudier les conditions de vol aux limites de la stratosphère et celles de la rentrée à grande vitesse dans l’atmosphère. Il servait aussi à tester la résistance des hommes et des premières combinaisons spatiales, ainsi qu’à accoutumer les pilotes au maniement des fusées directionnelles palliant l’impuissance des commandes en air raréfié.

Le vol du X-15 piloté par Neil Armstrong, qu’il avait suivi de bout en bout à la base d’Edwards AFB, avait tant impressionné Jean-Michel Charlier qu’il lui consacra un épisode des aventures de Buck Danny.

Jean-Michel CHARLIER

Le début de X-15

AUTEURS 

  • Jean-Michel CHARLIER

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source