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mercredi 26 avril 2017
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voltairenet, 7 août 2014

Informations internationales : Les fonds vautours qui dépècent l’Argentine se jettent sur l’Espagne

par Jérome DUVAL et Fatima FAFATALE


Paul Singer

On appelle « fonds vautours » des sociétés qui achètent pour rien des créances insolvables et tentent de les faire rembourser par la force. Le milliardaire [juif] Paul Singer s’en est fait une spécialité. Il tente aujourd’hui de consolider sa fortune au détriment du peuple argentin et tourne son appétit vers l’Espagne.


Le fonds vautour NML Capital, qui avec d’autres, maintient l’Argentine au bord de la suspension de paiement, est déjà en train de dévorer la charogne sur le marché espagnol. Elliott Management, fonds opportuniste du multi-spéculateur étatsunien Paul Singer, a déjà récupéré un milliard d’euros en crédits défaillants de Bankia et 300 millions d’euros de Santander. Selon Auraree.com, il aurait payé à peine 50 millions pour les deux portefeuilles. En mars 2013, la presse économique signalait qu’Elliott avait acquis 300 millions d’euros de crédits à la consommation en souffrance de Santander Consumer Finance, avec un rabais d’environ 96 %. Le prix payé laisse songeur : près de 12 millions d’euros, selon la presse. En août de la même année 2013, Bankia, l’entité nationalisée qui a le plus profité du sauvetage bancaire espagnol, ce qui a considérablement élevé la dette publique, informait qu’elle avait vendu 3 portefeuilles de crédits défaillants pour un volume total de 1,35 milliards d’euros de dette. Dans l’information communiquée à l’organisme chargé de la supervision des marchés financiers, la CNMV (Comisión Nacional del Mercado de Valores), Bankia n’indiquait ni à qui les prêts avaient été vendus, ni à quel prix. Malgré un manque flagrant de transparence, la presse économique a donné des détails de l’opération, pour laquelle elle estime que les acheteurs peuvent avoir bénéficié d’un rabais de 95 % : parmi ceux-ci figureraient le vautour Cerberus (conseillé par José María Aznar Jr., fils de l’ex-président du gouvernement), Elliott et l’entreprise de recouvrement norvégienne Lindorff. Selon Finanzas.com, « le portefeuille est estimé à 1,35 milliards, mais ils ont seulement payé 68 millions ». Bankia, que nous avons contactée pour confirmer ces données, nous a répondu : « Pour des raisons de confidentialité, nous ne donnons jamais les chiffres et les acheteurs ne veulent pas être identifiés ». Quelques mois plus tard, on apprenait qu’Eliott achetait l’agence de gestion de dettes espagnole Gesif pour en faire sa base d’opérations sur le marché espagnol. Sa directrice générale, Melania Sebastián est l’ancienne responsable de gestion de l’information de la banque commerciale Caja Madrid. C’est ainsi qu’une ex-directrice de Caja Madrid sert d’intermédiaire entre Bankia déjà nationalisée et le fonds vautour Elliott.

Des sans abri à Madrid, en Espagne

Les fonds vautours se font de l’argent en spéculant sur les pays en difficultés, comme en Argentine durant la crise de 2001. Ils achètent alors des bons de la dette à bon prix avant d’en exiger, le moment opportun, le remboursement à un prix élevé par voie judiciaire, en y incluant des intérêts de retard et des frais de justice. Ils spéculent ainsi sur la dette publique, en compromettant les dépenses sociales pour la grande majorité de la population. Ces fonds vautours ont choisi le litige après avoir refusé de faire partie des 93 % des créanciers qui avaient négocié avec le gouvernement argentin. Et maintenant le juge du district de New-York, Thomas Griesa, donne la priorité des paiements aux fonds vautours. Ce qui ouvre la porte à une avalanche de demandes en justice qui pourrait déboucher sur le défaut de paiement de l’Argentine le 30 juillet. Comme le dit bien Julio C. Gambina, « Personne ne sait avec exactitude à combien peut s’élever la demande des créanciers de la dette impayable » |1|, mais nous savons que le prix pour le peuple argentin peut être catastrophique.

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