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lundi 20 février 2017
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30 novembre 1991

Histoire : Un monument de propagande (« Le Mémorial de la Résistance charentaise »)

par Robert FAURISSON


Le voyageur qui se déplace sur la RN 141 reliant Angoulême à Limoges peut apercevoir de loin un imposant monument de pierre blanche en forme de « V » et de croix de Lorraine. Il s’agit du Mémorial de la résistance charentaise situé à Chasseneuil-sur-Bonnieure. Les panneaux de direction indiquent : « Cimetière national. Mémorial de la Résistance ».


A première vue, le vaste cimetière au centre duquel s’élève ce monument, doté d’une crypte à sa base, est celui de résistants charentais morts au combat ou des suites du combat. C’est ce qu’on peut croire au premier abord ; et tout, au surplus, aussi bien dans la disposition des lieux que dans le commentaire officiel, tend à confirmer cette impression qui, comme on va le voir, est pourtant fausse. Mais tenons-nous-en, pour l’instant, à cette impression première et à tout ce qui la suscite et l’entretient.

Pour commencer, le visiteur qui gravit l’allée centrale du cimetière en direction du monument n’aperçoit, à sa droite et à sa gauche, que des tombes de résistants. A un moment donné, sur sa droite, il avisera un vaste bloc de pierre dédié à la mémoire de vingt-cinq « résistants du maquis “Bir Hakeim” » dont on aperçoit les tombes individuelles en contrebas. Parvenu au pied du monument lui-même, le visiteur constatera que de nombreux hauts-reliefs y retracent l’histoire de la résistance charentaise. Aucune sculpture ne rappelle que plus de cent mille soldats français sont morts pendant la campagne de France de 1939-1940 ; tout au plus note-t-on la sculpture d’un soldat français écrasé par la défaite ; celui-ci ne porte pas le casque du combattant mais le simple calot du prisonnier ; à ses pieds s’entassent des armes qu’il a fallu déposer et qu’un résistant –une autre sculpture le montre– viendra rechercher.

Entrons dans la crypte du mémorial. On y compte une série d’alvéoles contenant les restes de vingt-neuf résistants. C’est ici, dit le commentaire d’un recueil photographique, que « reposent les principaux chefs de la résistance charentaise ». Ce recueil photographique ainsi que les brochures qui sont en vente sur place ne parlent que de résistance et jamais de la campagne de France, à l’exception peut-être de très vagues et inévitables allusions.

Comme pareille crypte constitue en principe l’endroit, par excellence, où devraient reposer des héros morts au champ d’honneur, et comme les escarmouches contre l’occupant n’ont surtout pris place en Charente que pendant quelques jours de l’été 1944, on ne devrait pas y trouver, semble-t-il, les restes de résistants morts après l’été 1944 ou, à la rigueur, après la bataille de Royan et le 8 mai 1945, jour de l’armistice avec l’Allemagne. Or, on a la surprise de constater que, dans cette crypte, reposent aussi les corps de résistants morts en 1949 (René Véry), en 1963 (colonel Marc Roger Geissmann et colonel André Chabanne), en 1975 (colonel Bernard Lelay ou Le Lay), en 1987 (Jacques Nancy), en 1989 (Yves Faure) et même en 1991 (Thérèse Bonnier).

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