retour article original

jeudi 25 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Burundi
AFP, 6 août 2004

Burundi : Les grandes lignes de l’accord de partage du pouvoir signé à Pretoria


Vue de Pretoria

PRETORIA (AFP) - La majorité des parties burundaises a signé, vendredi 6 août 2004, à Pretoria, un accord de partage du pouvoir prévoyant un équilibre entre Hutus (majoritaires) et Tutsis dans les institutions de l’Etat, pour éviter que ce pays ne replonge dans la violence ethnique.

Burundi


L’accord est une "étape importante" dans le processus de transition, a estimé le ministère français des Affaires étrangères. "La France appelle tous les partis politiques burundais à conclure cet exercice (la transition), ce qui pemettra d’organiser des élections et de ramener ainsi le Burundi sur la voie de la paix, de la stabilité et de la prospérité", a déclaré la porte-parole adjointe du ministère, Cécile Pozzo di Borgo.

Cecile Pozzo di Borgo

"L’accord de Pretoria sur le partage du pouvoir au Burundi" après la période de transition s’achevant le 31 octobre 2004, signé par vingt parties -dix ne l’ont pas approuvé- prévoit l’élection au suffrage universel d’un président de la République "assisté de deux vice-présidents" qu’il nomme. "Les vice-présidents appartiennent à des groupes ethniques et des partis politiques différents", précise le texte.

L’accord stipule que le Conseil des ministres et l’Assemblée nationale comprennent 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis, plus trois députés de l’ethnie Twa à l’Assemblée, "dont un minimum de 30 % de députés" doivent être des femmes.

Des Burundaises travaillent leurs champs

"Le Sénat est constitué sur la base de représentation 50/50 de Hutus et de Tutsis, et de trois sénateurs de l’ethnie Twa", selon le texte. Là encore, au moins 30 % des sénateurs devront être des femmes.

Vue de Bujumbura

Toutes ces dispositions devront être "incorporées à la Constitution du Burundi" qui sera adoptée "par voie référendaire".

Dans son article 2, l’accord stipule que "les parties représentatives du Burundi sont d’accord sur le fait qu’elles agiront ensemble afin d’assurer que leur pays ne sera plus jamais exposé à la violence ethnique et politique, au carnage, à l’insécurité et à l’instabilité, au génocide et à l’exclusion".

Des zébus burundais

La signature de cet accord est intervenue après plusieurs séries de pourparlers à Pretoria et Bujumbura sous les auspices du vice-président sud-africain Jacob Zuma, également médiateur entre les parties en conflit au Burundi.

Jacob Zuma, le 9 octobre 2003

Deux partis importants, les Forces pour la défense de la démocratie (FDD, ex-principal mouvement rebelle), désormais membre du gouvernement, et l’Union pour le progrès national (Uprona, à dominante tutsie), ne l’ont pas signé. Les FDD n’ont pas participé à la dernière série de pourparlers de Pretoria.

Des membres des Forces pour la défense de la démocratie (FDD)

Cela n’a pas empêché le vice-président Zuma de se montrer enthousiaste : "Certains font l’histoire, d’autres écrivent l’histoire. Nous sommes en train de faire l’histoire au Burundi", a-t-il dit. Il a estimé que l’accord "permet aux partis au Burundi de commencer le processus de rédaction de la Constitution, de la loi électorale, de la loi communale et de mettre en place une commission électorale indépendante". "Cette commission dira si nous sommes prêts à avoir une élection" avant la fin de la période de transition mise en place par les accords de paix d’Arusha (Tanzanie) de 2000, a ajouté M. Zuma. Il a indiqué qu’un rapport sera alors présenté lors d’un sommet régional présidé par le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, sommet qui indiquera la "voie à suivre".

Yoweri Museveni

Le président burundais Domitien Ndayizeye s’est déclaré "confiant", bien que certaines parties n’aient pas encore signé l’accord. "Chacun sait le travail que nous avons à faire pour organiser les élections", a-t-il dit, ajoutant : "Il est important que nous restions ensemble, nous devons reconstruire notre pays ensemble".

Domitien Ndayizeye en compagnie de Thabo Mbeki

Carolyn McAskie, chef de la mission de l’ONU au Burundi (Monub), a estimé que l’accord "est une autre étape importante sur le long chemin du Burundi vers la paix". Mais, a-t-elle prévenu, "il y a encore beaucoup d’étapes à franchir".

Carolyn McAskie

Le Burundi tente difficilement de sortir de onze ans de guerre civile qui a opposé l’armée dominée par les Tutsis à des rebelles hutus. Le conflit a fait quelque 300000 morts. Aujourd’hui, un seul mouvement rebelle continue de se battre.

Agence France Presse

Un enfant burundais

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source